Phantom Breaker BGU : décharge rétro percutante sur PS5

Phantom Breaker: Battle Grounds Ultimate – Mon retour après 8 h à matraquer la manette

Enfant de la grande époque des arcades et de Shenmue, j’attendais Phantom Breaker: Battle Grounds Ultimate (BGU) sur PS5 avec autant d’impatience que de prudence. Successeur/upscaling d’un jeu japonais sorti en 2013 sur PS3 et Steam, ce beat ’em up 2D promet un défouloir pixelisé servi avec des fonctionnalités modernes : multijoueur jusqu’à 4, mode versus déjanté, et quelques ajustements de confort. Après 8 heures de bourrinage intensif, solo et en coop, verdict : efficacité immédiate, mais intérêt limité sur la longueur.

Scénario & Univers

Phantom Breaker BGU ne se prend pas pour un RPG narratif, et c’est tant mieux. L’histoire tient sur un ticket de métro : des lycéens doués de pouvoirs surnaturels doivent faire le ménage dans un Tokyo alternatif infesté de monstres. Les dialogues sont légers, les cutscenes assez rares, et les protagonistes – une poignée de jeunes filles et garçons au chara-design chibi – ont chacun un background digne d’un anime Shônen épique, sans la profondeur. Entre humour pince-sans-rire et clichés « lycée magique », on capte l’essentiel en cinq minutes et on passe directement à l’action. Un bon compromis pour ceux qui veulent du fun sans se taper vingt pages de lore.

Gameplay : l’art du bourrinage accessible

Dès le premier combat, on sent que BGU vise le hit “one more round”. Plus question de se prendre la tête : un bouton pour frapper, un pour sauter, un dash pour enchainer les combos, et une pression prolongée pour la défense automatique. Résultat : en moins de deux minutes, même un néophyte sort un enchaînement à quatre touches, digne d’un Virtua Fighter junior. Et quel plaisir de voir les ennemis voler en éclats quand on libère son super coup ! Seul hic : l’IA manque de répondant, surtout en mode facile ou normal. Je recommande de débloquer le mode « difficile » dès le chapitre 1 pour éviter le syndrome du bouton auto-presseur.

Deux plans de profondeur

Comme dans Guardian Heroes (Saturn) ou Teenage Mutant Ninja Turtles: Turtles in Time (SNES), BGU propose deux plans de combat. Sympa sur le papier, mais vite mis de côté en multijoueur si vous ne voulez pas vous arracher les yeux. En solo, ça permet des esquives à deux vitesses, mais dès que les ennemis se bousculent sur les deux filets, on se concentre plus à bourrer au centre. Utile, mais pas révolutionnaire.

Screenshot from Phantom Breaker: Battle Grounds Ultimate
Screenshot from Phantom Breaker: Battle Grounds Ultimate

Graphismes & Audio

Le pixel-art chibi des personnages est vraiment mignon, avec des animations soignées et des effets de particules typés « cartoon violent ». Chaque protagoniste a son propre style : éclairs bleus, ondes de choc pour les plus costauds, et petits cœurs pour les techniciens du healing. En revanche, les décors manquent parfois de finesse : alternance de couloirs lycéens néon et d’usines abandonnées peu inspirées. On sent qu’une partie de l’équipe est partie en week-end anticipé sur certains maps.

Côté audio, on oscille entre bons jingles rock/électro et bruitages attachants : le « clac » addictif des gemmes ramassées rappelle Mario ou Sonic. Les musiques de boss, quant à elles, démarrent en trombe mais finissent par tourner en boucle. Point fort : tous les bruitages et musiques sont remixés en 2023, avec mixage propre, mais pas de voix doublées dans les cinématiques, juste quelques répliques en japonais sous-titré anglais/français.

Screenshot from Phantom Breaker: Battle Grounds Ultimate
Screenshot from Phantom Breaker: Battle Grounds Ultimate

Technique & Performance

Plateformes : PS5, Xbox Series, Nintendo Switch, PC. Exclusivité : non. Le remaster vise avant tout la fluidité.

