Je n’attendais pas grand-chose du Nothing Headphone (a). Pour moi, c’était le “petit frère low-cost” du Headphone (1), que j’avais bien aimé l’an dernier. Puis je l’ai mis sur la tête, je suis parti avec pendant deux semaines entre télétravail, trajets en ville, un aller-retour en train et quelques soirées gaming… et j’ai fini par laisser le (1) dans le tiroir.
À environ 160 €, le Headphone (a) coûte grosso modo la moitié du (1). Pourtant, en usage réel, il en garde l’essentiel : un ANC très correct, un son typé “plaisir”, du LDAC, une appli ultra complète, et surtout une autonomie qui ridiculise à peu près tout ce que j’ai à la maison. Les vraies concessions sont ailleurs : matériaux moins premium, pas de détection de port, pas de head‑tracking pour l’audio spatial, et un côté un peu “cheap” sur certains détails.
Contexte : comment je l’ai utilisé et avec quoi je le compare
Pour situer un peu mon profil : je jongle entre plusieurs casques au quotidien. Un Bowers & Wilkins PX8 pour bosser (son plus neutre), un vieux Sony WH‑1000XM3 pour les déplacements, et un casque gaming filaire sur PC pour les soirées FPS. L’an dernier, le Nothing Headphone (1) avait déjà réussi à se glisser dans la rotation, surtout pour son confort et ses contrôles physiques bien pensés.
Le Headphone (a), je l’ai branché partout : Android avec LDAC, iPad en AAC, PC en Bluetooth pour bosser, Steam Deck et Switch en filaire (3,5 mm), et un peu de PS5 via la manette en jack. Ça m’a permis de voir autant le côté “casque lifestyle” que l’usage plus joueur, avec le mode faible latence activé dans l’appli Nothing X.
Design et confort : du plastique, oui, mais bien pensé
Première claque en le sortant de la boîte : on sent tout de suite que Nothing a coupé dans les coûts. Plus d’oreillettes en aluminium comme sur le Headphone (1), ici on est sur une coque en plastique transparent, avec un panneau extérieur coloré (blanc, noir, rose ou jaune selon la version). J’ai reçu la version jaune : elle attire les yeux, clairement, mais dans le bon sens. Ça fait moins “luxe”, plus “jouet techno assumé”.
En main, ça craque un peu plus que le (1), mais sur la tête, l’illusion de qualité revient vite. À 310 g, le casque reste dans la moyenne des over‑ear modernes. La pression sur le crâne est modérée, ce qui donne un confort très agréable pour des sessions de 2-3 heures. En tant que porteur de lunettes, c’est un point crucial pour moi : après une après‑midi de boulot avec plusieurs visios, je n’avais pas cette douleur typique sur les tempes que certains casques me provoquent.
Les coussinets en mousse à mémoire de forme épousent bien la tête, mais le revêtement en similicuir a deux défauts : il chauffe assez vite, et il marque énormément les traces de peau/huile. Au bout de quelques jours, les oreillettes prennent ce côté “brillant gras” pas très sexy. Un petit coup de chiffon microfibre règle le problème, mais visuellement, ça vieillit moins bien qu’un tissu comme sur certains casques gaming.
Côté robustesse, l’IP52 est rassurant : le casque encaisse sans problème une petite pluie ou une séance de marche rapide qui finit en transpiration. Par contre, pour un vrai usage sport avec mouvements brusques, je ne le recommanderais pas. Le serrage n’est pas assez ferme : en secouant un peu la tête ou en sprintant, les oreillettes bougent. On sent bien que le Headphone (a) est pensé pour le bureau, le salon et les transports, pas pour la salle de sport.
Commandes physiques : le bon sens contre le tout‑tactile
Un des trucs que j’adorais sur le Headphone (1), c’était ses commandes. Nothing a repris la même recette sur le Headphone (a), et c’est clairement un de ses gros points forts.
On a d’abord le “roller”, une grosse molette sur l’oreillette qui permet de régler le volume en la faisant tourner. Un appui dessus met la lecture en pause ou la relance, et peut aussi servir à basculer entre ANC, mode transparence et mode “off” suivant la configuration dans l’appli. C’est ultra intuitif : même en pleine nuit, dans le lit, je trouve la molette et je règle le son sans réfléchir ni viser une zone tactile invisible.
Ensuite, il y a le “paddle”, un petit commutateur qui sert à passer au morceau suivant ou précédent, voire à avancer/reculer dans un morceau selon le nombre d’appuis. Sur le Headphone (a) comme sur le (1), je trouve ça mille fois plus fiable que les gestes tactiles parfois capricieux des Sony XM ou d’autres casques.
