Ruffy and the Riverside : nostalgie inventive mais brève
Fan invétéré de plate-formers 3D old school, j’attendais Ruffy and the Riverside au tournant. Après plus de dix heures sur Xbox Series X, entre quête principale et 75 % des objectifs annexes, voici un bilan fait de trouvailles réjouissantes et de petits ratés plus frustrants.
Un système de troc malin qui renouvelle le genre
Le cœur du gameplay, c’est cette mécanique de “copie” de texture. Ruffy peut aspirer la matière d’un objet (roche, eau, liane) et la recracher ailleurs pour créer des ponts, altérer un décor ou révéler un passage secret. Après quelques tâtonnements – le tutoriel manquant un peu de clarté – ce concept devient rapide à appréhender et offre des moments “aha!” très satisfaisants.
- Modifier l’eau d’un bassin en roche pour accéder à une plateforme cachée.
- Transformer une paroi en liane pour grimper là où ça semblait impossible.
- Customiser l’environnement en changeant la couleur ou le style des textures.
Cependant, si l’idée brille par sa simplicité, on reste cantonné à une reprogrammation visuelle : pas d’effet physique (gravité inversée, matériaux mous) et aucune interaction poussée au-delà du skinning.
Collecte et exploration : l’ADN des anciens
Les fans de collectibles seront aux anges. Pierres de rêves, papillons, gemmes… chaque zone regorge de caches et de mini-quêtes qui titillent l’instinct de chasseur de trésors. Les environnements sont suffisamment denses pour qu’on hésite jamais à fouiller chaque recoin, et les PNJ parsèment la carte de répliques pleines de charme.

Au bout de six heures, j’ai atteint environ 80 % des objectifs annexes et la plateforme commence à se compter sur les doigts d’une main. On regrette alors l’absence de nouvelles zones ou d’énigmes plus retorses, surtout quand on a déjà terminé la trame principale.
Combats et rythme : un goût d’inabouti
Les affrontements sont anecdotiques. Mobs aux patterns basiques, boss sans panache et feedback tactile peu convaincant poussent à éviter la castagne pour mieux se concentrer sur l’exploration. Une dimension action plus travaillée ou des mécaniques inspirées des beat’em up (un peu à la Shenmue) auraient vraiment dynamisé le rythme.
Direction artistique et performances techniques
J’ai adoré le trait crayonné des personnages, ce rendu “fait main” qui contraste avec des décors parfois trop génériques (textures d’herbe sans relief, eau plate). Le patchwork 2D/3D a du charme, mais manque d’homogénéité : généralement, on admire l’ours, on soupçonne le reste de pouvoir être mieux fini.
Techniquement, Ruffy tourne correctement sur Series X : chargements rapides, aucun crash majeur. Quelques soucis de caméra et de collisions ont ponctué mon aventure, mais rien de rédhibitoire.
Pour qui ? Le public ciblé
Ruffy and the Riverside séduira les 20-40 ans nostalgiques de leur jeunesse vidéoludique et en quête d’une expérience chill de 6-8 heures. Les plus jeunes peuvent apprécier l’esthétique et la simplicité, mais la durée de vie limitée risque de vite lasser. Quant aux amateurs d’épreuves de fond ou de sessions marathon, passez votre chemin.
Verdict : un petit bonbon à savourer
Ruffy and the Riverside n’est pas une révolution, mais un hommage sincère agrémenté d’une mécanique de troc brillante. La formule aurait gagné à être plus ambitieuse (physique, combats, étendue des zones), mais offre tout de même quelques heures plaisantes et inventives.
Note finale : 6,5/10
En bref : un platformer court et attachant pour nostalgiques, à tester pour son originalité, sans en attendre un mastodonte.

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