Il existe un moment récurrent dans la vie de tout gamer PC : ce déséquilibre constant entre l’envie de s’offrir du nouveau matos et la dure réalité de son portefeuille. Après avoir abîmé, réparé ou remplacé une flopée de manettes bon marché et officielles, j’étais sceptique face à la EasySMX X05. Une manette full sans fil à moins de 30 € dotée de sticks Hall Effect ? Clairement, je craignais un énième gadget Amazon qui finirait oublié. Pourtant, dès ma première session sur Steam, quelque chose d’inattendu s’est produit : j’ai redécouvert le plaisir de jouer sans débourser une fortune.
Sommaire
- Design et prise en main
- Connexion et installation
- Performance en jeu : fin du drift ?
- Ergonomie et confort d’utilisation
- Vibrations, RGB et autonomie
- Compatibilité multi-plateformes
- Comparaisons et alternatives
- Conclusion et verdict
- TL;DR
Design et prise en main : sobriété et efficacité
Lorsque j’ai déballé la EasySMX X05, mon premier réflexe a été de lever un sourcil devant sa teinte « vert fluo » – un choix osé qui rappelle plus les années 90 que l’élégance moderne. Mais passé l’effet waouh (ou plutôt « ouah WTF ? »), la manette se révèle immédiatement plus robuste que prévu. Sans prétendre rivaliser avec la finition d’une manette Xbox officielle, le plastique est solide et les ajustements sont bons : pas de craquement ni de jeu excessif entre les différentes pièces.
Côté dimensions, elle s’inspire ouvertement du design Xbox, tout en étant légèrement plus compacte. Pour un joueur aux mains moyennes, cette forme « ramassée » se traduit par une prise en main ferme, sans zones soft touch ni grips caoutchouc. Le choix d’une texture plastique très fine sous les doigts compense l’absence de surfaces caoutchoutées : après plusieurs heures de jeu, les mains ne glissent pas à chaque bouton pressé, même si elles peuvent devenir un peu moites sur les longues sessions.
Dans le bundle, on trouve deux capuchons de stick imitation ballon de foot – 100 % kitsch, mais j’avoue les avoir chaussés pour le fun. Aucun outil spécial n’est requis, car les sticks se retirent et se remplacent en un clin d’œil, ce qui peut être utile pour customiser ou protéger les modules analogiques.
Connexion et installation : le rétro qui fonctionne
Installer la X05, c’est un peu comme revenir à l’époque des premiers dongles 2,4 GHz : tu branches la clé USB, Windows la détecte automatiquement et hop, près à jouer. Pour Switch ou mobile, le Bluetooth intégré fait le job sans pilotes additionnels. Sur Steam Deck, aucun paramétrage compliqué : la manette apparaît dans le menu Bluetooth, tu l’associes et la machine l’intègre directement au contrôleur Steam.

Si tu recherches la connexion la plus fiable, tu peux passer par le câble USB-C fourni : la recharge et la transmission de données se font sur la même prise, éliminant tout risque de latence. À l’usage, je n’ai pas ressenti de lag perceptible, que ce soit en mode filaire ou sans fil, même sur des hits compétitifs comme Rocket League ou Tekken 8. L’absence de logiciel tiers est compensée par deux boutons en façade :
- M pour régler l’intensité des vibrations et la couleur du rétroéclairage RGB autour des sticks.
- O pour ajuster la zone morte (dead zone) des sticks analogiques et modifier leur sensibilité.
Performance en jeu : sticks Hall Effect et drift bannis
La véritable innovation de la X05, c’est l’intégration de capteurs à effet Hall dans les sticks et gâchettes. Concrètement, ces capteurs utilisent un champ magnétique pour détecter la position, sans contact mécanique, ce qui élimine progressivement le phénomène de drift (déplacement involontaire du curseur ou du personnage). Si, comme moi, tu as un lourd passif avec les Joy-Con de Nintendo et leur drift chronique, c’est presque un soulagement.
Lors de mes sessions, j’ai enchaîné :
- Rocket League pour jauger la précision des sticks en situation de drift imprévisible.
- Tekken 8 et Guilty Gear Strive pour tester la réactivité et la rapidité des combos.
- Dead or Alive 6 pour massacrer l’adversaire en spammant les touches ABXY.
Résultat : la zone morte initiale est un peu large— un réglage commun sur les pads entrée de gamme pour éviter les micro-mouvements parasites. Grâce au combo O + stick droit, j’ai pu réduire cette dead zone et obtenir un centrage quasi instantané. Les frappes sur le D-Pad, souvent décrié sur les manettes low-cost, se sont révélées agréables pour les enchaînements classiques, même si les fanatiques de quart-de-cercle devront peut-être repasser à un D-Pad dédié.
Ergonomie et confort d’utilisation : concessions low-cost
Si la X05 excelle côté mécanique, elle montre ses limites sur l’aspect confort : pas de soft touch, ni de zones caoutchoutées. Après quatre heures consécutives sur Baldur’s Gate 3, mes doigts ont commencé à glisser légèrement, me forçant à relâcher la manette de temps en temps et à retrouver une bonne position. Les poignées sont droites, sans galbes prononcés, mais la forme reste assez universelle pour ne pas provoquer de crampes chez la majorité des utilisateurs.

