Lost in Random: The Eternal Die mêle deckbuilding et hasard dans un univers gothique façon Tim Burton. Analyse des mécaniques, bosses, synergies et difficulté.
Lost in Random: The Eternal Die – L’essai gothique réussi ?
Depuis l’annonce du retour de Lost in Random avec son extension roguelite The Eternal Die, j’avais ce petit frisson d’excitation : un monde burtonien, des dés vivants, du deckbuilding… Les promesses étaient ambitieuses, et dans le paysage saturé de rogue-lites, Stormteller Games avait intérêt à se démarquer. Après une trentaine d’heures de jeu, des dizaines de runs et plusieurs affrontements épiques, voici mon verdict détaillé.
Gameplay & Deckbuilding
Le cœur de The Eternal Die repose sur deux piliers : le tirage de cartes et le lancer de dés. Vous incarnez la reine Aleksandra, accompagnée de Fortune, un dé parlant qui fixe le tempo des combats. Chaque face de Fortune influe sur vos actions : bonus de dégât, soin, bouclier ou altération de cartes. La mécanique peut sembler brouillonne au premier abord, mais les premières runs dissiperont le doute.
Système de dés et de cartes
- Face Coup Critique : +50 % de dégâts sur la prochaine attaque, idéale combinée à l’arme épée courte.
- Face Brouillard : génère une carte pioche supplémentaire, parfaite avec la relique Masque de l’Onirique pour enchaîner les combos.
- Face Bouclier : accorde un bouclier temporaire. Lors d’une run, j’ai bloqué à trois reprises la puissante attaque du boss “Reine des Ombres” grâce à ce modificateur.
L’association cartes/dés est excitante, mais le sentiment de perte de contrôle guette. Lors de ma 7ᵉ partie, j’ai enchaîné trois lancers de Face “Rien” d’affilée, bloquant toute offensive pendant la phase finale contre la Chauve-souris géante. Cet aspect RNG-pur va diviser les puristes du deckbuilding, certains y verront du charme, d’autres de la frustration.

Relique, synergies et builds mémorables
Avec plus de 100 reliques à découvrir, chaque run offre son lot de surprises. Parmi mes découvertes marquantes :
- Cœur du Destin : augmente les chances de 2 faces spécifiques du dé. En combo avec la Rune du Gambler (qui double l’effet d’une face lancée), j’ai littéralement pulvérisé le boss du troisième monde en moins d’une minute.
- Miroir Obscur : renvoie 30 % des dégâts subis. Couplé à la Lance Spectrale (arme à distance), j’ai transformé mon build en guerrier/passif, balayant les vagues d’ennemis sans bouger de ma base.
- Talons de Toile : +20 % vitesse d’attaque, idéal pour déclencher rapidement les cartes double tir.
Notez cependant que certaines reliques se sentent “ternes” et rarement pickées. Le filtre “Favoris” aurait été le bienvenu pour éviter la saturation dans l’inventaire. Au final, le deckbuilding brille quand on parvient à trouver un fil conducteur, mais force l’expérimentation (et parfois la lassitude).
Visual & Audio Design
L’univers reste fidèle à l’esthétique Tim Burton : textures crayonnées, décors penchés, gargouilles désabusées et architecture gothique. Le passage à l’arène roguelite n’a pas entamé la cohérence artistique : chaque royaume a une patine unique, du marais lugubre au château pourpre.
- La salle du boss final, aux piliers tortueux éclairés par des lanternes violettes, m’a donné l’impression d’entrer dans un cauchemar animé.
- Les effets de particules (foudre, poison, éclats d’os) ajoutent un côté cartoon qui adoucit la violence sans trahir l’ambiance.
Le doublage français est un vrai point fort : Aleksandra est campée par une voix tantôt espiègle, tantôt déterminée, et Fortune apporte la touche comique avec ses répliques sarcastiques. Quelques lignes tournent en boucle après plusieurs runs, mais globalement, la qualité est au rendez-vous.

Performance & Controls
Testé sur PlayStation 5, The Eternal Die tourne en 60 fps stables, même quand l’écran se couvre de particules. Les temps de chargement entre chaque run ne dépassent pas 6 secondes, ce qui encourage les retry immédiats.
- Maniabilité : la croix directionnelle gère le choix de carte rapide, la gâchette droite lance votre arme et la gauche active les sorts. La prise en main est fluide, même pour un joueur non habitué aux roguelites.
- Options : rebinding complet des touches, assistances disponibles (indicateurs de dégâts, auto-ramassage d’objets). On espère voir bientôt un mode accessibility pour daltoniens, car certains effets se distinguent difficilement.
Strengths & Weaknesses
Points forts
- Univers gothique et charismatique, porté par une DA soignée.
- Système deckbuilding/dés original et riche en synergies placées (plus de 100 reliques, 4 armes).
- Doublage complet et de qualité, ambiance sonore immersive.
- Performances solides sans chutes de framerate, rejouabilité élevée grâce aux zones et combats aléatoires.
- Prix avoisinant les 25 €, inclus day one sur Xbox Game Pass.
Points faibles
- Pondération du RNG parfois trop forte : certaines runs tournent au fiasco sans limite de récupération.
- Variété des zones limitée : après 20 heures, on ressent un léger recyclage d’assets et de patterns ennemis.
- Relics “inutiles” à foison, rendant le tri laborieux.
- Courbe de difficulté inégale : pics brutaux avant certains boss majeurs, sans réelle préparation possible.
Conclusion & Recommandations
Lost in Random: The Eternal Die est un rogue-lite ambitieux qui parvient à conjuguer un univers gothique léché avec un deckbuilding original et des jets de dés qui font vibrer. Stormteller Games signe ici un titre à forte identité, parfois frustrant, mais toujours passionnant pour qui aime prendre des risques.
Si vous êtes :
- Amateur de deckbuilders : préparez-vous à jongler entre RNG et synergies fortes, pour des runs nerveux et imprévisibles.
- Fans d’esthétique sombre : la direction artistique et le doublage vous transporteront immédiatement.
- Chercheurs de défi : attendez-vous à des pics de difficulté et à devoir retenter plusieurs fois certains boss.
- Rogue-lite newbies : la prise en main est progressive, mais le système de dés peut déconcerter les puristes du 100 % contrôle.
En somme, The Eternal Die n’est pas parfait, mais son audace lui donne suffisamment de charme pour devenir l’une des curiosités indé de l’année. Sortez votre dé, préparez votre deck et tentez l’aventure : le royaume vous attend, avec ses surprises et ses (més)aventures.

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