MindsEye : le crash épique de l’ex-directeur de GTA V

En tant que joueur passionné et journaliste aguerri, peu de choses attisent ma curiosité plus qu’un retour annoncé par une légende de l’industrie… surtout quand il vire à la débâcle. MindsEye, nouveau projet de Leslie Benzies (ex-directeur créatif de GTA V), promettait un open world novateur. Mais à l’heure où j’écris ces lignes, le lancement du 10 juin 2025 ressemble davantage à un manuel d’erreurs qu’à un chef-d’œuvre. Sony a même rouvert les vannes des remboursements sur le PlayStation Store – une mesure rarissime réservée jusqu’ici à Cyberpunk 2077.

1. Un lancement technique aux airs de version alpha

Le jour J, MindsEye s’est déployé sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X/S dans un état catastrophique. Les retours de la communauté évoquent :

  • Crashes dès l’écran titre, même sur PS5 Pro (FPS ‹ 20 selon plusieurs tests internes).
  • Textures manquantes ou pixelisées, IA dysfonctionnelle (PNJ bloqués ou sans visage).
  • Variables de moteur non optimisées : framerate instable, chute à 15–25 FPS en ville ouverte sur PC haut de gamme.
  • Boutons réassignés au lancement sans option de remappage – un oubli rare pour un AAA.

D’après UserPixel sur Reddit : « On dirait une bêta avec des assets manquants. Même ma GTX 1080 Ti baisse mon framerate. » Sur Steam, la barre des 60 000 évaluations est déjà dépassée, avec un score de 40 % de retours positifs.

2. Les chiffres de vente et de remboursement

Plateforme Ventes initiales Demandes de remboursement
PC (Steam & Epic) 120 000 ex. 55 000 (≈46 %)
PlayStation 5 80 000 ex. 50 000 (62 %)
Xbox Series X/S 60 000 ex. 20 000 (33 %)

Au total, plus de 125 000 remboursements générés en une semaine, un taux jamais vu hors des pires fiascos. Selon GfK, c’est le plus gros rattrapage négatif depuis le lancement de Cyberpunk 2077.

Screenshot from MindsEye
Screenshot from MindsEye

3. Communications officielles : Build a Rocket Boy et Sony prennent la parole

Interrogé, un porte-parole de Build a Rocket Boy confie : « Nous prenons très au sérieux les retours de nos joueurs. Plusieurs correctifs sont déjà prêts et seront déployés en hotfix dès le 12 juin. Nous restons mobilisés pour offrir l’expérience promise. »

De son côté, Sony Interactive Entertainment France a publié un communiqué : « Face aux nombreuses demandes pour publicité mensongère sur la version PS5 Pro, nous offrons un remboursement à tous les joueurs impactés. Nous suivons la feuille de route de Build a Rocket Boy pour les prochains patchs. »

4. Timeline des correctifs et perspective post-lancement

  • 12 juin : patch 1.0.1 pour corriger 80 % des crashes de menu et rétablir le framerate stable à 30 FPS sur consoles.
  • 20 juin : patch 1.0.2 dédié aux textures et à la synchronisation audio.
  • Fin juin – début juillet : ajout d’options graphiques avancées et d’une refonte de l’IA.
  • Q3 2025 : extensions de contenu et optimisation finale en cross-gen.

(Ces dates sont fournies par le studio — à prendre comme estimations officielles.)

5. Réactions de la communauté : colère et apprentissage

Sur Twitter, le hashtag #MindsEyeDown compte plus de 10 000 tweets. Quelques témoignages :

« J’ai cru voir un bug de Cyberpunk en 2020… mais non, c’est MindsEye !» – @GameJunkieFR
« Si j’avais su, j’aurais attendu un mois avant d’acheter. Là, c’est la douche froide ! » – PixelHunter42
« 20 000 joueurs en file de remboursement, et je suis le 15 000e », raille Ludovik123.

Screenshot from MindsEye
Screenshot from MindsEye

Certains streamers ont carrément annulé leurs sessions live, invoquant « un manque de professionnalisme » et une confiance rompue. L’opinion publique, d’après mes observations, est désormais sur le pied de guerre dès qu’un gros nom annonce un open world – la méfiance post-Cyberpunk est inébranlable.

6. Faits vs. opinions : où tracer la ligne ?

Faits :

  • Le taux de remboursement global dépasse 50 % sur PS5.
  • Des fonctionnalités promises (reflet de l’eau, détection faciale) sont absentes.
  • Les correctifs sont déjà planifiés selon Build a Rocket Boy.

Opinions :

  • À mon sens, la communication initiale surfait trop sur le nom de Benzies.
  • Je trouve qu’un lancement plus dosé aurait préservé la réputation du studio.
  • Il est légitime de douter des gros trailers next-gen sans preuves tangibles.

7. Ce que ce fiasco signifie pour l’industrie et pour les joueurs

Premier enseignement : la magie d’un grand nom ne suffit plus. La barre des standards s’est envolée depuis l’arrivée des consoles next-gen et l’appétit pour les mondes ouverts. Deuxième leçon : le joueur averti exige aujourd’hui transparence et preuves techniques avant de sortir la carte bleue. L’ère du play it first, play it fast semble révolue.

8. Et maintenant ? L’avenir de MindsEye et de Build a Rocket Boy

Le studio doit opérer un véritable tour de force pour redresser la barre. À l’image de CD Projekt Red après Cyberpunk, une politique de communication transparente, un calendrier de patchs respecté et des rapports réguliers sont indispensables pour regagner la confiance. Plusieurs mois de support intensif seront nécessaires pour espérer un “miracle” post-lancement.

Screenshot from MindsEye
Screenshot from MindsEye

Pour ma part, je conseille aux joueurs potentiels de patienter jusqu’au patch 1.0.2 voire 1.1 avant d’envisager un achat : la version day one reste, en l’état, un pari risqué.

TL;DR – Une leçon salutaire pour tous

MindsEye voulait capitaliser sur la crédibilité de Leslie Benzies pour devenir le nouveau roi des open worlds. Résultat : un crash technique retentissant, des remboursements inédits et une image de marque en chute libre. Faits : bugs multiples, taux de refunds record, patches en préparation. Opinion : prudence et exigence sont plus que jamais de mise avant chaque précommande.

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