F1 25 sur PC et PS5 – Mon expérience après 30 heures : carrière étoffée, gameplay trop sage ?

Je dois l’avouer, chaque année je me dis “cette fois, j’attends que la saga F1 évolue vraiment avant de replonger”. Mais voilà, le combo anniversaire de la Formule 1 et la promesse d’un mode Carrière revisité a eu raison de ma résolution : j’ai craqué pour F1 25 sur PC et PS5. Après plus de 30 heures de jeu (principalement sur PC avec un T300RS et quelques sessions canap’ sur PS5 pour comparer), je peux enfin vous raconter, sans filtre, ce que ça donne vraiment manette ou volant en main.

Points clés à retenir de mon expérience F1 25

  • Le mode Carrière fait un vrai bond en profondeur, surtout pour les gestionnaires dans l’âme
  • Point de Rupture 3 remet du piquant narratif, même si la formule commence à ronronner
  • Peu de nouveautés côté pilotage pur et sensations, surtout pour les vieux de la vieille
  • Accessibilité exemplaire, mais frustration pour les puristes du volant
  • L’intégration du futur film Apple TV+ est amusante mais superficielle… pour l’instant
  • Pas de vrai gap graphique, malgré quelques détails immersifs sympas

Premier contact : entre excitation et scepticisme

Je me suis lancé dans F1 25 avec un mélange d’espoir (en vrai, j’attendais beaucoup du nouveau mode Carrière) et de crainte de retrouver ce syndrome du “patch annuel” à la EA Sports. Premier lancement, je remarque tout de suite la présentation léchée – menus clairs, musique sous licence, ambiance paddock… mais, honnêtement, c’est le genre de polish cosmétique auquel Codemasters nous a habitués depuis F1 2021.

Ce qui m’a frappé tout de suite, c’est la mise en avant du mode “Point de Rupture” (Breaking Point). J’avais bien aimé le côté soap opéra des précédents volets – c’est un bon guilty pleasure, même si ça vire un peu cliché. Là, on retrouve les têtes connues (Devon Butler, Ackermann, Callie Mayer et Aiden Jackson) avec le choix, dès le départ, de quel pilote incarner. Petit plus : ça change, enfin, la perspective de l’histoire. J’y reviendrai…

Mode Carrière : la (vraie) star de F1 25 ?

Après une première soirée à explorer les menus et faire une ou deux courses d’essai, j’ai plongé dans la Carrière. Je suis ce genre de joueur qui adore la gestion aussi bien que la piste, genre à passer trop de temps sur les arbres de recherche plutôt que sur l’asphalte, donc la promesse d’un mode “propriétaire” enrichi m’intriguait beaucoup.

Cette fois, on sent que Codemasters a bossé : planification affinée, gestion RH plus poussée, choix d’activités qui impactent vraiment la progression de l’écurie. J’ai passé de longues minutes à optimiser mon planning : envoyer mes deux pilotes à des événements promo pour booster les finances, puis investir dans la formation du staff pour gagner ces fameux points de ressource. Le nouvel arbre de compétences façon RPG pour le proprio – franchement, c’est addictif. À chaque point gagné, je me surprenais à hésiter entre améliorer le relationnel ou booster la R&D. C’est le genre de micro-management que j’aurais adoré avoir sur Football Manager si la F1 m’avait recruté à la place !

Mais ce qui m’a aussi amusé, c’est de devoir gérer les égos de mes pilotes titulaires. Premier clash dans ma partie : Aiden Jackson en mode diva après une victoire chanceuse à Montréal, qui commence à faire de l’ombre à Callie Mayer. J’ai hésité : le rappeler à l’ordre, le féliciter, ou l’ignorer pour voir si ça s’envenime ? Ce genre de petite mécanique narrative pimente quand même bien la sauce, même si ça reste gentiment scripté.

En revanche, en mode “Carrière pilote”, rien de bien neuf depuis deux éditions. La F2 est toujours une option sympa pour débuter, mais le reste, c’est du déjà-vu. Je me suis vite remis à manager l’écurie, c’est là que F1 25 tire son épingle du jeu pour moi.

Point de Rupture 3 : le drama calibré pour fans de Netflix

Franchement, même si ça reste un fil rouge secondaire, je ne peux pas nier avoir enchaîné les premiers chapitres de Breaking Point avec un petit plaisir coupable. C’est du Drive to Survive à la sauce Codemasters, avec des séquences scriptées, des objectifs de course taillés pour le spectacle (“ramène la voiture dans les points malgré une crevaison”, “bats ton rival sous la pluie à Spa”).

J’ai aimé que le choix du pilote modifie les scènes et les réactions du paddock, même si on sent rapidement où ça veut nous emmener. En revanche, les dialogues sont parfois tellement surjoués que j’en ai rigolé tout seul devant l’écran (“Tu crois vraiment pouvoir battre Devon Butler ? Pfff…”). Mais entre deux séances gestion, ça fait le job pour relancer l’intérêt. Honnêtement, si ce mode disparaissait, je trouverais la série bien terne. Les persos sont caricaturaux, mais au moins, ça donne une âme à la licence.

