Test Razer Blade 18 (2025) : quasi-PC fixe RTX 5090, écran 18″ dual-mode et autonomie sacrifiée

Trois mois avec le Razer Blade 18 (2025) : vivre avec un « portable » qui ne l’est presque plus

Depuis trois mois, mon bureau ressemble à une LAN party figée dans le temps. Au milieu des manettes, micros et écrans traîne un énorme bloc noir : le Razer Blade 18 (2025), équipé d’un Intel Core Ultra 9 275HX, d’une RTX 5090 Laptop 24 Go et de 64 Go de DDR5-5600. Sur le papier, c’est presque un PC fixe coincé dans un châssis de portable. Dans la vraie vie, c’est surtout un objet qui fait réfléchir à ce qu’on attend d’un « laptop » aujourd’hui.

Je l’ai utilisé comme machine principale : jeu, montage vidéo, écriture, un peu de streaming, et même une tentative un peu folle de le transformer en pseudo-console avec l’« Xbox Full Screen Experience » de Microsoft. Autant dire que j’ai vu le meilleur et le pire de ce Blade 18. Et ce n’est pas un produit simple à recommander, même s’il impressionne presque à chaque allumage.

Design et construction : un tank en aluminium, beau mais pas vraiment mobile

Ma première réaction en sortant le Blade 18 de la boîte : « Ah oui, d’accord ». Le châssis en aluminium anodisé noir est fin pour un 18 pouces, mais surtout très dense. Les 3,2 kg annoncés se sentent immédiatement, et je n’ai jamais eu l’idée suicidaire de le prendre à une main. Ce n’est pas un ultrabook qu’on glisse dans un tote bag, c’est une station de travail qui voyage si on l’y force.

Visuellement, c’est du Razer très maîtrisé : lignes sobres, un seul logo vert rétroéclairé sur le capot, un look presque « pro » quand les LEDs sont éteintes. On est loin des vaisseaux aliens bardés de plastique et d’angles agressifs ; posé sur un bureau de boulot, il ne hurle pas « gamer » à la figure de tout le monde. Tant qu’on ne l’ouvre pas.

Parce qu’une fois le capot relevé, Razer se lâche : clavier RGB touche par touche, petites animations lumineuses à l’allumage, et surtout cette bizarrerie délicieusement inutile sous la machine : une fenêtre RGB qui laisse entrevoir la chambre à vapeur. On voit les ailettes, éclairées comme si c’était un diorama cyberpunk. Est-ce que ça sert à quelque chose ? Non. Est-ce que j’ai passé une bonne minute à la regarder la première fois ? Oui.

Techniquement, Razer indique que cette immense chambre à vapeur couvre environ 57 % de la carte mère pour dissiper la chaleur. Vu ce que je lui ai infligé en jeu et en montage, ce n’est pas du luxe.

Une vraie machine de bureau côté connectique

L’avantage d’un 18 pouces, c’est qu’il y a de la place pour des ports. Et le Blade 18 coche quasi toutes les cases :

  • Côté droit : 1x Thunderbolt 5, 1x HDMI 2.1, 1x USB-A 3.2 Gen 2, 1x lecteur SD UHS-II, 1x Kensington
  • Côté gauche : 1x Ethernet 2,5 Gbps, 2x USB-A 3.2 Gen 2, 1x Thunderbolt 4, 1x combo jack 3,5 mm, le port d’alimentation propriétaire

Brancher un écran externe, une interface audio, une carte SD, une souris filaire et un disque USB sans hub, c’est possible et confortable. Sur mon bureau, je l’ai littéralement utilisé comme tour de PC : un câble HDMI vers mon écran 27″, un câble Ethernet, et c’est parti.

Le revers de la médaille, c’est le bloc d’alimentation de 400 W. Il est énorme. Il pèse presque comme un petit laptop à lui tout seul, et prend une demi-poche de sac à dos. Chaque fois que je devais l’emporter en déplacement, je me faisais la même réflexion : « Ça, clairement, ce n’est pas une machine pensée pour être nomade en permanence ».

Écran dual-mode 18″ : le luxe d’un bureau XXL, sans HDR

Au quotidien, l’écran de 18 pouces en 16:10, c’est ce qui m’a le plus fait oublier le poids et le prix du Blade. Pour écrire cet article, monter une vidéo avec la timeline d’un côté et les fenêtres d’aperçu de l’autre, ou simplement garder Discord, Spotify et un navigateur ouverts sans se marcher dessus, c’est royal.

