Le jour où Clair Obscur a brisé mon dogme « clavier > tout »
Je fais partie de ces joueurs PC qui ont passé des années à se moquer des manettes. Pour moi, un « vrai » gamer jouait avec clavier et souris. Point. J’ai traversé des centaines d’heures sur des RPG, des MMO, des FPS, tout au combo WASD + souris. Les pads, c’était bon pour le salon, pas pour quelqu’un qui passe son temps à remapper des touches et tripatouiller des fichiers de config.
Et puis Clair Obscur: Expedition 33 est arrivé. Le RPG qui a littéralement trusté toutes les discussions, raflé un GOTY 2025 mérité, et qui m’a mis une grosse claque – pas seulement côté écriture, mais côté contrôles. Parce que ce jeu, aussi bon soit-il, m’a envoyé un message très clair : « ton clavier, garde-le pour autre chose ».
Dès le premier lancement, un message d’alerte s’affiche: le jeu recommande fortement l’utilisation d’une manette pour profiter au mieux de l’expérience. Dans ma tête, j’ai immédiatement traduit ça par: « oui bon, encore un portage feignant qui n’a pas envie de bosser le mapping clavier ». Fidèle à mes habitudes, j’ai ignoré l’avertissement et j’ai lancé la partie au clavier.
Les premières heures ont été étranges. Pas injouables, mais… bancales. Le système de combat de Clair Obscur repose sur des entrées très précises, des contres millimétrés, des pressions dans des fenêtres de timing étroites, avec des cercles qui se referment à l’écran façon jeu de rythme. En théorie, le clavier pouvait faire l’affaire. En pratique, mes contres passaient une fois sur deux, la caméra n’avait jamais tout à fait l’angle que je voulais, et je sentais que je me battais autant avec le mapping qu’avec les ennemis.
C’est là que j’ai dû encaisser une vérité qui me faisait grincer des dents: ce jeu avait été pensé pour un pad, pas pour un clavier. Et si je continuais à m’entêter, j’allais gâcher un GOTY à cause de mon snobisme de joueur PC.
Quand un GOTY t’oblige à admettre que la manette est parfois supérieure
Clair Obscur, ce n’est pas juste « un RPG de plus ». Le cœur de son système, c’est un mix entre tour par tour et exécution en temps réel. Chaque attaque, chaque contre, chaque défense optimale repose sur une séquence d’inputs qui doit être fluide: maintenir, relâcher, appuyer pile au bon moment, orienter légèrement un stick virtuel, etc.
Avec le clavier, tout est carré, digital, binaire. On/off. C’est parfait pour un FPS nerveux ou un RTS où tu spams les raccourcis. Mais pour les timings circulaires, les petites corrections de trajectoire dans l’exploration, la gestion de la caméra pendant que tu prépares ton prochain tour… je sentais que je me faisais violence.
Après une bonne dizaine d’heures, un boss m’a achevé – pas en jeu, mais psychologiquement. J’enchaînais les échecs de « perfect » sur les parades, je savais ce que je devais faire, mais la sensation était hachée. J’ai fini par ressortir de mon placard une vieille manette filaire qui traînait, un pad Xbox 360 à moitié moribond.
Et là, même avec un dinosaure d’un autre âge, tout s’est aligné. Les triggers pour les parades, le stick gauche pour ajuster la position et la caméra sans y penser, le pouce qui reste sur A/B/X/Y avec un confort impossible à reproduire sur un clavier. Sauf que la manette était en fin de vie, le câble trop court, les faux contacts présents à chaque boss. Pas envie de vivre un GOTY en mode roulette russe matérielle.
Il me fallait un vrai pad, sans fil, pensé pour le PC, mais sans vendre un rein. J’ai regardé les classiques : Xbox Wireless Controller, DualSense, quelques modèles « pro » qui flirtent dangereusement avec les 150 €. Et puis je suis tombé sur un truc que j’aurais spontanément snobé il y a encore un an : la manette ISY IGP-2000-WT, marque maison de MediaMarkt / Saturn.