On complète le tout avec un bouton multifonction (que j’ai affecté à l’assistant vocal sur le téléphone), un bouton de mise sous tension et un bouton de pairing Bluetooth. Zéro gimmick, tout tombe sous les doigts, et surtout les gestes sont cohérents entre musique, vidéo et jeux.
Par contre, il y a une vraie régression par rapport au Headphone (1) : plus de détection de port. Avec le (1), je retirais le casque, la musique se mettait en pause, je le remettais, ça repartait tout seul. Ici, il faut penser à appuyer sur pause ou à utiliser la molette. Pendant les premiers jours, j’ai laissé des podcasts tourner dans le vide plus d’une fois le temps d’aller me faire un café. Ce n’est pas dramatique, mais quand on y a goûté, l’absence se sent.

Appli Nothing X : terrain de jeu pour bidouilleurs de son
Nothing X, l’appli compagnon, est la même que pour les autres produits Nothing. Elle est dispo sur Android et iOS, et c’est clairement une des plus complètes que j’ai vues sur un casque grand public à ce tarif.
On y retrouve les classiques : choix entre ANC, transparence et désactivation complète, réglage du mode transparence, activation du mode basse latence pour le jeu, et bascule entre LDAC et le codec standard (utile si votre connexion Bluetooth commence à sauter dans le métro, par exemple). Rien que ça, c’est déjà confortable.
Là où ça devient vraiment fun, c’est sur l’égaliseur. On peut se contenter de quelques presets simples (Pop, Cinéma, Voix, etc.) ou activer un EQ avancé sur 8 bandes. J’ai passé une bonne heure le premier soir à peaufiner un profil “jeu + électro” avec un grave un peu renforcé et un léger creux sur les hauts médiums pour éviter la fatigue auditive. Le lendemain, j’ai refait un profil plus neutre pour les OST et le jazz, et je jongle maintenant entre les deux suivant ce que j’écoute.
Le fameux “Dynamic Bass Enhancement” à base de traitement IA est aussi là. En gros, le casque dynamise les basses en temps réel selon le morceau. Sur certains titres électro, l’effet est jouissif, ça tape plus fort sans se transformer en bouillie. Sur d’autres, notamment du rock un peu chargé, ça peut devenir envahissant. Heureusement, tout est désactivable, et on peut même ajouter une couche de “Bass Enhance” par‑dessus si on est vraiment accro au grave.
Enfin, il y a le Spatial Audio. Le Headphone (a) gère le son spatial, mais sans suivi de tête. Pour les films/séries sur tablette dans le lit, c’est sympa : on a une scène un peu plus large, avec l’impression que le son vient de l’écran plutôt que de chaque oreille. En revanche, pour la musique, je m’en sers très peu. Le rendu “concert dans une bulle artificielle” ne me convainc pas, et l’absence de head‑tracking enlève un peu l’effet waouh qu’on peut avoir sur d’autres écosystèmes.
Qualité sonore : fun, dynamique, pas analytique
Au cœur du Headphone (a), Nothing a mis un driver de 40 mm avec membrane traitée au titane. Sur le papier, rien de fou, dans les oreilles, c’est pourtant très plaisant. La signature globale tire un peu vers le “V” classique : basses mises en avant, aigus clairs, médiums légèrement en retrait mais pas au point d’enterrer les voix.
Sur des morceaux électroniques comme ceux de Carpenter Brut ou Perturbator, le casque s’éclate. Le grave est plus présent que sur le Headphone (1), avec un impact plus franc dans les kicks et les lignes de basse. Ça ne descend pas dans les infragraves comme certains casques très typés “basshead”, mais pour un usage quotidien, ça donne ce côté énergique qui donne envie de monter le volume un cran au‑dessus de la raison.
Les voix restent bien détachées, et les aigus montent assez haut pour donner de la brillance aux cymbales sans devenir sifflants. En repassant sur le PX8 après quelques heures de Headphone (a), on sent clairement que Nothing vise le “plaisir” plutôt que la neutralité. Le PX8 est plus précis, plus détaillé, mais aussi plus sage. Le Headphone (a) est celui que je mets spontanément pour une session Spotify sans me prendre la tête.

Avec LDAC activé sur Android, on gagne un peu en définition, en particulier dans les instruments acoustiques et les réverbérations. Ce n’est pas la nuit et le jour par rapport à l’AAC bien encodé, mais sur les bons masters, les petites nuances dans les guitares ou les ambiances se détachent mieux.
