D’habitude, les previews post-Summer Game Fest me laissent un goût fade – trop d’emballement marketing, pas assez de vraies sensations. Mais là, Pragmata de Capcom, que j’avais à moitié rayé de mon radar depuis son tout premier teasing lunaire il y a (déjà !) 5 ans, m’a bien retourné le cerveau. Entre astronautes ébranlés, robots détraqués, puzzles nerveux et hacking en temps réel, je sors de mes vingt minutes manette en main bien plus curieux – et honnêtement, bien plus enthousiaste – que je ne l’aurais cru. Voici ce qui m’a vraiment frappé dans ce premier contact avec le duo Hugh-Diana et leur expédition SF déglinguée.
- Des mécaniques duo innovantes : alternance tir/action et hacking nerveux
- Exploration linéaire mais pleine de petites surprises et collectibles
- L’ambiance SF post-apo signée Capcom : froide mais fascinante
- Diversité d’armes et gadgets, stratégie façon Dead Space
- Une grosse interrogation : le gameplay peut-il se renouveler ?
Premier contact : le choc du duo même en 2024
Dès les premières minutes dans la démo Capcom, j’ai réalisé que Pragmata n’est (peut-être) pas ce jeu anecdotique que la timeline laissait à l’abandon depuis son reveal en 2020. Pour moi, impossible de ne pas repenser à la symbiose Ryo/Hazuki et Shenhua sur le bord des rivières dans Shenmue II : ici, Hugh, l’astronaute pataud mais équipé, et Diana, gamine androïde et crack en hacking, forment une vraie alchimie, non seulement scénaristique (j’attends de voir), mais surtout ludique. Je n’y croyais pas trop, franchement. Un duo, ça sent toujours le scripté. Mais là, la manière dont ce gameplay asymétrique s’entrecroise dans l’action, c’est du pur tactique où chaque erreur ne pardonne pas.
Durant mon run sur PS5 (mes mains moites clutchant le DualSense), chaque affrontement déclenche une montée d’adrénaline : viser un robot barré, caler Diana sur le système, et soudain bam ! le vrai jeu commence – ce fameux mini-jeu de hacking, occupation de la moitié gauche de l’écran, qui t’oblige à résoudre un puzzle pendant que tout continue de tourner autour de toi. Tu sers les dents, parce qu’avoir un cerveau en puzzle, quand des drones veulent te réduire en miettes, c’est pas évident. Créer ton petit chemin bleu/vert sous le stress… c’est franchement malin (et insidieusement punitif : j’ai reset plusieurs fois). La tension n’est jamais gratuite, on la sent dans chaque bout de doigt. J’adore ce feeling-là.
Action, hacking et stress : mon parcours avec Hugh et Diana
Là où j’avais peur d’un jeu de tir basique noyé dans une ambiance SF vue mille fois, Pragmata la joue stratégie nerveuse. Arme principale rechargeable (le pistolet standard : utile mais pas transcendant), mais aussi loot d’armes secondaires limitées (le fusil à pompe, un canon à champs magnétiques – top pour immobiliser une horde cinglée), tout ça rythme les combats. Le hacking, lui, c’est plus qu’un bonus : s’amuser à chopper des items pendant l’exploration pour customiser ses piratages, ça rend chaque escarmouche un poil différente. Quand Diana perce la défense d’un adversaire, ça se sent immédiatement – le passage au DPS (dommages massifs pour les non-initiés) n’a rien de cosmétique.