Pourquoi j’ai misé sur un pad ISY à 35 € au lieu du sacro-saint Xbox
Normalement, quand on parle de manette PC, tout le monde répète la même chose: « prends un pad Xbox et basta ». Sauf que le prix de base s’est doucement envolé, et que tout le monde n’a pas envie de lâcher 60-70 € juste pour un contrôleur secondaire. Moi, je voulais un pad sans fil, polyvalent, mais raisonnable. Pas un trophée de collection.
C’est là que le ISY IGP-2000-WT m’a accroché: environ 34,99 € sur les comparateurs, autour de 39,99 € en rayon chez MediaMarkt / Saturn selon la promo du moment. Pour une manette qui, sur le papier, cochait plus de cases que certains modèles bien plus chers.
Niveau design, on est sur du très assumé façon Xbox-style : disposition asymétrique des sticks, boutons ABXY colorés, croix directionnelle à gauche, quatre gâchettes, tout ce que le cerveau d’un joueur PC a appris à reconnaître depuis des années. Clairement, ISY ne cherche pas à réinventer la roue, mais à imiter ce qui fonctionne – et pour le coup, ça me va très bien.
Là où ça devient intéressant, c’est quand on regarde les caractéristiques techniques :
- Connectivité triple : Bluetooth, dongle RF 2,4 GHz et USB-C filaire.
- Compatibilité annoncée : PC, Android, iOS – parfait pour alterner entre mon PC, ma tablette et mon téléphone.
- Deux sticks analogiques incurvés vers l’intérieur pour mieux accrocher les pouces.
- Croix directionnelle 4 directions, quatre boutons de façade classiques, plus 4 gâchettes sur le dessus.
- Deux boutons programmables au dos, parfaits pour les macros ou les touches pénibles à atteindre.
- Mode turbo / tir rapide intégré.
- Vibration avec retour de rumble plutôt correct pour ce prix.
- Poids d’environ 208 g, avec des dimensions autour de 176 × 140 × 80 mm : ni brique, ni plume.
- Batterie intégrée d’environ 9 heures d’autonomie, pour ~2,5 heures de recharge complète en USB-C.
Sur le papier, c’est typiquement le genre de fiche produit qui me fait lever un sourcil : beaucoup de promesses, prix agressif, marque maison. Mais vu ce que coûtent les alternatives, et après tous les éloges autour de Clair Obscur sur manette, j’ai décidé de tenter le coup. Franchement, à 35 € le pad, le risque était limité.
Premiers combats dans Clair Obscur: le déclic immédiat
Je ne vais pas tourner autour du pot : dès la première session avec le ISY dans Clair Obscur, j’ai compris que je ne reviendrais pas au clavier pour ce jeu.
En RF 2,4 GHz sur PC, la latence est imperceptible pour ce type de RPG. Les inputs des parades sortent instantanément, les timings au millimètre deviennent soudain « naturels ». Je ne lutte plus contre mon périphérique, je me concentre enfin sur le boss en face de moi et sur la musique hallucinante qui accompagne chaque affrontement.
Les sticks incurvés font vraiment la différence pour l’exploration. Dans Clair Obscur, on passe souvent d’une phase où on se balade dans des environnements stylisés à des combats intenses. Avec le clavier, je passais mon temps à réajuster la caméra de façon abrupte. Là, je peux corriger en douceur, préparer un angle avant un combat, sans même y réfléchir. Ce confort, c’est précisément ce que je refusais de reconnaître depuis des années.

Mais le vrai game-changer, ce sont les deux boutons programmables à l’arrière. Je les ai rapidement configurés pour des actions que je trouvais pénibles à faire en pleine tension – changement de compétence ou accès rapide à une action défensive. Résultat : je garde mes pouces fermement ancrés sur les sticks et les boutons principaux, et mes index déclenchent les actions secondaires en douce, sans gymnastique de doigts.
