ARC Raiders : ce que le test PvE d’octobre 2026 peut prouver

Un Raider inconnu approche pendant une extraction. Dans le matchmaking habituel d’ARC Raiders, il peut aider, passer son chemin ou ouvrir le feu. Dans le test PvE prévu du 13 au 20 octobre 2026, ses tirs ne pourront pas vous blesser. Je veux pouvoir choisir cette seconde expérience. Je tiens aussi à l’incertitude de la première, suffisamment pour refuser qu’on annonce déjà leur séparation définitive sur la foi d’une semaine d’essai.

Ma position est claire : Embark Studios a raison de tester une file PvE volontaire. Obliger chaque amateur d’exploration et de combat contre les machines ARC à accepter les embuscades humaines serait une conception bien étroite de ce que le jeu peut offrir. Mais le protocole retenu — butin réduit, activités exclues, tailles d’escouade mélangées — impose de regarder précisément ce que cette expérience permettra de conclure.

Une option temporaire, aucune séparation définitive annoncée

Du 13 au 20 octobre, les joueurs pourront activer une option pour rejoindre le matchmaking PvE plutôt que le PvPvE classique. Dans ces sessions, les Raiders ne pourront pas s’infliger de dégâts. Les machines ARC resteront hostiles. Les solos, duos et trios partageront le même bassin de matchmaking, au lieu de disposer de trois files distinctes.

Le choix sera réversible pendant cette fenêtre : on pourra comparer les deux expériences en changeant de matchmaking. Les sessions PvE ne modifieront pas la cote de matchmaking PvPvE. Cette possibilité de circuler entre les règles me paraît essentielle. Je peux vouloir une sortie consacrée aux machines un soir, puis retrouver la menace humaine le lendemain, sans devoir choisir un camp pour toute ma vie de Raider.

Le producteur exécutif Aleksander Grøndal a qualifié une séparation PvE/PvP de « très possible ». Il a également reconnu les difficultés qu’elle poserait à l’équipe. À ce stade, Embark n’a confirmé ni mode PvE permanent, ni calendrier pour une séparation durable, ni forme définitive pour celle-ci. Un filtre de matchmaking et deux expériences entretenues séparément représentent des engagements très différents.

J’apprécie cette retenue. Un studio qui expérimente doit pouvoir conclure que sa première solution fonctionne mal, puis la revoir. Transformer une possibilité évoquée par Grøndal en promesse acquise préparerait surtout une nouvelle dispute autour d’un engagement qu’Embark n’a jamais pris.

Les 37 %, 34 % et 27 % décrivent des comportements

La ventilation communiquée par Embark distingue 37 % de joueurs privilégiant une approche amicale et coopérative, 34 % préférant franchement le PvP et 27 % alternant entre les deux. Ces catégories totalisent 98 % ; la ventilation ne détaille pas les 2 % restants. Surtout, elle ne permet pas d’extrapoler ces proportions à tous les joueurs ni de les traiter comme les résultats d’un référendum sur un mode permanent.

Un joueur amical peut aimer négocier une rencontre justement parce qu’elle pourrait dégénérer. Un amateur de PvP peut souhaiter souffler entre deux sessions tendues. Assimiler automatiquement coopération et demande de suppression du PvP effacerait ce qui rend certaines rencontres intéressantes : chacun choisit son comportement alors que les armes fonctionnent encore.

Screenshot from ARC Raiders
Screenshot from ARC Raiders

Ce sont les 27 % au comportement mixte qui retiennent mon attention. Ils rappellent qu’une préférence dépend aussi du moment, de l’objectif et des partenaires disponibles. Le test devra permettre d’observer ces allers-retours. Compter uniquement les joueurs qui activent le PvE une fois donnerait beaucoup trop de poids à la curiosité du lancement.

Le contenu exclu limite fortement la portée du verdict

Le test laissera de côté les raids nocturnes, le bunker caché, la porte verrouillée et la frégate — les contenus désignés dans le jeu par Night Raids, Hidden Bunker, Locked Gate et Frigate. Les joueurs essaieront donc une portion encadrée d’ARC Raiders sans dégâts entre Raiders.

Cette restriction est compréhensible : Embark veut limiter les perturbations sur l’économie et l’expérience générale. Elle interdit cependant de prétendre que l’essai validera un PvE intégral. La frégate, par exemple, repose sur l’abordage d’un imposant appareil ARC, son sabotage intérieur et une fuite avec du butin. Puisqu’elle est exclue, le test ne dira rien de son fonctionnement sans adversaires humains.