Un gameplay qui ronronne (trop) : ni révolution ni déception

Là, c’est LE point qui m’a laissé sur ma faim. Alors oui, pour quelqu’un qui débarque, F1 25 se prend en main en douceur. L’accessibilité est vraiment au top : aides paramétrables, interface claire, retours haptiques sur la DualSense bluffants (sur PS5), et tout un tas de réglages pour moduler la difficulté.

Mais après des dizaines d’heures sur F1 22 et F1 24, je m’attendais à sentir un vrai changement dans le ressenti au volant. Or, malgré les promesses de Codemasters sur la physique revue, je n’ai pas ressenti une différence marquée. Les suspensions, le freinage, la gestion de l’ERS… tout ça est cohérent, mais je n’ai jamais eu ce petit frisson que j’attends d’une “nouvelle” simulation. Les sensations sont bonnes, parfois un peu trop sages – j’aurais aimé des monoplaces plus nerveuses, moins prévisibles, surtout sous la pluie ou en sortie d’épingle.

J’ai testé différentes configurations : manette, volant, différents niveaux d’aides. Verdict ? C’est fun, mais les puristes resteront un peu sur leur faim. Pour tout dire, je me suis surpris à repasser sur Assetto Corsa Competizione en plein week-end de F1 pour retrouver ce côté “tu ne maîtrises rien tant que tu n’as pas tout compris”. Ici, on est plus dans le confort que dans la sueur froide.

Les “petites” nouveautés : circuits inversés, F1 Zone et film Apple

Question contenu, ce n’est pas la révolution mais quelques ajouts font plaisir. Les circuits en sens inversé (Silverstone, Spielberg, Zandvoort) sont une bonne idée pour casser la routine, même si clairement, ça sent la feature “pour meubler” faute de nouveaux tracés cette année.

La F1 Zone m’a laissé perplexe. C’est cool d’avoir un hub communautaire pour fans hardcore (défis, sondages, événements autour des pilotes). Mais, honnêtement, je n’y ai pas passé beaucoup de temps – c’est plus un bonus social qu’un vrai mode de jeu. Le mode F1 World reste pratique pour enchaîner les Grand Prix ou tenter le online, mais là aussi, rien de fondamentalement neuf.

Enfin, l’intégration de la promo pour le film Apple TV+ m’a surtout fait sourire. Les persos modélisés sont crédibles, mais ça reste du bonus cosmétique pour l’instant. À voir si une vraie collaboration débouche sur du contenu scénarisé plus travaillé avec la sortie du film.

Technique et immersion : joli propre, mais pas ébouriffant

Niveau graphismes, je n’ai pas eu de vraie claque. Sur PC, tout à fond (RTX 4070, 1440p), c’est propre et fluide, mais le gap avec F1 24 est mince. Quelques détails font mouche – la poussière sur la visière, les reflets, les stands bien vivants – mais c’est du fignolage plus que de la vraie next-gen. Sur PS5, c’est solide en 60 FPS, mais j’ai repéré quelques textures un peu à la traîne dans les stands et sur certains circuits secondaires.

Point positif : la modélisation des circuits (surtout ceux avec données LIDAR comme Bahreïn ou Suzuka) est bluffante de fidélité. Les bruits moteurs, les radios d’ingé, l’ambiance paddock – tout ça contribue à l’immersion quand on joue au casque, mais rien de vraiment “wow” non plus. J’aurais aimé un mode photo plus poussé ou un replay plus cinématographique, mais là encore, on sent que ce n’est pas la priorité.

Pour qui ? Le verdict du paddock FinalBoss

Si vous découvrez la F1 en jeu vidéo ou que vous n’avez pas touché à la licence depuis quelques années, F1 25 est un excellent point d’entrée. Accessible, riche en contenu, modes variés… on ne s’ennuie pas, et le mode Carrière offre une vraie profondeur de jeu.

Mais pour les vieux briscards du pad ou du volant (coucou les joueurs de rFactor ou iRacing qui veulent de la pure simulation), l’absence de vraie refonte du gameplay et des sensations risque de frustrer. Disons que si vous jouez surtout pour le pilotage pur et l’adrénaline, F1 25 ne sera pas le shoot de dopamine attendu. Par contre, si la gestion, l’ambiance paddock et les petits dramas à la Netflix vous parlent, c’est clairement un cru plus inspiré que F1 24.

Le mot de la fin : solide, mais vivement l’an prochain pour une vraie révolution

Je me suis pris au jeu, surtout grâce au mode Carrière enrichi et à Breaking Point 3. J’ai pesté parfois devant le manque de prise de risques sur la physique et les graphismes, mais je ne regrette pas mes heures passées à manœuvrer entre développement du staff, égos de pilotes et objectifs économiques. Pour moi, F1 25 c’est un bon millésime, mais pas la révolution que j’espérais. On sent que Codemasters garde ses vraies cartouches pour l’an prochain… ou un reboot total ?

TL;DR : F1 25 en bref selon Dam

  • Mode Carrière enfin profond et prenant – la vraie star du jeu
  • Gameplay accessible et propre, mais trop sage pour les puristes
  • Point de Rupture 3 remet du fun dans la série
  • Peu de nouveautés vraiment marquantes côté circuits et technique
  • Parfait pour les nouveaux venus et les gestionnaires en herbe, moins pour les accros de la simu pure

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