  • Framerate : stable à 60 FPS en solo et en duo, peut chuter vers 50 FPS superficiels en coop à 4 sur Switch, sur PS5 aucune altération.
  • Résolution : 1080p (Switch), 4K dynamique sur PS5 et Xbox Series X.
  • Paramètres de difficulté : Facile, Normal, Difficile (recommandé dès la séance 2), Extrême (débloqué après le 1er run).
  • Trophées/Achievements : 43 trophées Playstation (dont 1 platine), succès Steam alignés, objectifs variés (combo à 100 coups, finir en extrême, collecter tous les unlocks).
  • Cross-save et cross-play : non pris en charge, les classes de sauvegarde sont locales.

Ce simple listing souligne l’attention portée à la stabilité technique, sans révolutionner le genre. À noter qu’aucun patch post-lancement n’a été nécessaire pendant mon test de 8 h.

Comparaison avec d’autres beat ’em ups modernes

Sur le marché actuel, Streets of Rage 4 (SOR4) et River City Girls (RCG) servent la barre haute en termes de profondeur de gameplay, richesse des combos et mode histoire étoffé. BGU, lui, mise tout sur l’instantané : pas d’arbre de compétences, pas d’énigmes, juste du carnage en mode arcade. Guardian Heroes Remastered propose quant à lui plus de branching narratives, tandis que SOR4 offre des interactions d’arrière-plan et un expect crescendo musical. BGU compense son absence d’innovation par un charme simpliste et un relief immédiat. Pour les puristes des mécaniques pointues, ça manque de chair dense. Pour les amateurs de défouloir souvenir, c’est un pis-aller régressif efficace.

Screenshot from Phantom Breaker: Battle Grounds Ultimate
Screenshot from Phantom Breaker: Battle Grounds Ultimate

Rejouabilité et contenu bonus

Au-delà du mode histoire (8 chapitres, 2 runs pour débloquer l’extrême), BGU propose :

  • Mode Arcade : enchaînez les stages avec un seul crédit, scoring en ligne.
  • Contre (Versus) : battle lokales jusqu’à 4, où vous pouvez choisir n’importe quel ennemi, voire… une voiture jouable (vrai de vrai), pour des duels surréalistes.
  • Défis quotidiens : missions express (finir un stage en moins de 2 min, combo x50) pour gagner des gemmes spéciales.
  • Galerie : artworks, musiques à débloquer en accumulant des carats.

Ces ajouts prolongent la vie du jeu, mais, comme tout snack rétro, on atteint un palier de redite au bout de 6 à 8 heures si on se cantonne au solo. Par contre, en multijoueur local, la dynamique change : chaque session devient unique grâce à la spontanéité des mauvais sorts entre amis.

Verdict final

Phantom Breaker: Battle Grounds Ultimate est un défouloir pixel retro rodé pour les minis-sessions entre potes. On y retournera pour le vs déjanté et pour placer un combo géant avant que la lassitude ne pointe le bout de son nez. Rien de révolutionnaire, mais un plaisir coupable à consommer par petites doses.

Note finale : 6,5/10

Avantages

  • Gameplay ultra-accessible, prise en main immédiate
  • Mode coop et versus local jusqu’à 4, très fun entre amis
  • Pixel-art chibi et animations dynamiques
  • Framerate stable à 60 FPS sur PS5 et Xbox Series
  • Système de défis et contenu bonus qui prolongent l’expérience
  • Trophées/Achievements variés pour les collectionneurs

Inconvénients

  • Scénario minimaliste, personnages sous-développés
  • Répétitivité marquée en solo au-delà de 6–8 heures
  • Décors parfois peu inspirés, lisibilité limitée à 4 joueurs
  • Manque de profondeur comparé à Streets of Rage 4 ou Guardian Heroes
  • Absence de cross-play et modes en ligne

Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *