LEGO Great Deku Tree : mon avis après 12 heures de build – le meilleur set gaming jamais conçu ?

Mon contexte de fan : entre N64, Switch… et une pile de boîtes LEGO

Je fais partie de cette génération qui a découvert la forêt Kokiri sur Nintendo 64 et qui a retrouvé le Grand Arbre Mojo des années plus tard dans Breath of the Wild sur Switch. Autant dire que ce LEGO Great Deku Tree (2 500 pièces, 2-en-1 Ocarina of Time / BOTW) était taillé pour me faire perdre un week-end entier. J’ai monté pas mal de sets gaming – Mario, Sonic, quelques dioramas Nintendo, et même Rivendell côté fantasy – mais celui-ci m’a vraiment attrapé différemment.

Au moment où les nouveaux sets Pokémon arrivent, je voulais voir si ce grand arbre pouvait vraiment servir de mètre-étalon pour les LEGO basés sur des jeux vidéo. Après environ 12 heures de construction étalées sur trois soirées, je peux le dire sans trembler : c’est, de loin, le meilleur set gaming que j’ai monté à ce jour.

Première rencontre avec la boîte : « oh, ok, on ne rigole pas »

Première claque en sortant la boîte : le volume. On parle d’un set 18+ à 2 500 pièces, affiché à environ 299,99 $ / 259,99 £. Sur ma table, les sachets ont littéralement recouvert tout le tapis de build. J’avais déjà eu ce sentiment avec Rivendell, mais ici, la différence, c’est que chaque morceau de plastique est chargé de références à Zelda plutôt que de générique médiéval.

Ce qui m’a tout de suite intrigué, c’est la promesse 2‑en‑1 : soit la version Ocarina of Time (Kokiri Forest, jeune Link, ambiance marécageuse), soit la version Breath of the Wild / Tears of the Kingdom (Korogu, Forêt Korogu, piédestal de l’Épée de légende). J’avais un peu peur du côté « faux double set » où une des deux versions ressemble à une variante paresseuse. Spoiler : ce n’est pas du tout le cas.

Mon build BOTW : 8 heures de forêt Korogu et de petits sourires béats

J’ai commencé par la version Breath of the Wild, parce que c’est encore frais dans ma mémoire : j’ai poncé Hyrule sur Switch, 200+ heures au compteur. Les premières heures de construction sont assez techniques, on monte le socle, la structure interne du tronc et la mécanique Technic qui anime le visage du Grand Arbre.

Le moment où j’ai enclenché pour la première fois le petit levier à l’arrière pour bouger les sourcils et la bouche du Deku Tree m’a vraiment fait rire. Je m’attendais à un gimmick, mais le rendu est ultra expressif, ça rappelle parfaitement les mimiques du personnage dans les jeux. On se surprend à lui faire faire la moue ou un grand sourire, comme un gamin qui joue avec sa première figurine articulée.

Ensuite, la construction devient une sorte de méditation végétale : branches, feuillage, champignons, petites plantes. Là où certains sets se répètent au point d’être lassants, ici le rythme est brisé par les Easter eggs. À un moment, je pose un petit champignon en me disant « tiens, on dirait un Stamella », je regarde la notice… évidemment, c’est un Stamella. Plus loin, ce sont des fleurs de Princesse silencieuse, des variétés de champignons bien reconnaissables de BOTW, et même des petits œufs d’oiseaux sur une branche.

Les Korogus sont disséminés un peu partout. Il y a leur camp au pied de l’arbre, Walton perché dans les hauteurs, et toute une flopée de korogus minuscules réalisés avec quelques pièces seulement. C’est simple mais terriblement malin visuellement. Mon moment préféré : la petite Hestu avec ses maracas qui font du bruit quand on les secoue, grâce à des 1×1 cachés à l’intérieur. J’ai passé cinq bonnes minutes à secouer ce truc en murmurant « sha-ka-la-ka » comme un idiot. C’est ce genre de détail qui fait oublier étiquette « set adulte ».

Switcher vers Ocarina of Time : même squelette, autre ambiance

Après avoir admiré la version BOTW quelques jours sur une étagère, j’ai pris mon courage à deux mains pour démonter et remonter une partie du set en mode Ocarina of Time. Là, je ne vais pas mentir : la transformation 2‑en‑1 n’est pas un simple « swap » de quelques branches. Il faut démonter une bonne portion de la canopée et du socle. C’est faisable, mais un peu fastidieux, surtout si vous êtes du genre à bien tasser les pièces au montage.

