Difficile de ne pas lever un sourcil d’intérêt quand un nouveau Sonic Racing débarque pile au moment où Mario Kart World fait chauffer les pistes. Surtout quand SEGA annonce du crossplay pour tous, une customisation digne d’un garage de Fast & Furious et même des portails dimensionnels… mais à force d’en rajouter partout, la promesse ne masque-t-elle pas quelques pièges sous le capot ? Plongée à vive allure dans ce Sonic Racing : CrossWorlds qui veut à tout prix bousculer la couronne de Nintendo.
Sonic Racing: CrossWorlds – Multiplateforme, crossplay et Travel Rings : l’alternative survitaminée à Mario Kart ?
- Crossplay pour tous : enfin un Sonic Racing jouable en ligne entre consoles et PC, là où Mario Kart reste cloisonné.
- Mécaniques de course inédites : portails dimensionnels (Travel Rings), trois types de terrains, transformations en temps réel, et gestion de rival.
- Personnalisation ultra-poussée : 45 bolides, de multiples gadgets, customisation visuelle profonde, et stratégie au cœur du build.
- Gare à la surcharge : risques d’overdose visuelle/sonore et d’équilibrage qui pourraient frustrer sur le long terme.
| Feature | Specification |
|---|---|
| Publisher | SEGA |
| Release Date | 2024 |
| Genres | Course arcade, Karting, Multijoueur |
| Platforms | PC, PlayStation 5, Xbox Series X|S, Switch, PS4, Xbox One |
Il y a un parfum de revanche dans l’air : Sonic Racing revient sur la grille à l’heure où Mario campe encore sur son trône de roi du kart. Pour les joueurs n’ayant pas (encore) cédé à la Switch 2 ou cherchant simplement autre chose que la formule nintendienne, c’est une fenêtre de tir qui s’ouvre. SEGA l’a bien compris, et balance la grosse artillerie : crossplay, collaborations à foison (Hatsune Miku, Joker de Persona 5, Ichiban de Like a Dragon) et un véritable terrain de jeu pour bricoleurs de bolides.
Je dois avouer que, dans le genre « kart arcade bourré d’idées », SEGA maîtrise son sujet depuis au moins All-Stars Racing Transformed. Ici, CrossWorlds fait du neuf avec du vieux… mais pas seulement. Entre les circuits découpés en terre, mer et air façon Sonic Transformed, les hoverboards d’Extreme Gear (glorieux clin d’œil à Sonic Riders) et les fameux « Travel Rings », la recette prend des risques. Le plus notable reste ces portails qui changent radicalement le layout du circuit entre les tours, offrant au premier un choix de variante à prendre – tactique, mais aussi générateur potentiel de chaos si mal équilibré.
Customisation à la SEGA : Ce n’est pas juste cosmétique. Terminé le lien perso-véhicule à la Mario, ici chaque pilote peut choisir n’importe lequel des 45 engins (répartis en cinq types). On assemble, on mixe, on chipote chaque pièce pour trafiquer vitesse, drift, accélération, puissance de boost, puis on recouvre le résultat de peintures, d’effets visuels, de stickers et même de klaxons personnalisés. Ça rappelle un peu l’époque d’Initial D (et pour cause : des vétérans de la série sont dans l’équipe), mais sans décalquer le réalisme bagnole – ici on reste dans le pur fun arcade.

Le vrai nerf du jeu, c’est dans la gestion de gadgets : chaque voiture peut embarquer jusqu’à six gadgets actifs et passifs, influant sur le drift, l’aspiration des anneaux, la puissance ou la défense. Tout ça avec une gestion d’espace qui oblige à faire des choix cruciaux selon le circuit ou votre style – et là-dessus, je dis chapeau bas.
Mais attention à ne pas dépasser la dose ! Dès la prise en main, impossible d’ignorer le vacarme visuel et sonore. Portails interdimensionnels, transformations, tempêtes de particules, rival scripté qui hurle et effets de lumière à la chaîne. Plus la voix des Chaos, les dialogues en temps réel, les modificateurs, les items qui pleuvent… Bref, ça pique un peu les yeux et ça agresse les oreilles, au point de redouter de longues sessions. Sur ce point précis, Mario Kart (même dans ses excès) sait rester lisible et fun. Sonic Racing, lui, frôle parfois l’indigestion.

Le cœur : la nervosité du pilotage : Impossible de ne pas sentir la patte Initial D avec un pilotage plus précis que d’habitude. Mais je mets en garde : le pilotage assisté par défaut brime les sensations et rend le drift quasi inutile. Heureusement, débrayez-le pour profiter à fond de la nervosité du jeu, surtout sur les modes de vitesse supérieurs ou le mode Super Sonic (le 200cc maison, que Mario Kart World n’a pas encore). Mention spéciale à la gestion du rival, qui ajoute un enjeu dynamique même si l’IA semble un peu trop scriptée pour le moment.
Sur la promesse de 24 circuits principaux et 15 CrossWorlds inédits, difficile encore de juger la diversité… et l’on sent que le découpage entre portions originales et bouts recyclés peut réserver des surprises — bonnes ou non. Même flou sur la présence de DLC (le roster complet reste à clarifier). Si SEGA cède à la tentation du tout-payant, la communauté risque fort de grincer des dents sur la durée.

Pour les vrais amateurs de kart, une alternative… à maîtriser
Clairement, Sonic Racing : CrossWorlds s’adresse à ceux qui veulent une expérience musclée, customisable, où le skill et la stratégie de build font la différence, tout en gardant la porte ouverte au fun immédiat entre amis (solo, local, en ligne, crossplay garanti). Pour tous ceux qui aiment l’arcade mais trouvent Mario Kart trop sage ou trop familial, c’est un appel du pied évident. À surveiller de près pour juger, sur la durée, de l’équilibrage des objets et de l’impact du paywall potentiel sur la sélection de pilotes.
En bref : un bolide à potentiel, qui devra veiller à ne pas tomber dans le piège du trop-plein et à garder intacte l’intensité de son gameplay — en évitant la loterie frustrante des gadgets et objets trop puissants. Pour SEGA, c’est le moment ou jamais de se rappeler que ce n’est pas la surenchère de features qui fait un bon jeu de kart, mais la lisibilité, la maîtrise et le fun à chaque tour.
TL;DR — Sonic Racing : CrossWorlds, à fond la caisse mais gare à l’excès
- Sonic Racing : CrossWorlds ose beaucoup pour s’imposer face à Mario Kart — crossplay total, customisation folle, circuits transformables.
- Un pilotage arcade pointu (débrayez l’assisté vite !), mais une surcharge visuelle/sonore qui pourrait vite lasser.
- L’équilibrage objets/gadgets : l’inconnue majeure pour la compétitivité en ligne.
- À surveiller pour voir si SEGA tiendra toutes ses promesses sans tomber dans le piège du trop-plein.

Laisser un commentaire