Death Stranding 2 : Kojima vise grand avec du cinéma et de l’anime, mais pas d’adaptation “facile”

Impossible d’ignorer Death Stranding quand on suit l’actualité du jeu vidéo – que l’on ait adoré ou détesté le premier opus, les projets de Kojima Productions suscitent toujours débat. La sortie prochaine de Death Stranding 2: On the Beach aurait suffi à agiter la communauté, mais l’annonce d’un film produit avec A24 et d’un anime officiel prouve que Kojima ne s’arrêtera pas tant qu’il n’aura pas colonisé tous les médias. Mais est-ce vraiment une bonne nouvelle pour les joueurs ?

Death Stranding 2, film A24 et anime : Kojima veut bâtir son univers, pas l’adapter à tout prix

  • Kojima refuse la facilité d’une adaptation classique et préfère explorer de nouveaux formats
  • Un film réalisé par Michael Sarnoski (Sans un bruit : Jour 1) promet une vision cinématographique fidèle… mais pas avant 2027
  • Un anime officiel est en préparation, preuve de la volonté d’élargir l’audience tout en gardant le contrôle créatif
  • Death Stranding 2 promet d’être plus accessible sans sacrifier la patte unique de la franchise
FeatureSpecification
PublisherKojima Productions / Sony Interactive Entertainment
Release Date26 juin 2024 (jeu) / Film attendu en 2027
GenresAction, aventure, science-fiction, walking simulator
PlatformsPS5 (exclusivité pour le jeu)

En tant que joueur qui a suivi la carrière de Kojima depuis les grandes heures de Metal Gear, cette avalanche d’annonces m’a immédiatement intrigué. Pour une fois, il ne s’agit pas juste de capitaliser sur la licence avec un portage PC/Switch ou une adaptation Netflix bâclée. Kojima semble (enfin !) prendre à bras-le-corps la question de l’adaptation en refusant justement… l’adaptation facile.

Death Stranding, avec son gameplay contemplatif et sa narration cryptique, n’a jamais cherché la simplicité ni le consensus. Son univers post-apo, où chaque livraison pèse aussi lourd que les métaphores de Kojima, divisait déjà en 2019. Mais force est de constater que cette “expérience” a trouvé son public – preuve que le jeu vidéo reste le meilleur média pour transmettre l’étrangeté de Death Stranding.

Pourquoi alors transposer cet univers ailleurs ? C’est là que Kojima sort du lot. Au lieu de céder à la mode du “tout en série TV”, il prépare un film avec A24 (un studio respecté pour ses choix artistiques) et confie la réalisation à Michael Sarnoski, connu pour “Sans un bruit : Jour 1”. Un choix qui suggère une vision plus audacieuse qu’un simple produit dérivé. L’objectif est clair : explorer en profondeur des pans de lore peu exploités dans le jeu. Kojima veut toucher le public ciné sans trahir la matière première – un pari risqué mais excitant.

L’anime, lui, ouvre la porte à une toute autre forme de narration. On ignore encore le studio, la forme exacte ou même le ton retenu, mais annoncer aussi tôt la mise en chantier d’une série animée, c’est envoyer un signal fort : Death Stranding n’est pas une licence jetable. Ce qui me rassure ? Kojima reste omniprésent aux commandes, contrairement à tant d’autres adaptations qui fuient l’implication du créateur original.

Du côté de Death Stranding 2, annoncé comme “plus accessible”, je reste prudent. La force du premier épisode était justement de ne ressembler à rien d’autre sur le marché : un gameplay de livraison qui rend chaque pas angoissant, des enjeux absurdes mais captivants, et une cohérence artistique rare. Le risque, à vouloir plaire à tous, serait d’édulcorer ce qui fait l’âme du jeu. Mais connaissant Kojima, il y a fort à parier qu’il préférera dérouter encore une fois plutôt que de céder à la facilité. On attend tout de même de voir si cette accessibilité ne rime pas avec banalisation.

Ce qui est frappant, c’est que ces projets cross-médias arrivent alors que l’industrie multiplie les adaptations (souvent médiocres) et que le public devient méfiant. Kojima, en grand malade du storytelling qu’on aime ou qu’on déteste, semble avoir compris que l’essentiel est de garder le contrôle créatif. C’est à la fois rassurant et inquiétant : s’il réussit son pari, Death Stranding pourrait montrer la voie à d’autres licences. Mais si le film, l’anime ou même le jeu déçoivent, c’est tout l’édifice qui pourrait vaciller.

Pourquoi les joueurs devraient s’y intéresser (ou pas)

Pour les fans du premier opus, c’est l’assurance de retrouver un univers dense qui continue de s’étendre – pas juste en longueur, mais en profondeur. Ceux qui attendaient une adaptation “à la The Witcher” devront faire avec l’approche radicale de Kojima. Pour les sceptiques, ce grand écart entre média risque de sonner comme une fuite en avant. Mais pour la majorité, c’est l’occasion d’observer comment un créateur culte navigue entre les formats sans (encore) trahir son jeu.

TL;DR : Death Stranding n’est pas prêt à rentrer dans le moule

Kojima mise sur un film d’auteur et un anime pour développer l’univers Death Stranding, sans chercher l’adaptation paresseuse. Death Stranding 2 promet plus d’accessibilité mais reste un pari artistique. Pour les joueurs, c’est la chance de voir une franchise prendre des risques là où tant d’autres se contentent d’exploiter. Reste à voir si la magie opère encore… ou si l’ambition démesurée de Kojima ne finit pas par l’emporter sur le plaisir de jouer.

Source: Kojima Productions / Sony Interactive Entertainment via GamesPress

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