Fast Fusion sur Switch 2 : l’adrénaline futuriste accessible

Mon rapport avec les jeux de course futuristes, c’est un peu comme avec le tofu dans Shenmue : on croit avoir tout goûté, puis un petit twist vient réanimer la flamme. Fast Fusion, le nouveau bébé de Shin’en sur Switch 2, est à la fois un hommage à F-Zero et une promesse de sensations pures. Après des années à scruter le moindre indice d’un retour de la saga mythique et à enchaîner Fast RMX sur Nintendo Switch, j’ai pris le volant avec la même excitation qu’un pilote découvrant un circuit secret. Voici mon verdict, milliseconde après milliseconde.

Points clés avant de démarrer

  • Prix attractif (15 €) pour une expérience arcade exigeante et nerveuse.
  • 12 circuits, maniabilité fusionnée (switch de couleur + turbo + saut), exigeant mais gratifiant.
  • Pas de campagne narrative : le solo se limite à une progression par rangs et médailles.
  • Modes chronométrés (Super Héro) et défis quotidiens pour pimenter le grind.
  • Technique docké solide (4K, 60 fps stable en mode Performance), version portable en 1080p variable.
  • Customisation limitée (210 fusions théoriques mais peu de réglages fins), DLC gratuits et nouveaux circuits annoncés.
  • Multijoueur local 4 joueurs, pas de matchmaking en ligne ni de récompenses dédiées… pour l’instant.

1. Gameplay Mechanics

Fast Fusion repose sur un triptyque de commandes : le switch de couleur, le boost manuel et le saut en plein vol. Héritées de Fast RMX et saupoudrées d’éléments de F-Zero GX, ces mécaniques exigent une coordination quasi musicale. Sur les pads boost (orange ou bleu), il faut alterner la couleur de votre vaisseau pour profiter du turbo, tout en réservant suffisamment de gauge pour déclencher un jump qui peut débloquer des raccourcis vertigineux.

À la manière du Super FX de F-Zero sur SNES, on ressent immédiatement la poussée d’adrénaline à chaque accélération. Mais Fast Fusion ne vous pardonne rien : rater un switch ou un jump, c’est le saut direct dans le décor. À mon premier tour sur le circuit Nebula Circuit (inspiré par la section “Big Blue” de F-Zero X), j’ai multiplié les erreurs jusqu’à apprécier la courbe d’apprentissage. Dès que vous enchaînerez un double boost + salto sur la rampe finale, vous comprendrez l’ivresse de la vitesse pure.

Comparaison avec F-Zero GX et Fast RMX

F-Zero GX, avec ses heures de practice mode et ses courses en coop, misait sur une difficulté punitive et une customisation poussée (moteurs, boucliers, poids). Fast RMX copiait la formule sur Switch, avec un frame rate à 60 fps presque immuable. Fast Fusion se situe entre les deux : la difficulté est progressive, moins sadique que GX, plus technique que RMX, mais avec moins de réglages. Les combos boost + jump rappellent GX, tandis que la fluidité et la propreté des tracés font écho à RMX.

2. Single-Player Campaign

Contrairement à un F-Zero X ou GX qui propose un mode histoire découpé en coupes et scénarios, Fast Fusion se contente d’une Progression par Rang. Vous accumulez des médailles (bronze, argent, or) sur chaque piste. Atteindre un certain quota débloque les suivants rangs et de nouvelles couleurs de vaisseaux. Le jeu intègre aussi des Défis Hebdomadaires : finir un combo spécifique, réaliser un certain temps ou enchaîner sans subir de collision.

Moins immersif qu’une campagne narrative, ce système mise tout sur la rejouabilité et le challenge. À titre de comparaison, dans F-Zero X, la variété des coupes et le mode Grand Prix donnaient un vrai fil rouge, tandis que Fast Fusion vous laisse seul face aux chronos et aux grades. Pour les puristes, c’est un arbitrage : plus de liberté d’exploration, mais l’absence d’une trame se fait sentir passé quinze heures de grind.

Screenshot from Fast Fusion
Screenshot from Fast Fusion

3. Technical Performance

Shin’en est réputé pour ses prouesses techniques (voir les jeux Nano Assault et FAST Racing). Ici, en mode Performance docké, la Switch 2 affiche du 4K checkerboard à 60 fps quasi stable. Les circuits sont détaillés, les effets de particules (étincelles sur boost, traînées de néon) sont soignés, et les textures lèvent clairement le vent de la Next Gen. Les load times entre les courses tournent autour de 4 à 5 secondes, excellent pour un jeu d’arcade.

