Parfois, suffit un simple trailer pour éveiller l’intérêt. Towa and the Guardians of the Sacred Tree, dévoilé au Summer Game Fest 2025, a immédiatement retenu mon attention. Entre inspiration assumée de Hades et esthétiques puisées dans les mythologies asiatiques, le titre de Brownies Inc. promettait une bouffée d’air frais dans le monde du roguelite. Après plusieurs runs aux Play Days de septembre, j’ai pu juger sur pièces : le potentiel est énorme, mais quelques ajustements clés seront nécessaires avant la sortie.
Contexte développeur et influences
Brownies Inc. n’est pas un studio novice : on leur doit Ever Oasis et Egglia : Legend of the Redcap, deux jeux salués pour leur direction artistique et leur écriture soignée. Avec le soutien de Bandai Namco, Towa vise clairement le haut de gamme. Plutôt que de s’en tenir à une simple copie de l’ADN de Hades, ce roguelite cherche à se distinguer en combinant dual-play et narration plus poussée, dans un univers asiatique riche et dépaysant. Sur le marché saturé par Dead Cells, Rogue Legacy ou Returnal, il doit trouver sa propre voie.
Gameplay : le pari du dual-play
Au cœur de l’expérience, le système de dual-play impose de choisir deux personnages avant chaque run. L’un occupe le rôle de guerrier (épéiste, noble samouraï ou guerrière-carpe comme Nishiki), l’autre celui de support/mage. Chacun dispose de jauges séparées, déclenchant des compétences différentes. En solo, on switch manuellement ; en local, un ami peut prendre le relais en écran partagé. Dans une démo, j’ai repoussé un mini-boss corrompu dans un sanctuaire sous-terrain grâce à un combo “Fatal Blow” de Kagura, suivi d’une roulade de Tsurugi pour esquiver la contre-attaque. Un vrai régal stratégique… quand la transition entre les deux personnages est fluide.

Cependant, certaines enchaînements peinent encore à passer. J’ai noté un bug de hitbox pendant une attaque chargée, où les deux héros se bloquaient mutuellement, provoquant un coup fatal injuste. Espérons que les prochaines mises à jour corrigent ces accrocs, d’autant que les runs plus longues – comparables aux sessions endiablées de Hades ou Dead Cells – exigent une précision chirurgicale.
Visuels : un lavis asiatique revisité
Graphiquement, Towa est un enchantement. Les décors, peints à la main, mêlent lavis japonais et influences chinoises, indiennes ou coréennes. Les panoramas isométriques changent subtilement selon la corruption ambiante : brume de lotus noircis, ruines dorées d’un temple khmer… Par comparaison, même le style crayonné de Cuphead paraît ici plus sobre, mais tout aussi maîtrisé. Les particules magiques scintillent, les arrière-plans respirent la vie et les portraits animés des gardiens dégagent un chara design limpide.

Narration et univers
Au-delà des combats, un hub-village sert de point d’ancrage. Chaque gardien y livre des dialogues et quêtes annexes entre les runs. On découvre Towa, prêtresse de l’Arbre Sacré, aux côtés de Yuna la danseuse de feu ou Kota le moine à la force titanesque. L’écriture rappelle Bastion ou Transistor, où l’on sent le travail de scénariste à chaque réplique. Cette mise en récit s’annonce plus dense que chez d’autres roguelites, souvent limités à un prétexte narratif.
Comparaison avec d’autres roguelites
- Hades : structure “chambre → choix → buffs” très présente, mais Towa ajoute la dimension co-op et un fil rouge plus tangible.
- Dead Cells : rythme frénétique similaire, mais ici chaque run alterne guerrier et support, offrant des pauses stratégiques.
- Returnal : absence de dual-play mais qualité visuelle comparable, avec un soucis du détail dans chaque décor.
- Rogue Legacy : progression plus linéaire chez Towa, mais la variété des huit gardiens rappelle la rejouabilité de Rogue Legacy.
Points à peaufiner
Si la formule séduit, quelques failles persistent :
- Transition entre les personnages : améliorer la réactivité pour éviter les blocages intempestifs.
- Lisibilité en coop : prévoir des options de zoom ou marqueurs pour distinguer guerrier et support dans le feu de l’action.
- Équilibrage des runs : la jauge d’usure de la lame est passionnante, mais exige un tutoriel plus détaillé pour ne pas frustrer les néophytes.
- Accessibilité : ajouter des modes de difficulté ajustables, à l’instar de Hades ou Rogue Legacy 2, pour élargir l’audience.
Ces ajustements seront déterminants : un rogue-like pardonne l’apprentissage, mais un roguelite technique réclame une prise en main immédiate.

Spécifications techniques
| Éditeur | Bandai Namco |
|---|---|
| Développeur | Brownies Inc. |
| Sortie prévue | 19 septembre 2025 |
| Plateformes | PC, PS5, Xbox Series X|S |
| Genres | Roguelite, Action, Narratif |
Verdict
Towa and the Guardians of the Sacred Tree a su capter mon attention grâce à une esthétique soignée, un univers imprégné de mythologies asiatiques et surtout une mécanique dual-play inédite qui renouvelle le genre. Face à des références telles que Hades, Dead Cells ou Returnal, il tient sa propre identité. Reste désormais à Brownies Inc. de corriger les petits accros de fluidité, d’affiner la lisibilité en coop et d’enrichir son tutoriel pour convaincre un public plus large. Si ces promesses sont tenues, Towa pourrait devenir un nouvel incontournable du roguelite moderne.

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