Après 20 minutes sur la station lunaire, je décortique l’ambition sci-fi de Pragmata : gameplay haletant, narration énigmatique, design soigné et techno à suivre de près.
Laisse-moi planter le décor en toute franchise : moi, Lan Di (Dam pour les intimes sur FinalBoss), je place régulièrement Capcom sur le podium des studios capables de surprendre. Mais après l’annonce de Pragmata, j’étais partagé entre l’excitation d’une nouvelle IP estampillée E3 et la prudence d’un joueur avisé, lassé des promesses non tenues. Résultat de ma session : vingt minutes plongées dans une station lunaire où chaque couloir fait osciller l’esprit entre émerveillement et crainte d’un plantage interstellaire.
Alors, est-ce un simple feu de paille marketing ou la vraie bombe sci-fi que Capcom nous fait miroiter ? Entre hacking en temps réel, duo attachant et ambiance oppressante, voici mon compte rendu détaillé.
- Immersion visuelle et sonore : une station lunaire sombre, des décors variés au-delà du tutoriel
- Gameplay hybride : action nerveuse, phases de hack sous pression et énigmes verticales
- Évolution de l’équipement : armes modulaires et gadgets qui font sens
- Duo central : Hugh, (ex) astronaute abîmé, et Diana, androïde maline
- Récit et lore : intrigues distillées, besoin de maintenir la curiosité
- Performance & optimisation : premiers retours PC/console, points d’attention
1. Contexte de test et ressentis initiaux
Pour remettre les pendules à l’heure, j’évolue sur PC avec une RTX 3070, écran 1440p, pad Xbox Series branché en filaire pour une expérience TPS aux petits oignons. J’attendais avant tout un souffle narratif, un ovni Capcom loin des zombies et des démons. J’avais maté le trailer en boucle, cherchant le moindre indice façon Kojima. La séquence d’introduction – cet écho lancinant, cette lumière faible – m’a tout de suite rappelé les codes d’un thriller spatial. J’ai donc lancé la démo avec deux options en tête : m’extasier devant une nouvelle pépite ou pester sur un simple skin ’Resident Evil’ à la sauce futuriste.
2. Atmosphère et direction artistique au-delà du premier couloir
Dès les premiers pas, on découvre un couloir métallique baigné de l’hiver sidéral. Mais la démo ne se limite pas à un long tunnel gris : au fil des minutes, on débouche sur plusieurs zones distinctes : laboratoires high-tech, serre hydroponique où flottent des spores luminescentes, et même un quartier d’habitation aux consoles clignotantes. L’équipe artistique jongle habilement entre surfaces usées, câbles enchevêtrés et hologrammes bleutés pour créer une station qui semble vivante.
Jusqu’ici, on a testé une petite moitié de l’aventure – mais je devine déjà que Capcom a prévu d’agrandir le terrain de jeu. Imaginez des salles de contrôle avec leviers à actionner pour rediriger l’énergie, des couloirs inondés de gaz toxique à purifier, et peut-être même un module extérieur avec une vue vertigineuse sur le cratère lunaire. Cette variété visuelle et architecturale promet de rompre avec la monotonie typique des couloirs spatiaux.
3. Duo Hugh & Diana : un tandem qui a du sens
Le cœur de Pragmata repose sur la collaboration entre Hugh, un cosmonaute aux airs fatigués, et Diana, une androïde équipée d’un module de hacking. Dès le réveil, on perçoit la relation électrique entre les deux : Hugh traîne sa blessure, Diana le remet sur pied avec un pragmatisme désarmant. Ce n’est pas un sidekick scripté : elle communique en temps réel, réagit à vos choix et donne l’impression d’avoir sa propre personnalité.

Capcom prend le temps d’ébaucher un petit début de backstory via des holos journaux et quelques échanges vocalisés. J’ai déjà hâte de voir comment leur lien va évoluer quand le récit s’épaissira et que l’on en apprendra plus sur l’origine de Diana. Son traitement rappelle un peu Nier Automata par son ambivalence entre machine et humanité, mais avec une touche plus pragmatique et moins contemplative.
4. Gameplay en visée active et hacking intense
Le point fort tient dans cette synergie entre gunplay et hacking. Pas de séquences calmées : en plein affrontement, Diana projette un petit module sur les machines hostiles, déclenchant un mini-jeu de piratage. Curseurs à placer, cases à éviter, bonus à saisir – tout se fait sans pause, tandis que les robots continuent de vous canarder. C’est brut de décoffrage, et l’adrénaline grimpe instantanément.
Cette pression m’a souvent poussé à improviser. Plutôt que d’attendre un instant tranquille, je tirais à l’aveugle pour gagner un soupçon de répit, laissant Diana faire le sale boulot. Chaque hack réussi crédite un bonus (bouclier, débuff ennemi, surchauffe temporaire), ce qui incite à se risquer encore plus au cœur du combat.
5. Évolution de l’équipement et montée en puissance organique
Capcom ne s’appuie pas sur un loot random : l’arsenal progresse de manière cohérente avec l’histoire. Fusil classique, fusil à onde de choc, arme de stase capable de ralentir un robot… Chaque nouvelle acquisition modifie votre façon d’aborder un secteur. À la démo, j’ai débloqué un module de gravité réduite qui permet à Hugh d’effectuer des sauts plus hauts, ouvrant l’accès à des plateformes secondaires et énigmes verticales.
Tout est géré via un inventaire épuré à la Resident Evil 4, avec un nombre limité d’emplacements. Cette sobriété oblige à faire des choix tactiques : je sacrifiais un boost de vitesse pour embarquer un chargeur supplémentaire ou privilégiais la stase quand je craignais l’overwhelm. L’impression de montée en puissance est ainsi organique et bien dosée.