Après quelques heures, mon avis était tranché : Clair Obscur est carrément un meilleur jeu à la manette. Le rythme est plus fluide, les combats plus satisfaisants, les « perfects » enfin atteignables sans que j’aie l’impression de jouer contre mon propre setup. Et ce n’est pas juste une question d’habitude, c’est une question de game design: certaines mécaniques prennent tout leur sens avec des gâchettes analogiques et un layout de pad pensé pour enchaîner les entrées rapidement.
Ce que le ISY IGP-2000-WT fait étonnamment bien
Passé l’effet « wow » dans Clair Obscur, j’ai commencé à tester le pad ISY sur d’autres jeux: quelques soulslike, un jeu de baston, deux ou trois jeux de plateforme, et du cloud gaming sur smartphone. Et là aussi, il tient la route beaucoup mieux que ce que son prix laisserait penser.
- Ergonomie générale : la forme façon Xbox tombe très bien dans les mains. Pour mes sessions de 2–3 heures, aucune crampe, les gâchettes sont faciles d’accès, les boutons ont une course et un clic honnêtes. Ce n’est pas du haut de gamme, mais ça ne sonne ni creux, ni jouet.
- Connectivité flexible : sur PC, le dongle RF est clairement le meilleur choix, zéro prise de tête. Pour un smartphone ou une tablette, le Bluetooth se connecte vite, sans danse rituelle dans les menus. Et en cas de batterie vide, le câble USB-C transforme la manette en pad filaire classique.
- Rétro-actions et vibration : le rumble n’a pas la sophistication haptique d’un DualSense, mais il fait le job. Dans Clair Obscur, sentir le retour d’un contre réussi ou d’une grosse attaque spéciale renforce vraiment la satisfaction.
- Autonomie correcte : mes sessions typiques de soirée (+/- 3 heures) tiennent largement sur plusieurs jours avant recharge. Les ~9 heures annoncées me semblent cohérentes.
- Macros et turbo : je méprise un peu le turbo dans les jeux compétitifs, mais pour certains jeux old-school ou du farming, c’est très sympa. Les macros au dos, en revanche, sont devenues un standard pour moi. Revenir à une manette sans palettes me paraît maintenant archaïque.
- Polyvalence PC / mobile : je ne pensais pas utiliser autant ce pad sur mon téléphone. Pourtant, entre le cloud et quelques jeux Android compatibles, ça m’a sorti de l’idée que « mobile = tactile pourri ». Avec un support et ce pad, un JRPG ou un rogue-lite prennent une autre dimension.
Globalement, pour un pad à moins de 40 €, on est sur un rapport fonctionnalités/prix qui met une pression sérieuse sur les modèles officiels. Oui, un Xbox Wireless garde pour lui son intégration parfaite sur Windows et sa finition légèrement au-dessus. Mais à ce tarif, le ISY est loin d’être un jouet cheap : c’est un vrai outil de jeu qui tient la distance.
Le vrai défaut: cette coque brillante, c’est une erreur de design
Il faut bien qu’il y ait un revers à la médaille. Et sur le ISY IGP-2000-WT, il est très simple à résumer: la finition brillante, c’est une très mauvaise idée.
Visuellement, ça rend bien dans le rayon: ça brille, ça reflète la lumière, ça fait « propre ». Mais en pratique, dès que tu enchaînes les sessions tendues, tes mains chauffent un peu, la transpiration s’en mêle… et la manette devient sensiblement plus glissante. Rien de dramatique au point de te faire la lâcher, mais suffisamment pour que tu doives parfois réajuster la prise en plein combat.
Ajoute à ça les traces de doigts qui apparaissent partout au bout d’une heure, et tu comprends que ce choix de finition est là pour le look, pas pour le confort. Quand je pense aux pads avec des grips texturés à l’arrière, je me dis clairement que c’est le prochain palier qu’ISY doit franchir s’ils veulent concurrencer sérieusement les gros.