En jeu, la scène sonore reste relativement large pour un casque fermé, sans atteindre ce que peut faire un bon casque ouvert branché sur un DAC. Dans Doom Eternal, les tirs et explosions se positionnent correctement, et sur un FPS compétitif type Valorant, je n’ai pas eu de mal à localiser à peu près les bruits de pas. Pour du tryhard pur, je reviens quand même à mon casque gaming filaire, plus précis, mais pour du multi “détente”, le Headphone (a) tient largement la route.
ANC et transparence : très correct, sans rivaliser avec les rois du genre
Sur l’annulation de bruit active, Nothing reste dans la continuité du Headphone (1). Dans le métro, les graves du roulement et la plupart des bruits répétitifs sont très bien gommés. Les voix sont atténuées mais pas totalement effacées : on entend encore un brouhaha diffus, mais largement suffisant pour bosser ou se plonger dans un film.
À la maison, avec une fenêtre ouverte sur une rue passante, je peux bosser avec le Headphone (a) sans musique à faible volume et oublier en grande partie le trafic. Face à un Sony WH‑1000XM5 ou aux derniers Bose très haut de gamme, on reste un cran en dessous : ces modèles premium creusent encore plus le silence sur les voix et les bruits de clavier. Mais eux coûtent environ le double.
Sur le papier, certains tableaux de comparaison laissent entendre que le Headphone (a) aurait un ANC moins “adaptatif” que le (1), c’est‑à‑dire moins de réglages automatiques selon l’environnement. Dans la pratique, après plusieurs allers‑retours entre les deux casques, je peine à voir une différence franche. L’ANC du (a) s’adapte visiblement à l’ambiance (en tout cas, l’effet semble varier entre un bureau calme et un wagon bruyant), mais je n’ai pas assez d’informations techniques pour trancher précisément sur ce point. Ce qui est sûr, c’est que le niveau de réduction reste très proche du modèle plus cher.
Le mode transparence, lui, est plutôt naturel. On retrouve un peu cet effet de micro amplifié sur les bruits aigus, mais les voix autour de moi sonnent suffisamment propres pour tenir une discussion sans enlever le casque. En extérieur, le vent peut déclencher un léger souffle dans les oreillettes, mais rien de catastrophique.
Autonomie : le super‑pouvoir qui change tout
C’est le chapitre qui m’a le plus bluffé. Nothing annonce jusqu’à 135 heures d’écoute sans ANC, et jusqu’à 75 heures avec l’ANC activé. Ces chiffres semblent déraisonnables sur le papier, mais en usage réel, on n’en est pas loin.
Sur ma première semaine, j’ai volontairement laissé l’ANC actif en permanence, en usage mixte (boulot, musique, jeu, un peu de vidéo), environ 5 à 6 heures par jour. Au bout de 6 jours, j’étais encore à un peu plus de 40 % de batterie. Là où mon B&W PX8 doit repasser au chargeur tous les 3-4 jours et un Sony WH‑1000XM3 dans les 30 heures, le Headphone (a) donne l’impression d’être inépuisable.
En forçant un peu le trait, j’ai aussi fait un week‑end complet de voyage (4 heures de train aller, 4 heures retour, plus l’attente en gare, un peu de musique à l’hôtel) sans jamais penser à la batterie. Lundi matin, le casque affichait encore plus de 70 %. C’est le genre de liberté qui change la relation qu’on a avec le produit : on n’y pense plus.
Le mode de charge rapide fait aussi le boulot : 5 minutes branché donnent jusqu’à 8 heures d’écoute annoncées. Dans la réalité, sur une charge courte avant de partir, je n’ai jamais réussi à le vider dans la journée. La charge complète prend environ 2 heures, ce qui reste raisonnable vu la taille de la batterie.

Filaire, absence de mode passif et vie de bureau / gaming
Nothing fournit toujours un câble jack 3,5 mm avec le Headphone (a), en plus du câble USB‑C. Pratique pour brancher le casque à une manette, un PC sans Bluetooth correct, un vieil ampli ou le système multimédia d’un avion. Attention cependant : même en filaire, le casque doit être allumé. Impossible de l’utiliser en “passif” batterie vide, ce qui reste pour moi l’un des choix les plus agaçants sur ce genre de produit.
Sur PC, en Bluetooth avec le mode faible latence activé dans l’appli, les décalages audio restent acceptables pour du jeu solo ou même du multi pas trop nerveux. Sur des FPS compétitifs, on perçoit tout de même un léger retard entre l’action et le son des tirs. En filaire, plus de souci : pour du jeu sérieux, je le branche et je le traite comme un casque classique.