En mode Qualité (résolution native 4K, ombres dynamiques à fond), le framerate chute à 30 fps bloqués. Si vous venez de Fast RMX, la différence se ressent : l’input lag augmente légèrement, et la sensation de glisse perd un peu en réactivité. En portable, la console monte à du 1080p en docked-screen sans docké, mais avec des chutes à 45–50 fps lors d’effets visuels intenses. Les tests sur plusieurs runs montrent une variation de ±10 fps, ce qui n’est pas dramatique mais perceptible pour les habitués des 60 fps purs.

Son et mixage

La bande-son électronique lorgne du côté de Wipeout et F-Zero : deep-tech, électro-house, synthwave. La piste “Orbital Rush” m’a rappelé le remix de “Mute City” sur F-Zero GX. Si le mastering est globalement propre, j’ai dû pousser le volume sur ma barre de son pour ressentir les basses. Le mixage privilégie les effets moteur et le tunnel sonore du boost, mais les voix UI et les jingles de médailles manquent parfois de présence. Les menus, clairs mais minimalistes, auraient mérité un peu plus de personnalité sonore pour briser la monotonie entre deux courses.

Screenshot from Fast Fusion
Screenshot from Fast Fusion

4. Multiplayer Experience

Fast Fusion propose jusqu’à 4 joueurs en local split-screen ou en GameShare (chaque joueur avec sa console, mais sans matchmaking en ligne dédié). C’est un plaisir de s’affronter sur le canapé : rivaliser dans l’arène du Circuit Vertigo ou relancer un combat acharné sur Gravity Loop. Les options Turbo Match et Défi Chrono coop sont de la partie, mais limitées.

En ligne, pas de lobby automatique ni de remontée de classement mondial intégrée : c’est dommage quand on vient de Fast RMX et de ses leaderboards. J’ai testé une session GameShare à distance, et entre la latence et les désynchros, l’expérience était aux fraises. Un patch pour ajouter du matchmaking ou des défis asynchrones (like daily ghost runs) serait le bienvenu pour prolonger la vie du multi sans voisin de palier.

5. Content Longevity & Upcoming DLC

Avec 12 circuits et 30 vaisseaux de base, Fast Fusion offre une trentaine d’heures de défi pur pour viser les médailles d’or. Le système de fusion (210 combinaisons théoriques) pousse à re-tester chaque piste avec un build différent, mais faute de tuning moteur et de customisation visuelle, on se contente souvent de deux ou trois setups incontournables.

Shin’en a déjà promis 4 DLC gratuits : 6 nouveaux circuits, 10 vaisseaux inédits et un mode “Contre-la-Montre mondial” avec classement en ligne. Si chaque pack suit le même modèle que Fast RMX (lancement d’un DLC tous les trois mois), on peut espérer un total de 36 pistes d’ici fin 2024. Cela rallongera considérablement la durée de vie, surtout si le studio ajoute enfin un vrai leaderboard en ligne et des skins de vaisseaux à gagner.

Screenshot from Fast Fusion
Screenshot from Fast Fusion

Dans l’état, les objectifs quotidiens, le mode Super Héro et les Épreuves Extrêmes (mode Hardcore sans respawn) assurent déjà un fun prolongé. Mais un zeste de storytelling, quelques cinématiques et une campagne scénarisée auraient été la cerise sur le gâteau. Les promesses de Shin’en sont solides (voir l’évolution de Nano Assault après lancement), alors reste à voir si Fast Fusion passera de simple pépite arcade à référence Switch 2.

Conclusion

Fast Fusion est une décharge d’adrénaline pour tout amateur de pilotage futuriste. Ses mécaniques de switch-boost-jump sont exigeantes, son rythme est frénétique, et le frame rate docké est magnifique. Cependant, le manque de campagne narrative, une customisation trop « light » et l’absence de matchmaking en ligne dès la sortie limitent son potentiel. Si vous cherchez un jeu arcade au skill pur, pas cher et régulièrement enrichi, Fast Fusion mérite votre attention. Pour les collectionneurs de modes solo étoffés et les compétiteurs en ligne, un peu de patience pour les mises à jour s’impose.

Verdict

Note finale : 8/10. Un condensé de sensations à petit prix, frustrant parfois par son manque d’ambition, mais indispensable pour les fans de Futuristic Racing.

À acheter si : Vous visez la précision millimétrée et les défis chronométrés.
À éviter si : Vous voulez une campagne scénarisée, du tuning poussé ou un multijoueur en ligne complet.

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