VOIN « Permafrost » : l’Action-RPG solo qui redéfinit son endgame
Lorsque j’ai lancé VOIN après l’arrivée de l’update « Permafrost », je ne m’attendais pas à me faire happer par une étendue de glace et de secrets aussi dense. Plus qu’un simple habillage hivernal, cette mise à jour marque le tournant majeur d’un projet solo qui bouscule les standards du hack’n’slash, loin des superproductions aux budgets astronomiques et des jeux gavés de microtransactions. Ici, chaque pixel compte, chaque choix de build se paie au prix fort, et l’exploration se transforme en véritable odyssée polaire.
Une étendue 16 fois plus vaste : bienvenue dans la Grimmir Expanse
La zone baptisée « Grimmir Expanse » multiplie par seize la superficie des cartes précédentes. Sur la carte, cela se traduit par des plaines gelées ponctuées de gouffres fumants, de forêts pétrifiées et de grottes de cristal où la lumière se fige. Chaque nouveau recoin peut renfermer un coffre, un artefact oublié ou un passage secret. J’en ai fait l’expérience en tombant, par hasard, sur une anse cachée où un pont de glace craquait sous mes pas, avant de s’effondrer pour révéler un escalier vers un donjon souterrain.
Cette échelle démesurée change radicalement la sensation de progression : on ne traverse plus juste une série de couloirs générés, on se repère sur une carte à demi-dessinée, on guette les sommets enneigés à l’horizon et on redoute la tempête qui peut surgir à tout instant. Une mini-météo dynamique fait même chuter votre jauge de chaleur si vous restez trop longtemps hors d’un brasero ou d’un abri improvisé.
Arbre des Reflets et fruits d’âme : le nouveau cœur du build
L’un des points forts de « Permafrost » est l’ajout d’un arbre de progression baptisé « Arbre des Reflets ». Il se subdivise en trois branches principales : puissance (force brute), agilité (esquives et vitesse) et esprit (effets magiques et résistances). Les fameux « fruits d’âme » – ressources rares glanées sur les boss – servent à débloquer des nœuds dont la plupart confèrent des aptitudes inédites. Plutôt que de tabler seulement sur un bonus de dégâts, on peut par exemple obtenir un « Sprint givrant » qui laisse une traînée glacée ralentissant les ennemis dans votre dos, ou un « Bloc d’âme » permettant d’encaisser un coup fatal et de survivre quelques secondes.

Concrètement, j’ai testé un build orienté esquive et contre-attaque : après avoir investi dans plusieurs nœuds d’agilité, ma barre d’endurance se rechargeait plus vite, et j’ai ajouté un fruit d’âme pour déclencher une invulnérabilité de 0,8 seconde lors d’une roulade. Ces interactions donnent l’impression d’une vraie personnalisation, où chaque branche de l’arbre offre des embranchements logiques et complémentaires.
Combats et créatures : quand la glace aiguise les réflexes
L’ajout le plus visible est la vague de nouveaux adversaires : Ice Giants colossalement armés de marteaux de givre, spectres gelés qui surgissent sous la neige, et les tout nouveaux boss cachés dans des arènes à étages. Le premier boss que j’ai affronté, un colosse de glace baptisé sobrement « Le Glaçon », mêle attaques au sol générant des crevasses et tempêtes de shuriken givrés à longue portée. Pour en venir à bout, il a fallu miser sur un combo esquive-contre, tirer profit d’un nœud de l’arbre qui amplifie les attaques critiques et exploiter la topographie glacée pour se mettre à couvert.
Le rythme des affrontements est plus tactique qu’auparavant. Quand un Ice Giant lève son marteau, on voit clairement l’animation se charger, ce qui offre un timing pour fuir ou contre-attaquer. Les petites créatures, elles, peuvent lancer des boules de glace qui gèlent les membres : un mécanisme qui oblige à varier les consommables pour se débarrasser du statut « gelé » avant de reprendre le combat.

Exploration et narration : la face cachée du froid
Sous la croûte de glace, « Permafrost » développe aussi un pan narratif plus dense. Partout, on trouve des tablettes runiques qui racontent l’histoire de la cité engloutie de Vanirheim, détruite par un hiver éternel. En fouillant un monolithe, j’ai déclenché une courte séquence où l’on revit, via des visions en pixel art, la prise de la citadelle par les anciens sages de la glace. Ces éléments légers renforcent la cohérence de l’univers et motivent les plus curieux à dénicher chaque fragment de lore.
Les quêtes secondaires suivent la même ligne : on peut aider un explorateur fantôme à retrouver son équipement, ou découvrir une hutte abandonnée où une sorcière de givre offre de transformer un objet en échange d’âmes gelées. Ces micro-histoires, bien dosées, évitent la surcharge scriptée et donnent un sentiment d’aventure continue.
Pixel art, bande-son et ambiance : l’effet souffle polaire
Porté seul par Nikita Sozidar, VOIN se distingue par son pixel art soigneusement animé : traînées de poudreuse derrière les pas, reflets irisés sur les cristaux, animations d’attaque finement détachées. L’ambiance sonore, mixant chiptune minimaliste et nappes synthétiques graves, accentue la sensation de froid glacial — un contraste précieux avec les explosions de particules lors des sorts de feu ou de givre.

Rejouabilité et endgame : un challenge durable
Au moment où j’écris ces lignes, « Permafrost » introduit déjà une forme d’endgame via des défis de survie – tenir un certain temps face à des vagues d’ennemis –, et des donjons aléatoires accessibles après avoir collecté des cristal d’écho. Le tout se débloque via un menu « New Game+ » qui conserve vos fruits d’âme, mais ressource les cartes pour offrir un challenge revisité. C’est encourageant : le solo dev ne promet plus seulement un bac à sable procédural, mais un vrai lieu d’entraînement où monter en puissance et tenter de nouvelles stratégies.
À terme, il faudra surveiller la régularité des futures mises à jour. La ligne est fine entre ambition maîtrisée et épuisement du rythme, surtout pour un projet porté majoritairement par une seule personne. Mais pour l’instant, on savoure un contenu généreux, sans artifices ni grind forcé, qui donne l’impression d’un hack’n’slash repensé de l’intérieur.
En résumé
- Un biome colossal (×16) offrant exploration, secrets et conditions météorologiques dynamiques.
- Arbre des Reflets et fruits d’âme pour des builds profondément modulables.
- Ennemis et boss repensés pour des affrontements tactiques et exigeants.
- Immersion renforcée grâce à une narration discrète et un pixel art soigné.
- Premiers jalons d’un endgame prometteur avec donjons aléatoires et défis de survie.
| Feature | Specification |
|---|---|
| Publisher | tinyBuild |
| Release Date | 25 juin 2025 (update Permafrost) |
| Genres | Action-RPG, Hack-and-slash |
| Platforms | PC (Steam Early Access) |
Si vous êtes en quête d’un hack’n’slash qui marie l’intensité du combat et la richesse d’un monde vivant, VOIN « Permafrost » mérite une place de choix dans votre bibliothèque. Le souffle polaire n’a jamais été aussi captivant.

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