Sword of the Sea : la glisse méditative signée Giant Squid

Type d’article : Opinion

Lors du Summer Game Fest, j’ai enfin posé les mains sur la démo de Sword of the Sea, ce nouveau projet de Giant Squid qui fait déjà saliver les amateurs d’exploration contemplative. Héritier de Journey par son directeur artistique Matt Nava, le titre promet une aventure de glisse sensorielle au cœur d’un désert mouvant. Retour détaillé sur une expérience aussi apaisante qu’intrigante.

Un héritage contemplatif, une mécanique rafraîchie

Giant Squid s’appuie sur son passé (Abzû, The Pathless) pour revisiter la formule “voyage introspectif”. L’innovation vient de l’Aéroépée : une planche-lame hybride, mi-skate, mi-surf, qui transforme chaque dune en half-pipe naturel. Le studio annonce vouloir “créer une danse avec le décor”, dixit Matt Nava, et la promesse se ressent dès le premier virage. Mais derrière cette fluidité séduisante, la démo soulève des questions sur la durée de l’émerveillement.

Gameplay en détail

La prise en main est quasi immédiate : stick gauche pour orienter la planche, Croix pour les figures, R1 + bouton pour les grabs. Un système volontairement épuré, qui met l’accent sur le flow plutôt que sur la technicité. Dans les zones testées, on alterne phases de glisse pure et petites énigmes environnementales (activation de piliers, déverrouillage d’artéfacts). Le level design propose des chaînes de rail et des tremplins naturels, mais certains segments manquent encore d’inspiration verticale, suscitant un léger sentiment de linéarité entre deux oasis visuelles.

Screenshot from Sword of the Sea
Screenshot from Sword of the Sea

Points forts de la démo

  • Sensations de glisse : la DualSense restitue chaque bosse, chaque changement de pente, avec une précision vibrante.
  • Direction artistique : dunes stylisées, palettes de couleurs chaudes et contrastées, paysages sculpturaux dignes d’une expo d’art contemporain.
  • Ambiance immersive : mélange d’effets sonores organiques et de nappes musicales atmosphériques, entre méditation et tension légère.
  • Accessibilité : prise en main intuitive, sans menus complexes ni tutoriels invasifs.

« Nous voulions que le joueur ressente la vibration du sable sous la lame », explique le compositeur Austin Wintory, qui signe ici une partition à la fois délicate et puissante, oscillant entre mélodies éthérées et percussions minérales.

Aspects à peaufiner

  • Variété des environnements : les zones désertiques se ressemblent parfois, et on attend plus de biomes contrastés.
  • Renouvellement du flow : sans objectifs secondaires forts, le risque de lassitude pointe après quelques heures.
  • Feedback visuel : certains effets de particules sont trop discrets, on aimerait un retour plus flamboyant lors des tricks.

En l’état, la démo offre un sentiment de redondance : la même boucle glisse – activation d’un pilier – survol d’un bassin d’eau, et rebelote. Il faudra étoffer la progression pour maintenir l’envie de repartir à l’assaut de chaque crête.

Screenshot from Sword of the Sea
Screenshot from Sword of the Sea

Ambiance sonore et direction artistique

Giant Squid maîtrise l’art du calme contemplatif. Les compositions rappelant Abzû se mêlent à des textures plus percussives, mais on note un manque de variation thématique entre les phases sable et eau. Les ambiances dynamiques – orage de sable, tunnels souterrains – manquent encore de pièces musicales dédiées, ce qui atténue l’impact émotionnel lors des situations plus dramatiques.

Perspectives et attentes

Au-delà de la simple démo, plusieurs questions restent en suspens : comment seront gérées les zones de “défi” si Giant Squid opte pour plus de gameplay qu’une expérience purement contemplative ? Quel rythme pour la trame narrative, absence ou intégration d’une voix-off poétique ? Et surtout, la structure semi-ouverte suffira-t-elle à nourrir la curiosité lors d’une session solitaire de six à huit heures ? L’éditeur annonce des séquences de surf aquatique plus complexes et des puzzles plus élaborés, mais la version finale devra prouver que le flow ne s’amenuise pas.

Screenshot from Sword of the Sea
Screenshot from Sword of the Sea

Conclusion

Sword of the Sea séduit par son approche sensorielle et sa DA soignée, tout en posant la question de la longévité de son concept. La démo, belle carte de visite, laisse entrevoir un voyage qui peut faire rêver, à condition que Giant Squid multiplie les variations de gameplay et renforce ses moments forts. Pour les amateurs de chill interactif, c’est déjà une promesse enthousiasmante – mais le défi sera de maintenir cette ivresse du sable jusqu’au point d’orgue final.

TL;DR

Sword of the Sea mise sur un surf méditatif et une DA sophistiquée autour de l’Aéroépée. Bravo pour la fluidité et l’ambiance, mais la diversité des zones et la profondeur gameplay restent à confirmer à la sortie, le 19 août sur PC et PS5 (PS Plus Extra/Premium day one).

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