Wuchang: Fallen Feathers, le nouveau vent du Souls-like chinois
Quand j’ai découvert la dernière bande-annonce de Wuchang: Fallen Feathers au Summer Game Fest, j’ai immédiatement repensé à la claque qu’avait infligée Black Myth: Wukong l’an dernier. À l’époque, l’idée qu’un studio chinois puisse décrocher le Graal du AAA Souls-like nous semblait presque utopique. Deux ans plus tard, chaque annonce d’action-RPG venu de Chine est scrutée à la loupe. Avec Wuchang, on tient peut-être le prochain challenger capable de bousculer les codes d’un genre dominé jusqu’ici par FromSoftware et ses émules japonais.
Contexte du studio Leenzee Games
Avant de s’attaquer à l’envergure d’un projet aussi colossal, il faut prendre la température du studio derrière l’œuvre. Leenzee Games est né en 2018 à Shanghai, d’une équipe de passionnés venus du jeu mobile et de l’animation 3D. Leur premier titre, un action-RPG mobile à la direction artistique soignée, a connu un succès modéré en Chine. Forts de cette expérience, ils ont monté un département cross-plateformes pour imaginer quelque chose de plus ambitieux.
Depuis 2021, Leenzee collabore avec des vétérans de l’industrie, notamment des anciens de Blizzard et d’Ubisoft, pour renforcer son savoir-faire technique et narratif. L’arrivée de 505 Games comme partenaire éditeur a donné au studio les moyens financiers et logistiques pour viser une sortie mondiale. Si Leenzee n’a pas encore le pedigree d’un FromSoftware, ses collaborateurs témoignent d’un sérieux et d’une ambition qui méritent qu’on s’y intéresse de près.
Univers historique et esthétique
La fin de la dynastie Ming, cadre de Wuchang: Fallen Feathers, est une période aussi tourmentée que fascinante. En toile de fond, on retrouve la guerre civile, la corruption de la cour impériale, et l’essor de sectes taoïstes pratiquant rites occultes et nécromancie. Si la dynastie Ming a sombré en 1644, ces dernières années furent emplis de complots, de mutineries et de phénomènes surnaturels, parfaits pour servir de socle à un dark fantasy à la sauce chinoise.
Visuellement, le jeu promet des paysages chargés de brumes, des pagodes en ruine et des forêts hantées où l’on entraperçoit des esprits vengeurs. La bande-annonce dévoile des effets pyrotechniques inspirés des fusées traditionnelles, des invocations de dragons d’ombre et des éclairages mouvants, pour un rendu à mi-chemin entre peinture à l’encre et spectacle pirotechnique. On sent que Leenzee mise sur une identité visuelle forte, loin des sentiers battus du Japon féodal ou de la dark fantasy occidentale archi-rebattue.
Comparaisons avec d’autres Souls-like
Sur le plan du gameplay, Wuchang: Fallen Feathers affiche une nervosité proche de Sekiro: Shadows Die Twice et Lies of P. Les esquives précises, les parades millimétrées et les contre-attaques spectaculaires rappellent les meilleurs combats FromSoftware. Pourtant, Leenzee injecte sa propre patte : combos liés aux atmosphères mystiques, altérations d’état en lien avec les croyances taoïstes et équilibre entre attaques à distance (avec des feux d’artifice modifiés) et mêlées au sabre.
- Black Myth: Wukong a frappé fort sur la mise en scène et le bestiaire tiré du Journey to the West, mais quelques joueurs ont pointé la redondance des combats après quelques heures de jeu.
- Wuchang mise sur des environnements dynamiques, où la météo et le temps influencent certaines rencontres, et où l’on peut déclencher des pièges ancestraux pour surprendre un boss.
- Les animations sont basées sur la capture de mouvements d’arts martiaux traditionnels, ce qui confère aux affrontements une fluidité et une authenticité rarement vues en Souls-like.
Reste à voir si la profondeur de l’armurerie et la diversité des builds tiendront la distance sur la durée de vie annoncée par Leenzee.
Impacts potentiels sur l’industrie
Si Wuchang: Fallen Feathers s’avère à la hauteur de sa bande-annonce, nous pourrions assister à un tournant majeur pour les studios chinois AAA. Après le succès critique et commercial de Black Myth, d’autres équipes devraient oser se lancer dans des projets ambitieux, avec davantage d’investissements internationaux à la clé. L’association avec 505 Games prouve qu’un éditeur occidental peut faire confiance au savoir-faire chinois et faciliter la distribution globale.
Pour les joueurs, cela signifie plus de choix, des univers variés et une concurrence qui pousse les standards toujours plus haut. Les géants japonais comme FromSoftware ou Team Ninja auront désormais plus de challengers à affronter, ce qui ne peut qu’enrichir le paysage vidéoludique. Et côté studios occidentaux, la pression montera également pour innover et proposer des expériences uniques.
Conclusion et perspectives
En somme, Wuchang: Fallen Feathers s’impose déjà comme un titre à surveiller de près. Entre sa direction artistique ambitieuse, son contexte historique rarement exploré et sa promesse de mécaniques de combat maîtrisées, il coche toutes les cases du prochain grand Souls-like. Mais comme toujours, trailers et promesses marketing peuvent dissimuler des lacunes sur le long terme.
Le véritable verdict tombera quand nous aurons la manette en main. Si Leenzee Games réussit à tenir la cadence, à offrir une narration solide et à varier suffisamment les challenges, il pourrait ouvrir la voie à une nouvelle génération de titres AAA sortis de Chine, capables de rivaliser d’égal à égal avec les mastodontes du genre.
TL;DR : Wuchang: Fallen Feathers veut surfer sur la vague des Souls-like chinois après Black Myth: Wukong. Contexte historique inédit (fin Ming), gameplay nerveux et direction artistique spectaculaire devraient faire mouche, à condition que la profondeur et la narration tiennent la distance. Sortie mondiale sur PC, PS5 et Xbox Series en juillet 2025.
Source : 505 Games via GamesPress
Laisser un commentaire