Le panneau IPS propose deux modes : UHD+ (3840×2400) à 240 Hz, ou FHD+ (1920×1200) à 440 Hz. Sur le papier, c’est le meilleur des deux mondes : définition très fine pour le boulot et les jeux solo, fréquence délirante pour le compétitif. En pratique, mon usage s’est stabilisé à 90 % du temps en UHD+ 240 Hz.

Razer permet de basculer d’un mode à l’autre via son logiciel Synapse. La bascule côté écran est rapide, mais Windows 11 n’aime pas trop le changement brutal de définition : textes minuscules, scaling qui part en vrille, icônes qui rétrécissent. J’ai souvent dû aller tripoter les paramètres d’échelle à la main pour revenir à quelque chose de lisible. Au bout d’un moment, j’ai arrêté d’alterner juste pour éviter ces micro-frictions.

En jeu, le 440 Hz prend son sens sur des titres légers comme Sektori. Voir le compteur de FPS plafonner autour de 240 en FHD, avec une réactivité quasi instantanée, c’est assez jouissif. Mais soyons honnêtes : pour la grande majorité des joueurs, 240 Hz suffisent largement, surtout sur un 18 pouces qu’on ne va pas emmener en LAN d’e-sport chaque week-end.

Ce qui m’a plus embêté, c’est l’absence totale de HDR. Sur une machine à ce prix, ça pique. Les noirs restent corrects pour de l’IPS et les couleurs sont bien calibrées out-of-the-box, mais quand on a goûté aux écrans mini-LED ou OLED sur d’autres 18 pouces, on sent qu’on n’est pas au niveau maximal de contraste possible en 2025.

Clavier, trackpad, audio : un poste de travail où il fait bon taper

Je suis assez difficile sur les claviers de portables, et là-dessus, le Blade 18 m’a franchement surpris. Après quelques jours, j’ai commencé à préférer taper dessus plutôt que sur mon clavier mécanique habituel. Les touches ont 1,5 mm de course, une force d’activation autour de 63 g, et un retour bien net sans être fatigant. On sent que Razer a pensé à ceux qui écrivent autant qu’ils jouent.

Il y a même un pavé numérique, un peu compact mais bienvenu quand on fait de l’Excel ou du montage. Et les petites attentions RGB font leur effet : vague lumineuse au boot, touches de fonction qui s’illuminent quand on maintient Fn ou Shift pour indiquer les raccourcis disponibles… Ce n’est pas juste du clinquant, c’est aussi utile.

Le trackpad, lui, est gigantesque. Il bouffe presque tout le tiers inférieur de la machine. Il est précis, agréable, les gestes multi-doigts répondent parfaitement. En déplacement léger sans souris, je n’ai jamais eu l’impression de me brider. Pour un laptop gaming, c’est rare de pouvoir dire ça sans réserve.

Côté audio, Razer a casé six haut-parleurs, et ça s’entend. Pour regarder une série sur Netflix ou YouTube, je n’ai pas ressenti le besoin de dégainer mon casque systématiquement. Les profils audio dans Synapse (film, jeu, musique) changent vraiment la signature sonore, avec plus ou moins de basses et de clarté. Évidemment, le grave reste limité par la physique, mais pour un portable, c’est largement au-dessus de la moyenne.

Performances : la RTX 5090 Laptop fait fondre les compteurs

Sur la config que j’ai eue en test, on est sur du très lourd :

  • CPU : Intel Core Ultra 9 275HX (24 cœurs, boost jusqu’à 5,4 GHz)
  • GPU : NVIDIA GeForce RTX 5090 Laptop 175 W, 24 Go de GDDR7
  • RAM : 64 Go DDR5-5600
  • Stockage : SSD PCIe Gen4 de 4 To
  • Batterie : 99 Wh

En usage quotidien (Chrome plein d’onglets, Spotify, client mail, un peu de Photoshop), tout reste instantané. Rien de surprenant à ce niveau de specs. Là où ça devient intéressant, c’est quand on commence à combiner montage 4K, export, et jeu en parallèle sur un deuxième bureau Windows. Le Blade 18 encaisse sans sourciller, là où mon PC fixe de deux ans commence à transpirer.