En revanche, pas de fioritures audio : pas de prise jack 3,5 mm ni de micro intégré. Les streamers ou joueurs habitués au chat vocal via manette devront donc prévoir un casque USB ou Bluetooth. Pour un joueur casual utilisant un micro-communautaire ou un casque PC, ce point n’est pas rédhibitoire, mais c’est à noter si tu envisages la X05 comme pad principal en multi en ligne.
Vibrations, RGB et autonomie : compromis à évaluer
Côté retour haptique, la surprise est bonne : la motorisation est suffisamment puissante pour restituer la sensation d’impact d’une manette One ou DualSense, même si le retour ne capte pas toujours les nuances subtiles d’un RPG. En réglage maximal, la batterie fond en environ 4 heures. En mode « éco » (vibrations à 30 %, lumières éteintes), j’ai gratté jusqu’à 8 heures, ce qui reste en deçà de nombreuses manettes premium qui dépassent les 20 heures.
La personnalisation RGB est basique mais ludique : dix schémas de couleurs autour des sticks, de l’arc-en-ciel au blanc statique. Cette touche geek permet de repérer sa manette durant une LAN ou un quart de soirée à plusieurs. Mais n’espère pas régler la couleur de chaque LED individuellement, c’est un bloc unique et sans possibilité de créer des profils persistants.
Compatibilité multi-plateformes : PC d’abord, Switch en bonus
La X05 se destine avant tout au PC sous Windows 10/11, où elle fonctionne sans accrocs. En Bluetooth, elle s’associe sans peine à une Nintendo Switch ou un smartphone Android/iOS, même si certains raccourcis (capture d’écran, menu Switch) ne sont pas supportés. Sur Xbox, oublie la prise en charge native : la manette n’est pas reconnue et aucun firmware officiel n’est prévu. Pour du cloud gaming, du streaming mobile ou un usage secondaire sur Switch, c’est parfait. Pour du Xbox Game Pass local, il faudra passer par un adaptateur tiers, mais ce n’est pas la cible prioritaire de ce produit.

Comparaisons et alternatives
Pour donner du relief à ce test, j’ai ressorti deux références :
- Ma manette Xbox One d’origine (90 € à l’époque).
- Un pad 8Bitdo Ultimate 2C (environ 35 €).
La X05 se situe entre les deux : elle n’offre pas les finitions douces de la Xbox One, mais elle embarque des sticks Hall Effect absents chez 8Bitdo. L’Ultimate 2C propose, en revanche, un logiciel de mapping et des profils personnalisés, des boutons additionnels et une prise jack, choses que la X05 n’a pas. En finition brute, la X05 est plus robuste que la 8Bitdo, mais moins travaillée qu’une manette officielle. Sur le plan du tarif, c’est la championne, car aucun concurrent direct à 30 € n’offre de stick Hall Effect ni de retour haptique solide.
Conclusion et verdict
Après plus de vingt heures de jeu sur diverses plateformes et genres – du RPG contemplatif au versus fight ultra-réactif – la EasySMX X05 m’a bel et bien surpris. Elle n’est pas exempte de compromis : confort limité sur le long terme, autonomie moyenne, zéro prise casque et aucun logiciel de personnalisation. En contrepartie, pour un budget modique, elle propose :
- Des sticks Hall Effect qui promettent une résistance durable au drift.
- Une compatibilité PC/Switch/mobile plug-and-play.
- Un retour de vibration puissant et un RGB ludique.
- Une construction solide sans plastique trop flimsy.
Si tu cherches une manette daily driver pour ton PC sans te ruiner, ou un pad secondaire pour prêter à tes potes en LAN, la X05 est un achat malin. Pour les joueurs eSport, les streamers pros ou ceux en quête d’options avancées (mapping logiciel, jacks audio, grips caoutchouc), il faudra évidemment regarder plus haut. Mais si tu veux le meilleur rapport qualité/prix à moins de 30 €, la EasySMX X05 coche toutes les cases essentielles.
TL;DR
- Le top rapport qualité/prix pour une manette sans fil PC à sticks Hall Effect.
- Design sobre, ergonomie correcte, mais absence de grips et de jack audio.
- Autonomie de 4–8 heures selon le mode, vibrations convaincantes et RGB personnalisable.
- Pas de support Xbox natif, mais Switch, PC et mobile assurés.
- Parfaite pour le casual et le multi local, à éviter pour la compétition hardcore.
Ma note : 8/10 – Une daily driver imbattable en budget serré, malgré quelques concessions.

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