Ce qui a retenu mon attention dans cette annonce, c’est à quel point l’industrie du jeu vidéo peut être impitoyable quand il s’agit d’intégrer des studios talentueux dans des stratégies d’entreprise qui changent au gré du vent. Echtra Games, fondé par Max Schaefer (co-créateur de Diablo et Torchlight), semblait avoir tout pour réussir. Pourtant, quatre ans après son rachat par Zynga, le studio ferme ses portes, victime d’une ambition mal calibrée de diversification vers le PC et les consoles. Une histoire tristement banale mais révélatrice de la difficulté pour les géants du mobile à s’installer sur d’autres terrains de jeu.
Fermeture d’Echtra Games : un rachat de Zynga qui tourne court
- L’aventure d’Echtra sous Zynga n’aura duré que quatre ans, soldée par un échec sans appel à s’imposer sur PC/console.
- Le studio n’a jamais pu capitaliser sur son expertise avec Torchlight, ni sur la licence Star Wars Hunters, rapidement avortée.
- Cet épisode souligne le fossé qui sépare les stratégies mobiles des exigences du marché PC/console.
- La franchise Torchlight semble désormais en sommeil pour une durée indéfinie.
| Feature | Specification |
|---|---|
| Publisher | Zynga |
| Release Date | Studio fermé en 2024 (acquisition en 2021) |
| Genres | Action-RPG (Torchlight 3), Arena Shooter (Star Wars Hunters) |
| Platforms | PC, consoles, mobile (Star Wars Hunters) |
L’annonce de la fermeture d’Echtra Games m’a tout de suite rappelé d’autres rachats ratés où le géant acquiert un studio pour son « know-how »… puis échoue à l’intégrer à sa vision. On se souvient du Torchlight 3 qui, malgré un ADN de hack’n’slash solide signé par des vétérans du genre, s’est pris les pieds dans le tapis en voulant réinventer la roue (le projet devait être un MMO, rebaptisé in extremis). Quand Zynga a mis la main sur Echtra en 2021, on y a vu un signal : le spécialiste du jeu mobile voulait prendre pied sur PC et console, histoire de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.
Mais voilà, les ambitions ne suffisent pas quand la culture d’entreprise et l’expertise produit ne matchent pas. Star Wars Hunters, censé être le porte-étendard de cette diversification, a fait pschitt. À peine lancé, déjà rangé aux oubliettes, preuve que la force d’une licence ne garantit rien face à un marché impitoyable où la concurrence est rude (coucou Overwatch, Apex Legends…). Ce n’est pas un hasard si Zynga explique aujourd’hui vouloir « réorienter ses ressources et priorités stratégiques », autrement dit, se recentrer sur ce qu’il sait faire : le mobile. Une décision qui laisse sur le carreau les équipes d’Echtra, mais aussi les fans d’ARPG qui, comme moi, espéraient un retour de flamme pour Torchlight.
Ce qui m’interpelle, c’est qu’Echtra n’a jamais pu vraiment exprimer son potentiel sous la bannière Zynga. Le studio aurait sans doute pu rebondir avec un projet plus fidèle à son ADN, mais le timing et les exigences du marché n’ont jamais permis de retrouver la magie des premiers Torchlight. C’est un cas d’école : vouloir s’offrir du talent, c’est bien, mais sans une vision claire et adaptée au marché ciblé, on grille du cash et des carrières pour rien.
Pour les joueurs, ça signifie surtout qu’on ne reverra sans doute pas Torchlight de sitôt – une série pourtant appréciée pour son accessibilité et sa touche « no bullshit » face aux mastodontes du genre. L’échec de Star Wars Hunters rappelle aussi que les licences, même prestigieuses, ne suffisent pas à faire d’un projet un succès. Il faut une vraie alchimie, et surtout une compréhension aiguë des attentes des joueurs sur chaque plateforme. Ce genre de naufrage industriel n’est jamais réjouissant, mais il rappelle une chose : la créativité et l’ancrage communautaire ne s’achètent pas à coups de millions.
À l’heure où les rachats et fermetures de studios s’accélèrent, difficile de ne pas être un brin fataliste sur l’avenir de certains studios rachetés pour « diversification », puis sacrifiés sans états d’âme. Pour les fans de Torchlight ou d’ARPG old-school, il ne reste qu’à espérer qu’un jour, la licence trouvera le bon foyer. En attendant, le sort d’Echtra est un rappel cinglant des dangers de la croissance à tout prix, et du gap culturel immense entre le marché mobile et celui du gaming PC/console.
TL;DR : Zynga ferme Echtra Games quatre ans après son rachat, enterre Torchlight et abandonne (provisoirement ?) ses ambitions PC/console, preuve que le talent et les licences ne remplacent pas une vision solide du marché et une vraie compatibilité culturelle. Les fans d’ARPG n’ont plus qu’à surveiller le paysage… et espérer de meilleurs jours.
Source: Zynga via GamesPress
Leave a Reply