Screenshot from The Legend of Zelda: Ocarina of Time
Screenshot from The Legend of Zelda: Ocarina of Time

En revanche, la récompense est à la hauteur de l’effort. La base devient plus marécageuse, avec des plantes carnivores façon piranha (écho évident aux ennemis végétaux du donjon), et quand on retourne l’arbre, on découvre un intérieur de donjon avec une Skulltula dorée cachée. La silhouette du Deku Tree change vraiment : visage plus grave, branches moins touffues, une vibe beaucoup plus N64, plus sombre.

Ce qui est malin, c’est que même si les deux versions partagent un squelette commun, l’impression visuelle une fois sur l’étagère est radicalement différente. Chez moi, la version BOTW avait une aura de forêt enchantée tranquille, alors que l’itération Ocarina rappelle plutôt les premières heures un peu inquiétantes du jeu, quand on rentre dans le tronc pour la première fois. On sent que les designers ne se sont pas contentés de recolorer des pièces.

Les bonus qui tuent : cabane de Link, piédestal de l’Épée, scènes annexes

Un truc que j’ai adoré : certains éléments se construisent indépendamment de la version choisie. Vous pouvez assembler la cabane de Link dans la forêt Kokiri (petit arbre avec l’échelle et le lit) et, en même temps, le piédestal de l’Épée de légende issu de BOTW. Du coup, même si votre arbre principal est en mode Ocarina, vous pouvez quand même avoir un clin d’œil BOTW sur le côté, et inversement.

Visuellement, ça donne un mini diorama Zelda autour de l’arbre, et pas juste un gros bloc unique. Sur mon bureau, j’ai fini par placer la cabane de Link côté gauche, le piédestal de l’Épée côté droit, et l’arbre un peu en retrait. L’ensemble prend de la place, mais raconte une sorte de timeline Zelda condensée. C’est aussi super pratique si vous manquez de profondeur sur une étagère : on peut séparer les éléments sur deux niveaux.

Minifigs : trois Link, une Zelda, aucun recyclage paresseux

Côté figurines, LEGO n’a pas fait les choses à moitié : jeunes Link, Link adulte, Link version BOTW et une très belle Zelda premium, tous avec des tampographies propres, opaques, sans impression baveuse. Ce qui m’a surpris, c’est qu’aucun des personnages n’est un simple réemploi d’une autre sous-version. Chacun a droit à sa tenue, ses couleurs et ses accessoires adaptés.

Screenshot from The Legend of Zelda: Ocarina of Time
Screenshot from The Legend of Zelda: Ocarina of Time

Les accessoires, justement, c’est un festival : Ocarina, Bouclier Hylien, Épée de légende… Tout a cette finition « Nintendo‑grade » qu’on n’a pas toujours sur d’autres licences. En main, Link BOTW avec son bouclier et l’Épée devant le piédestal, ça donne vraiment l’impression de tenir une petite scène sortie de la Switch. Et le jeune Link devant la cabane, avec Navi qui flotte à côté, c’est le genre de truc qui fait tilt chez tous ceux qui ont grandi avec la N64.

Une densité d’Easter eggs qui frôle l’obsession

Ce set a un truc en commun avec Rivendell : chaque recoin cache un clin d’œil. Des champignons de cuisine BOTW planqués derrière une racine, une tablette Sheikah terminaux stylisée, des bombes télécommandées suggérées par de petites pièces bleues, des noix, des glands… On passe plus de temps que prévu à tourner le modèle pour vérifier qu’on n’a rien raté.

Après le montage, je me suis surpris à m’arrêter devant l’arbre en allant chercher un café, juste pour repérer un nouveau Korogu ou un détail de plante que je n’avais pas remarqué. On sent que le set a été pensé par des gens qui ont joué aux jeux, pas juste lu un brief marketing avec quelques captures d’écran.

Construction et ergonomie : long, parfois répétitif, mais rarement ennuyeux

Niveau temps, comptez grosso modo 10 à 15 heures selon votre rythme. Moi j’ai pris mon temps : trois sessions pour BOTW, deux de plus pour transformer en Ocarina. La construction du tronc et des branches implique quelques séquences répétitives (surtout les feuilles), et le remontage en seconde version peut être un peu pénible, avec des sous-assemblages à déclipser sans tout exploser.

Ceci dit, j’ai rarement eu la sensation de « boulot » que j’ai parfois sur des sets très massifs. La présence régulière d’un petit détail Zelda, d’un sous-modèle (un Korogu, un bout de rocher, un champignon spécifique) donne à chaque sachet un mini objectif satisfaisant. Et une fois assemblé, l’arbre a une vraie présence physique : plus profond et plus imposant qu’il ne paraît sur les images officielles.