En jeu : Cyberpunk, High on Life 2 et compagnie

Pour voir ce que la RTX 5090 Laptop avait dans le ventre, j’ai d’abord sorti l’artillerie lourde.

Cyberpunk 2077 : en UHD+ 240 Hz, avec ray tracing costaud et les technos NVIDIA activées (upscaling et génération d’images), le benchmark intégré tourne autour de 90 FPS de moyenne. Visuellement, c’est somptueux, et surtout fluide. Sans les options d’upscaling, on tombe bien sûr plus bas, mais le combo 5090 + DLSS reste tellement efficace que je n’ai jamais eu envie de repasser en FHD juste pour gagner des FPS.

High on Life 2 : le FPS barré qui vient de sortir s’est très bien comporté aussi, toutes les options poussées à fond. Là encore, les « fausses images » générées par la techno de NVIDIA ne m’ont jamais sauté aux yeux en jeu ; ce que je ressentais, c’était surtout une fluidité constante.

REANIMAL, avec l’Unreal Engine et ses raffinements type Nanite, tourne autour de 136 FPS avec un rendu propre et une sensation de contrôle très réactive. Rien à signaler, si ce n’est que le Blade 18 semble complètement à l’aise avec ce genre de titre moderne.

Et sur un jeu plus léger comme Sektori, je me suis amusé à voir à quel point je pouvais saturer l’écran. En FHD+ 440 Hz, on flirte avec les 240 FPS constants, et le ressenti est évidemment ultra nerveux. Ce n’est pas ça qui fera de moi un pro, mais c’est satisfaisant.

Températures et bruit : les lois de la physique s’appliquent encore

Avec une telle fiche technique dans un châssis relativement fin, il ne faut pas rêver : quand on lance un gros jeu, les ventilateurs se font entendre. En mode performance, sous Cyberpunk ou High on Life 2, le souffle est bien présent, plus bruyant que beaucoup de 16 pouces, mais sans sifflement aigu. C’est un gros souffle d’air continu.

Le dessus du clavier chauffe sensiblement après une longue session, mais le repose-poignet reste supportable. Sur une table, aucun souci. Sur les genoux, par contre, ce n’est ni confortable ni conseillé, à cause de la taille et de la chaleur combinées.

Autonomie et portabilité : le prix caché de la démesure

Sur le papier, la batterie de 99 Wh, c’est le maximum autorisé dans un avion. Dans la pratique, le Blade 18 n’en tire pas des miracles. En usage léger (navigation web, écriture, un peu de musique, luminosité autour de 60 %), je tournais à environ 2 heures avant que Windows ne commence à paniquer.

En jeu, c’est pire : on tombe très vite, et de toute façon, les performances s’effondrent sans le chargeur, donc je me suis vite résigné à considérer ce laptop comme une machine qui vit sur secteur. Techniquement, on peut le débrancher pour un train ou une réunion, mais ce n’est pas son terrain de jeu naturel.

Ajoutons à ça les 3,2 kg de la machine + le chargeur 400 W gigantesque, et on obtient un combo qui remplace un PC fixe quand on est en déplacement ponctuel (événements, tournages, travail chez quelqu’un), mais sûrement pas un compagnon de sac à dos au quotidien. À chaque fois que je l’ai emporté en ville, je l’ai senti dans les épaules en rentrant.

Mode « console » avec Xbox Full Screen Experience : pas encore ça

Par curiosité, j’ai tenté de transformer le Blade 18 en pseudo-console de salon en installant l’« Xbox Full Screen Experience » de Microsoft, ce shell qui habille Windows façon interface Xbox.

L’idée : brancher le Blade 18 à la TV, poser la machine dans un coin, et lancer les jeux avec une manette, comme une Xbox survitaminée. En pratique, c’est surtout Windows 11 qui m’a rappelé à la réalité : réveil depuis la manette aléatoire, problèmes de sortie de veille, l’interface qui se mélange parfois avec le bureau classique, et quelques comportements étranges quand le laptop était couvercle fermé.

Techniquement, le Blade 18 a largement la puissance pour jouer ce rôle de console haut de gamme. C’est plutôt l’écosystème Windows qui n’est pas encore fluide pour ce type d’usage. Du coup, après plusieurs tentatives frustrantes, je suis revenu à un usage plus classique : bureau Windows, manette branchée, et basta.