Un détail qui m’a marqué : la gestion de la mobilité. Hugh est massif, presque lent (c’était flagrant déjà dans Dead Space, dans une autre veine)… mais il compense avec des gadgets de combi bien intégrés. Course, esquive, propulseurs pour atteindre les plateformes ou amortir des chutes impossibles, on n’est jamais complètement statique. J’ai eu le frisson la première fois que j’ai abordé une séquence de plateforme en stressant sur la trajectoire, alors que le HUD m’indiquait clairement la portée du jetpack : c’est simple mais efficace. Là, on sent que Capcom maîtrise, même si on n’est pas dans le grand spectacle d’un AAA occidental surboosté.
Exploration : linéaire, mais vivante
Le mot « linéaire » résonne souvent comme une critique, mais ici, impossible de me plaindre vraiment – du moins sur cette démo. Les niveaux, structurés en couloirs un peu claustros, sont piquetés de chemins de traverse avec leur lot de collectables (données à compiler) et de micro-puzzles. C’est pas du Metroidvania pur jus, ni un Open World en carton. Mais prendre un risque pour dénicher un booster de hack ou une arme rare, ça pousse clairement à fouiller – et ça, c’est ce qui me fait revenir en arrière dans les jeux, à la manière de certains vieux Resident Evil. L’ambiance, froide, métallique, désincarnée façon « Earth abandonnée par l’espèce humaine », m’a rappelé les premiers temps de Nier:Automata ou les ruines froides d’un Halo Reach.

Ce qui marche… et ce qui me laisse dubitatif
- Pour : la dynamique du duo, le stress des puzzles en combat, la composante hack/tactique en vrai temps réel, les pépites d’armes secondaires qui changent la donne, l’ambiance SF « entre deux mondes ».
- Contre : l’inconnue sur la capacité du système de hacking à se renouveler sur la durée : vingt minutes suffisent à être séduit, mais quid sur 10h ? Même crainte côté progression : si le jeu reste trop cloisonné, ça risque de lasser. Enfin, l’histoire ne disait encore rien – et moi, j’ai besoin d’un minimum d’attachement à mes duos pour rester investi… même sur un jeu d’action !
Technique : ce qu’on sent déjà sur PC, PS5, Xbox Series
Pas de test longue durée possible dans cette preview – mais ce que la démo m’a montré : fluidité quasi-constante (aucun drop notable sur PS5), interface claire (le mini-jeu hack ne bouffe pas l’écran), direction artistique cohérente sans chercher le photoréalisme. Ce n’est pas le plus impressionnant techniquement de la gen, mais loin d’être cheap. Grosse ambiance sonore, avec des pas métalliques et des alarmes digitales qui claquent bien dans le casque.
Pour qui ça clique ?
Si tu aimes les jeux d’action où il faut réfléchir à deux temps, ce croisement imprévu de Dead Space (pour le côté tactique et stress) et d’un petit Portal (pour le cerveau et la main qui travaillent ensemble), Pragmata est peut-être ton jeu. Les puristes du shoot pur risquent de pester contre la pause-puzzle en plein combat. Ceux qui veulent juste de la balade risquent de se sentir à l’étroit. Mais honnêtement, les fans de complicités vidéoludiques – les duos à la Ico, Bioshock 1… ou même Shenmue II (cœur sur vous) – peuvent clairement surveiller ça.

Mon verdict d’astronaute : l’OVNI Capcom que je n’attendais plus
Après 20 minutes vissé à la manette, j’ai franchement eu du mal à décrocher. Pragmata mixe tactique et tension, duo improbable et trip SF, là où je n’espérais plus rien. Je suis encore sceptique sur le renouvellement du hacking, un peu inquiet pour la narration (dont je n’ai vu que les miettes), mais j’ai senti un vrai fun naissant dans ce gameplay à deux têtes. À la sortie, tout dépendra de l’intensité du rythme et des surprises sur la longueur. Pour l’instant, je croise les doigts : Capcom tient peut-être son jeu-défouloir malin post-RE, et ça, ça méritait bien cinq ans d’attente.
Bottom Line
S’il garde la tension de la preview et creuse son gameplay duo sans s’essouffler, Pragmata pourrait devenir un must pour ceux qui aiment cogiter pendant qu’ils canardent. Je veux croire à un rebond façon nouveau classique — même si la prudence m’oblige à temporiser juste un peu.
TL;DR
- 20 minutes sur Pragmata : dynamique duo hacking/tir prenante, ambiance post-apo soignée
- Combat tactique qui rappelle Dead Space, mais avec des puzzles de stress
- Exploration linéaire pimentée de collectibles et d’armes variées
- Gros potentiel… si le jeu sait se renouveler sur la durée
- Note prévisionnelle : 8/10 (subjectif, mais je l’assume !)

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