Je refuserai donc deux conclusions faciles. Une bonne fréquentation ne démontrera pas que toutes les activités supportent la disparition du PvP. Une fréquentation décevante ne suffira pas davantage à condamner une formule privée de plusieurs contenus importants. Embark teste un ensemble précis de règles et d’activités ; le verdict devra rester à cette échelle.

Le butin réduit doit être jugé avec les extractions réussies

Les sessions PvE proposeront un butin légèrement réduit pour tenir compte du risque inférieur. Le principe me convient : supprimer les dégâts entre joueurs change les conditions dans lesquelles on rapporte ses ressources. Cela mérite un réglage spécifique, plutôt qu’une équivalence décrétée sans observer les parties.

Mais la valeur affichée du butin ne suffira pas à mesurer le rendement. Si un Raider rapporte moins lors de chaque extraction, mais réussit à extraire plus régulièrement, sa progression sur plusieurs sessions peut rester avantageuse. À l’inverse, une récompense trop diminuée pourrait rendre la coopération agréable tout en donnant l’impression de perdre son temps. Ce sont deux possibilités à mesurer, pas des effets déjà établis.

Embark surveillera l’économie et les temps d’attente pendant l’essai. J’attends surtout une lecture qui relie les ressources récupérées, la fréquence des extractions et le temps réellement consacré à progresser. Le risque serait de régler le PvE comme une punition pour avoir refusé les affrontements humains. Une file officiellement proposée doit conserver des objectifs intéressants.

Screenshot from ARC Raiders
Screenshot from ARC Raiders

Avant d’activer le PvE, il faut savoir quelle expérience on cherche

Pour qui veut explorer, combattre les ARC et extraire sans subir les tirs d’un autre Raider, le test répond directement à cette attente. Il faut néanmoins accepter le contenu restreint, les récompenses réduites et le mélange des solos, duos et trios. Un joueur seul pourra partager sa session avec des groupes plus nombreux ; l’absence de dégâts entre Raiders ne garantit pas une contribution équivalente de chacun aux affrontements contre les machines.

À l’inverse, ceux qui aiment lire les intentions d’un inconnu ou décider s’ils prennent le risque d’approcher un autre groupe perdront une composante centrale de leur plaisir dans cette file. Je trouve cet argument sérieux. La tension humaine produit des décisions que des ennemis contrôlés par le jeu ne reproduisent pas automatiquement. Le PvE devra trouver son propre rythme, avec des combats et des objectifs capables de soutenir l’intérêt.

Pour juger l’essai, je regarderais donc d’abord l’envie d’y revenir après la découverte, puis la qualité des affrontements contre les ARC et le rythme de progression. Les temps d’attente des deux files compteront également. Une expérience coopérative séduisante aurait un coût concret si sa fréquentation rendait les sessions PvPvE difficiles à remplir ; rien ne permet encore d’affirmer que cela arrivera.

Je défends le choix, avec une exigence pour les deux files

Mon pari est que l’envie de revenir en PvE après plusieurs sessions sera plus révélatrice que le nombre d’activations du premier jour. La nouveauté attire. Une boucle de jeu assez riche pour donner envie de préparer la prochaine sortie constitue une preuve autrement plus utile. Même alors, une semaine sans plusieurs activités avancées laissera ouverte la question de la progression à long terme.

Je suis favorable à une place durable pour le PvE si cet essai montre qu’il peut entretenir ce désir de jouer. Je refuse l’idée selon laquelle les amateurs de coopération devraient servir de cibles obligatoires pour préserver l’expérience des autres. En revanche, Embark devra aussi protéger ce qui donne envie de rester dans la file PvPvE : des sessions peuplées et cette incertitude particulière lorsqu’un Raider inconnu apparaît.

Le 20 octobre, le studio disposera d’observations sur une coexistence temporaire. Il lui restera à déterminer jusqu’où étendre le choix sans appauvrir l’une des expériences. Je veux pouvoir faire confiance au Raider qui approche parce que les règles me protègent. Je veux aussi conserver la possibilité de lui faire confiance alors qu’elles ne me protègent pas. Toute la difficulté d’ARC Raiders tient désormais dans la place qu’Embark pourra donner à ces deux plaisirs.

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