Autre point à garder en tête: il ne faut pas s’attendre à un suivi logiciel fou. On n’est pas sur une marque spécialisée qui sort une suite logicielle ultra complète tous les trois mois. Le pad est reconnu en XInput, ça fonctionne plug & play, les macros se configurent directement sur la manette. C’est simple, efficace, mais ceux qui raffolent des logiciels ultra détaillés façon « manette elite » risquent de trouver ça un peu basique.

Enfin, il y a l’inconnue classique des produits de marque distributeur: les promos et les stocks. Aujourd’hui, on le trouve entre 34,99 € et 39,99 €, demain, qui sait ? Je ne parierais pas sur une stratégie de prix ultra stable sur trois ans. Si vous tombez sur une bonne offre, ça vaut le coup de ne pas trop attendre.
Clavier vs manette: où je trace désormais la frontière
Est-ce que Clair Obscur et cette manette ISY m’ont transformé en évangéliste du pad pour tout et n’importe quoi ? Non. Je ne lâcherai jamais le combo clavier/souris pour les FPS, les RTS, les MMO. Pour ces genres-là, la précision et la vitesse des raccourcis restent imbattables.
Mais pour tout ce qui repose sur une exécution rythmée et analogique – action-RPG, jeux narratifs à la troisième personne, jeux de plateforme, courses, un paquet de jeux indés – j’ai arrêté de me mentir. La manette est souvent la meilleure interface, tout simplement parce que les jeux ont été pensés pour ça en amont.
Et quand je repense à certains classiques comme Shenmue ou à mes heures passées sur des jeux de baston, je me dis que la vérité était sous mon nez depuis longtemps. Tu ne joues pas sérieusement à un fighter avec un clavier, tu le fais à la manette ou au stick arcade. Pourquoi je m’obstinais à vouloir faire l’inverse pour un RPG moderne pensé pour la précision des gâchettes et des sticks ?
Clair Obscur a simplement été le déclencheur parfait: un jeu suffisamment bon, suffisamment exigeant côté timings, pour me forcer à reconsidérer mon dogme. Et le ISY IGP-2000-WT a été l’outil qui m’a permis de faire le saut sans vider mon compte en banque.
À qui je recommande vraiment le ISY IGP-2000-WT aujourd’hui
Après plusieurs semaines à alterner entre Clair Obscur, quelques autres titres et un usage mobile, je peux le dire sans trembler: ce pad ISY vaut largement son prix, à condition de savoir ce que vous achetez.
- Si vous êtes un joueur PC qui a surtout joué au clavier et que vous sentez que certains jeux (comme Clair Obscur, des soulslike, des AAA à la troisième personne) sont clairement meilleurs à la manette, c’est une excellente porte d’entrée sans exploser le budget.
- Si vous cherchez un second pad sans fil pour le canapé, les jeux en coop locale ou les soirées entre potes, c’est un choix malin: assez solide pour durer, pas assez cher pour que vous pleuriez si un verre se renverse à côté.
- Si vous jouez aussi sur mobile ou tablette, la compatibilité Bluetooth et le poids raisonnable en font un compagnon correct pour le cloud gaming ou les jeux Android / iOS qui gèrent les manettes.
- Si vous voulez des palettes arrière sans vous ruiner, ses deux boutons programmables font un travail très honnête. Ce n’est pas un pad « pro », mais pour ce tarif, c’est un luxe appréciable.
Je garde un œil, par curiosité, sur deux choses: des mises à jour éventuelles du firmware ou de petits utilitaires, et surtout la manière dont certains jeux comme Clair Obscur vont (ou non) améliorer leur support clavier/souris via des patches. Mais même si demain Clair Obscur proposait une refonte complète de son mapping PC, je resterais sur manette pour lui. Quand un jeu te montre à quel point il respire mieux avec un pad, revenir en arrière n’a plus beaucoup de sens.
Je ne pensais pas l’écrire un jour, mais me voilà: un GOTY m’a fait lâcher mon sacro-saint clavier pour une manette de marque distributeur à 35 €. Et contre toute attente, c’est une des meilleures décisions matérielles que j’ai prises ces dernières années.

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