Prix et valeur : cher, oui… mais clairement dans le haut du panier

On ne va pas tourner autour du pot : 299,99 $ (ou l’équivalent en euros/livres), c’est une somme. Pour un fan de Zelda, la question n’est pas « est-ce que c’est cher ? » mais « est-ce que ça les vaut ? ». Après l’avoir monté, démonté partiellement et affiché sous deux formes différentes, je dirais que oui, surtout si on le compare aux autres grosses licences LEGO.

Par rapport aux sets Mario modulaires, c’est un monde au-dessus en termes de finition et de densité d’Easter eggs. Face aux sets Pokémon qui arrivent – dont certains s’annoncent très ambitieux en nombre de pièces – le Great Deku Tree place la barre très haut côté cohérence d’univers. Il ne se contente pas d’être « une grosse figurine d’arbre Zelda » : c’est un résumé physique de deux jeux cultes, plus des scènes annexes, plus une mécanique interactive. On sent que chaque dollar est passé quelque part dans le modèle.

Screenshot from The Legend of Zelda: Ocarina of Time
Screenshot from The Legend of Zelda: Ocarina of Time

Pour qui ce set est-il fait ?

Après avoir vécu avec ce mastodonte sur mon bureau et dans mon salon, je vois clairement à qui il s’adresse :

  • Fans hardcore de Zelda : si vous avez terminé Ocarina et BOTW plusieurs fois, c’est presque un no-brainer.
  • Constructeurs adultes qui aiment les dioramas denses : la construction est satisfaisante, jamais simpliste, sans être aussi intimidante qu’un énorme set UCS type Star Wars.
  • Collectionneurs de LEGO gaming : si vous avez déjà du Mario, Sonic, éventuellement des dioramas Nintendo, ce set devient le centre de gravité de la collection.
  • Joueurs nostalgiques N64 + Switch : le côté double-timeline marche à fond si vous avez connu les deux époques.

En revanche, si vous cherchez avant tout un set très « jouable » pour de jeunes enfants, ce n’est clairement pas la meilleure option : ça reste un gros display 18+, avec des zones un peu fragiles et beaucoup de petits détails qui n’aiment pas trop les mains brusques.

Bilan personnel : un nouveau standard pour les LEGO basés sur des jeux vidéo

Après une bonne douzaine d’heures passées à clipser des feuilles, traquer des Korogus et ajuster les sourcils d’un vieil arbre légendaire, mon impression est assez nette : ce Great Deku Tree est, pour l’instant, le meilleur set gaming LEGO que j’ai monté. Il réussit quelque chose que beaucoup de sets sous licence ratent : raconter une histoire complète en briques, sans sacrifier ni la fidélité ni le plaisir de construction.

La double identité Ocarina / BOTW ne sonne pas comme un argument marketing creux. Ce sont deux vraies interprétations, chacune avec sa personnalité, ses scènes, ses ennemis et ses couleurs. Les figurines sont soignées, les mécaniques (notamment le visage articulé, les maracas d’Hestu) donnent envie d’interagir avec le modèle, et la densité d’Easter eggs fait qu’on découvre encore de nouvelles choses une semaine après la fin du build.

Oui, le prix pique et le passage d’une version à l’autre demande un peu de patience. Mais si on regarde le paysage actuel des sets LEGO liés au jeu vidéo – Mario, Sonic, les premiers Pokémon, quelques dioramas Nintendo – le Great Deku Tree s’impose clairement comme le modèle à battre. Pour les futurs sets Pokémon XXL annoncés, la barre est posée, et elle est très haute.

Note finale : 9/10. Un set cher mais exceptionnel, qui capture l’âme de deux des meilleurs jeux Zelda et redéfinit, à mes yeux, ce que devrait être un LEGO « gaming » digne de ce nom.

TL;DR – LEGO Great Deku Tree en résumé

  • 2 500 pièces pour un énorme set d’exposition très imposant en vrai.
  • Véritable 2‑en‑1 : deux esthétiques distinctes (BOTW / Ocarina), pas une simple recoloration.
  • Densité d’Easter eggs Zelda hallucinante (Korogus, fleurs, champignons, donjon, Skulltula dorée…).
  • Mécaniques fun : visage articulé du Deku Tree, maracas d’Hestu qui font vraiment du bruit.
  • Scènes bonus (cabane de Link, piédestal de l’Épée de légende) qui enrichissent l’affichage.
  • Minifigs premium (trois Link, une Zelda) avec des accessoires iconiques impeccablement réalisés.
  • Construction longue mais plaisante, quelques passages répétitifs et rebuild 2‑en‑1 un peu pénible.
  • Prix élevé, mais à mon sens justifié pour un fan sérieux de The Legend of Zelda.

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