6. Exploration, énigmes et verticalité
Si la démo se concentre sur 20 premières minutes, on y goûte déjà plusieurs types de gameplay : plateforme, QTE de hack de caméras, Leviers à actionner, couloirs obstrués à franchir en déversant un gaz neutralisant. La verticalité se fait sentir quand il s’agit de passer d’un niveau à l’autre en équilibrant la jauge d’oxygène de Hugh. Je me suis retrouvé à rebrousser chemin, contourner un ventilateur tournoyant ou escalader une grille pour éviter un champ de mines électrifiées.
Ces petites pauses avant le feu d’artifice du combat permettent de varier le rythme, et on ne s’ennuie jamais. J’ai hâte de voir si, au-delà de la station, on explorera des zones extérieures lunaires où le vide cosmique deviendra lui-même un adversaire.
7. Bande-son, sound design et voix
Sur l’aspect sonore, Pragmata frappe fort. Le silence pesant est brisé par un sifflement métallique, le vent résonne dans les conduits, et la musique (signée un compositeur japonais habitué des ambiances électroniques) soulève l’atmosphère quand l’action s’intensifie. Les notes éthérées qui accompagnent l’apparition de Diana sont un vrai régal.
Côté voix, Hugh reste mesuré, mais chaque intonation compte. Diana, quant à elle, est doublée avec suffisamment de nuances pour faire passer son côté robotique et sa malice. Les doublages sont fluides, sans faux-plis, et la spatialisation audio en full surround sur PC (ou Tempest 3D AudioTech sur PS5) renforce la sensation d’être enfermé dans une coque métallique en orbite.
8. Performance et techniques d’optimisation
Sur mes réglages ultra à 1440p, j’ai stabilisé 60 fps sans accroc, que ce soit en extérieur de la station ou dans les zones confinées. Aucune chute notable, très peu de clipping. Capcom utilise un streaming de textures progressif efficace, mais j’ai noté un léger temps de chargement entre deux segments un peu longuet sur SSD SATA. J’aimerais tester ça sur un support NVMe pour valider la fluidité absolue.
La question de la génération console reste ouverte. Si la démo tourna sans heurt sur mon PC, j’imagine que sur Xbox Series X/S et PS5, il faudra choisir entre mode Performance (120 fps) ou mode Qualité (ray-tracing ambitions limitées). Les options DLSS et FSR seront probablement de la partie, et je surveillerai les éventuels problèmes de pops d’assets ou de tearing sur consoles moins puissantes.

9. Points forts, limites et interrogations
Ce qui m’a bluffé : la tension constante du hacking, la complémentarité des deux héros et la promesse d’une progression organique sans artefact de loot inutile. J’ai adoré devoir composer avec mes munitions, jongler entre piratages et tirs, et me sentir constamment sur le fil du rasoir.
Ce qui m’a un peu refroidi : le manque de données sur l’histoire après ces 20 minutes. Les journaux holographiques sont rares, les dialogues d’ambiance presque inexistants. Capcom devra étoffer l’intrigue et donner un peu plus de chair au scénario pour que la curiosité se transforme en passion.
Autre point d’attention : certains segments de piratage m’ont semblé trop punitifs pour un temps d’apprentissage limité. J’espère que le jeu final ajustera la courbe de difficulté ou proposera un calibrage plus progressif avant d’envoyer trois robots en même temps.
10. Verdict de Dam : un 7,5/10 prudent mais optimiste
Après cette mise en bouche, je quitte la démo avec un sentiment mitigé entre l’excitation d’une nouveauté audacieuse et la crainte qu’elle ne s’essouffle à mi-parcours. 7,5/10 pour ce cocktail d’action, d’énigmes et d’atmosphère qui tient ses promesses sur la durée d’un prologue. Si Capcom concrétise ses idées, étoffe le lore et soigne la variété des décors, Pragmata pourrait devenir la référence d’un TPS sci-fi différent, où chaque hack est un pari sur votre sang-froid.
TL;DR en une phrase
Pragmata est un shooter hack’n’run où la tension ne redescend jamais, porté par un duo cosmonaute-androïde et un design soigné, mais l’histoire devra s’étoffer pour confirmer la magie sur la longueur.

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