Pour qui ce Razer Blade 18 a-t-il du sens ?

Avec un tarif qui commence autour de 3 499 $ et grimpe jusqu’aux environs de 5 199,99 $ pour la configuration testée, le Blade 18 n’essaie même pas de séduire tout le monde. Si le prix te fait lever les yeux au ciel, c’est simple : ce n’est pas pour toi, et ce n’est pas grave.

Concrètement, ce Blade 18 s’adresse à trois profils :

  • Les créateurs de contenu / monteurs qui ont besoin d’une station de travail transportable pour des tournages, des événements ou du travail en itinérance, sans sacrifier la puissance CPU/GPU.
  • Les joueurs qui veulent un setup minimaliste chez eux (un seul appareil, pas de tour) mais qui ont la place sur le bureau pour un 18 pouces et acceptent de vivre branchés au mur.
  • Les power users qui ont le budget et qui aiment l’idée d’avoir une machine « overkill » qui ne dit jamais non, que ce soit pour du jeu, de la VR, du montage ou de la 3D.

Pour un joueur plus classique qui veut un bon équilibre entre puissance, mobilité et autonomie, d’autres 16 ou 18 pouces moins extrêmes feront plus de sens. Après avoir utilisé le Blade 18 au quotidien, revenir sur un laptop plus raisonnable fait paradoxalement du bien au dos… sans donner l’impression de revenir à l’âge de pierre côté FPS.

Verdict : une vitrine technologique brillante, mais déraisonnable

Après trois mois, mon avis sur le Razer Blade 18 (2025) est assez clair : c’est l’une des expériences les plus confortables que j’ai eues sur un PC portable pour jouer et travailler, mais aussi l’une des moins raisonnables dès qu’on parle de budget, de poids et d’autonomie.

Il remplace vraiment un desktop dans 95 % des usages : les jeux tournent à des niveaux qui, il y a encore deux ans, auraient nécessité une grosse tour bien ventilée, le montage vidéo 4K file tout seul, et l’écran 18″ change la manière de travailler au quotidien. Mais on le paie très cher, littéralement et physiquement.

Si je devais le résumer à un ami : c’est un PC fixe haut de gamme déguisé en portable, avec tout ce que ça implique. Génial posé sur un bureau, bien moins convaincant dès qu’il faut le transporter ou l’utiliser loin d’une prise.

Les plus

  • Performances monstrueuses en jeu et en création grâce à la RTX 5090 Laptop et au Core Ultra 9 275HX
  • Écran 18″ 16:10 confortable, dual-mode UHD+ 240 Hz / FHD+ 440 Hz très polyvalent
  • Clavier excellent pour jouer et taper, avec un vrai plaisir d’écriture
  • Trackpad géant et précis, utilisable réellement au quotidien
  • Construction alu sobre et robuste, avec une connectique très complète
  • Audio 6 haut-parleurs au-dessus de la moyenne des laptops gaming

Les moins

  • Poids élevé (3,2 kg) et bloc d’alimentation 400 W gigantesque : portabilité très relative
  • Autonomie faible : environ 2 heures en usage léger, beaucoup moins en jeu
  • Ventilateurs bruyants en charge lourde
  • Pas de HDR sur l’écran, frustrant vu le positionnement tarifaire
  • Changement de mode d’affichage qui perturbe régulièrement le scaling de Windows 11
  • Prix tout simplement stratosphérique

Note finale : 7,5 / 10

TL;DR

Le Razer Blade 18 (2025) est un « portable » qui pense et agit comme un PC fixe. Avec sa RTX 5090 Laptop, son Intel Core Ultra 9 275HX, 64 Go de RAM et un SSD de 4 To, il avale les jeux les plus lourds en UHD et fait tourner le montage vidéo comme si de rien n’était. Le clavier est excellent, l’écran 18″ en 16:10 est un vrai luxe au quotidien, et la finition est irréprochable.

En échange, il faut accepter une autonomie famélique, un poids conséquent, un chargeur énorme et un prix délirant. Pour les créateurs et les joueurs qui veulent une machine unique pour tout faire, posée sur un bureau et occasionnellement transportée, c’est un monstre fascinant. Pour le reste du monde, c’est surtout une belle vitrine de ce que le marché du laptop gaming peut faire aujourd’hui… mais pas forcément ce qu’il doit faire.

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