Hell is Us : immersion radicale et frissons garantis
Avec Hell is Us, Rogue Factor signe un AA audacieux : aucun marqueur, aucune mini-carte, juste votre regard et votre instinct. Dès les premières minutes, ce choix de sobriété déclenche une tension permanente, à mi-chemin entre survival horror et enquête mystérieuse. Chaque bruit, chaque reflet devient un indice précieux, chaque couloir, un piège potentiel. Testé sur PC pendant la Big Ben Week, le jeu rappelle la liberté d’Outer Wilds tout en y injectant une dose de danger quasi constante.
Un pari audacieux : immersion et intuition
Dans un paysage vidéoludique saturé de guides visuels, Hell is Us remet l’immersion au cœur de l’expérience. Sans boussole ni journal de quêtes apparents, le joueur doit fouiller, écouter, observer. Lors d’une exploration dans une usine désaffectée, j’ai compris que le moindre craquement surplombant un conduit pouvait annoncer une embuscade. Cette économie d’interface renforce l’angoisse, mais récompense aussi la curiosité par des révélations organiques, sans menus superflus.
Un univers déchiré où plane l’horreur
On incarne Rémi, ancien casque bleu de retour sur sa terre natale, Hadea, en proie à une guerre civile larvée et à l’apparition de créatures surnaturelles, les Chimères. L’écriture de Jonathan Jacques-Belletête mêle fracas politique et fable cauchemardesque. Les villages en ruines, les marécages toxiques et les autels runiques dessinent un décor crédible où chaque PNJ porte sa part de souffrance. Plus qu’une simple trame de batailles, la narration diffuse de petites scènes de vie – un mot griffonné, un hymne funèbre – qui font monter l’intrigue en puissance.
Le DATUM : carnet holographique et énigmes organiques
Le DATUM n’est pas un menu traditionnel, mais un assistant holographique qui capte automatiquement indices sonores, visuels ou moraux. J’ai reconstitué un souvenir éclaté dans une cathédrale désaffectée en combinant un fragment d’image 3D et un manuel trouvé au sous-sol. Chaque ajout d’élément débloque une nouvelle sous-section, offrant un véritable plaisir de déduction sans pénalité de navigation.

Combat exigeant et tension constante
Le système d’endurance de Rémi pèse sur chaque affrontement. Un coup encaissé grève directement votre vie maximale, imposant un dosage serré entre attaque, esquive et soin. Après avoir débloqué « Frappe Chargée » au niveau 7, j’ai expérimenté la riposte parfaite, ce moment court d’invulnérabilité qui sauve souvent la mise. Le drone KAPI, introduit en milieu d’aventure, enrichit le gameplay : diversion, pièges électromagnétiques, appui tactique… il devient rapidement un allié stratégique, surtout lors des boss imposants.
Progression, rythme narratif et rejouabilité
L’arbre de compétences mêle améliorations de combat, renforts DATUM et capacités de survie. Liberté de bâtir un Rémi furtif, un chasseur de Chimères ou un enquêteur méticuleux : tout est possible. La campagne s’articule en trois actes, avec un midgame riche en révélations et un acte final qui offre un choix déterminant. Trois fins, des zones secrètes et un New Game+ conservent vos acquis pour prolonger le défi.

Comparatif avec d’autres AA
- GreedFall : univers alternatif riche mais combats moins impitoyables.
- Hellpoint : ambiance sombre similaire, mais worldbuilding plus cryptique.
- Remnant: From the Ashes : usage de drones et combat exigeant, moins centré sur l’exploration non guidée.
- Outer Wilds : même sensation de liberté sans carte, mais avec ici un récit structuré et plus d’action.
Verdict
Note : 8/10
- Points forts
- Immersion extrême sans menus intrusifs.
- Atmosphère sombre et narration en trois actes bien rythmée.
- Combats tactiques et exigeants, tension constante.
- Rejouabilité assurée par fins multiples et New Game+.
- Points faibles
- Rigidité des animations et apprentissage parfois abrupt.
- Progression lente pour les amateurs d’action immédiate.
- Personnalité de Rémi un peu discrète au départ.
En résumé, Hell is Us s’impose comme l’un des AA les plus audacieux de 2024. Son approche immersive extrême pourra dérouter les joueurs avides de repères visuels, mais séduira ceux en quête d’un vrai défi intellectuel et d’un univers travaillé en profondeur.

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