Pour les appels et la visio, le Headphone (a) fait l’affaire, mais on sent que Nothing a réduit un peu la voilure par rapport au (1) sur la partie micros. Mes interlocuteurs m’ont décrit comme “clair mais un peu étouffé”, avec une réduction de bruit qui coupe bien les bruits constants mais parfois un peu agressive sur certaines consonnes. Pour du Discord entre potes ou des réunions de boulot, c’est suffisant. Pour du stream ou de la captation sérieuse, ça ne remplacera évidemment pas un micro dédié.
Dernier détail “budget” qui trahit la gamme : on perd le bel étui rigide du Headphone (1). Le (a) arrive avec un simple pochon souple. Ça protège de la poussière et des rayures, mais pas vraiment des chocs dans un sac à dos bien chargé. Dommage, car le casque, lui, donne envie de voyager.
Face au Headphone (1) et aux autres casques du marché
En revenant sur le Headphone (1) après une semaine complète avec le (a), j’ai mieux cerné où se situait chacun. Le (1) garde l’avantage sur la sensation de qualité (aluminium, étui rigide), la détection de port et, d’après mes essais, une captation de voix un peu plus propre. Il gère aussi l’audio spatial avec suivi de tête, si ce genre de gadget vous plaît vraiment.
Le Headphone (a), lui, prend sa revanche là où ça compte au quotidien : autonomie, légèreté, fun des coloris et basses un peu plus généreuses. L’ANC me semble au moins aussi bon, sinon identique dans la plupart des situations. Vu l’écart de prix, je peine honnêtement à conseiller le Headphone (1) à quelqu’un qui ne jure pas par la sensation “premium” des matériaux ou par le head‑tracking.
Face aux gros cadors type Sony WH‑1000XM5/XM6 ou Bose haut de gamme, Nothing ne les dépasse pas sur l’ANC pur ou le confort sur très longue durée, mais boxe clairement au‑dessus de sa catégorie de prix. Et si je compare au monde gaming, où des casques à 180-200 € misent tout sur le micro et l’audio spatial maison, le Headphone (a) apparaît comme une alternative très crédible pour ceux qui veulent un casque unique pour tout faire : boulot, musique, déplacements et jeu léger.
Pour qui le Nothing Headphone (a) a vraiment du sens
- Pour celles et ceux qui veulent un casque unique pour tout : musique, télétravail, séries, un peu de gaming.
- Pour les utilisateurs qui en ont assez de recharger leur casque tous les trois jours.
- Pour les joueurs console/PC qui privilégient le confort et le son fun à un micro irréprochable.
- Pour ceux qui aiment tweaker leur son via un EQ avancé et jouer avec les basses.
- Beaucoup moins pour les puristes audiophiles en quête de neutralité ou ceux qui exigent absolument un mode passif sans batterie.
TL;DR
- Son : signature fun, basses renforcées mais contrôlables, bons aigus, médiums un peu en retrait, super pour musique moderne et jeu.
- ANC : très bon pour le prix, proche du Headphone (1), en dessous des Sony/Bose haut de gamme mais largement suffisant pour les transports et le bureau.
- Confort : 310 g, serrage modéré, très bien pour les porteurs de lunettes, mais coussinets qui chauffent et marquent rapidement.
- Autonomie : point fort absolu : jusqu’à 75 h avec ANC, 135 h sans. La charge rapide sauve les étourdis.
- Fonctions : LDAC, EQ 8 bandes, Dynamic Bass, mode faible latence, Spatial Audio (sans head‑tracking), commandes physiques excellentes.
- Compromis : pas de détection de port, pas de mode passif en filaire, étui souple seulement, matériaux moins premium, micro correct sans plus.
- Rapport qualité/prix : pour environ 160 €, difficile de trouver un pack aussi complet et polyvalent.
Verdict et note finale
Après plusieurs dizaines d’heures sur les oreilles, le Nothing Headphone (a) m’a clairement surpris. Je m’attendais à un clone au rabais du Headphone (1), c’est finalement le modèle que je recommanderais en premier autour de moi. Le son est fun, l’ANC tient bien la route pour le prix, l’appli laisse une vraie marge de personnalisation, et l’autonomie change la manière d’utiliser le casque au quotidien.
Les concessions ne sont pas anodines : l’absence de détection de port, de mode passif et de véritable étui rigide me frustrent un peu, et les coussinets auraient mérité un autre revêtement. Mais en regardant l’étiquette à 160 €, ces défauts deviennent des compromis acceptables plutôt que des deal‑breakers.
Note finale : 8/10. Si vous cherchez un over‑ear polyvalent, avec un excellent rapport qualité/prix, capable de suivre autant vos sessions de jeu que vos déplacements quotidiens, le Nothing Headphone (a) mérite clairement sa place en haut de la liste.

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