Introduction
À l’AG French Direct 2025, POEM EX MACHINA ne m’a pas seulement séduit par son esthétique rappelant les grosses productions ou ses clins d’œil appuyés à Jet Set Radio. C’est surtout cette sensation de liberté, née d’un gameplay fluide et ciselé, qui m’a frappé : un open world où chaque rue d’Avignon, retravaillée en décor “urban fantasy”, semble conçue pour pousser l’exploration et le mouvement au premier plan. Derrière ce projet se cache Amaury Hyde, un développeur solo qui livre une expérience à la fois personnelle et maîtrisée.
Un gameplay centré sur le flow
Plutôt que d’entasser compétences et arbres de progression, POEM EX MACHINA offre d’emblée toutes les capacités du héros. Ici, la courbe d’apprentissage repose sur l’alternance parkour/combats et l’adaptabilité du joueur. Amaury Hyde a fragmenté les mécaniques en deux modes distincts, course et affrontements, pour garantir une meilleure lisibilité, tout en rééquilibrant sans cesse selon les retours de ses bêta-testeurs.
Cette approche rappelle l’exigence des titres PS2/PS3 : le flow ne se gagne pas en quelques sauts, mais en persévérant, en affinant sa dextérité et sa lecture de l’espace. Pour les amateurs de maîtrise pure, c’est un pari rafraîchissant, loin des dogmes du “tout est à débloquer”.

Un univers “urban fantasy” singulier
POEM EX MACHINA s’affranchit des clichés dystopiques : Avignon sert de socle à un monde où le quotidien se teinte de surnaturel. Le héros Clopin évolue dans une ville qui se déforme subtilement, entre souvenirs familiers et étrangeté “liminale”. Inspiré autant par Bakemonogatari et Madoka Magica que par Persona pour ses touches sociales, le titre privilégie une inquiétude diffuse plutôt qu’un spectacle grandiloquent.
Level design semi-ouvert et progression maîtrisée
Fini le bac à sable intégral : POEM EX MACHINA propose des zones ouvertes à explorer, reliées par un hub — un bar/arcade qui sert de point de départ, même si les bornes restent pour l’instant purement décoratives. La progression se fait par sections liées à la trame narrative, avec quelques passages plus dirigistes pour maintenir le rythme. Les activités annexes se limitent à l’essentiel, mais chaque mini-jeu envisageable reste cohérent avec l’univers.

Enquête, dimension sociale et rythme
Les phases d’investigation tiennent le rôle de petit moteur narratif : observer son environnement, échanger avec les PNJ et débloquer légèrement la conclusion du scénario. Pas de système de liens complexe ni de romances poussées — juste une influence discrète sur la fin et quelques réactions en jeu. Le cycle jour/nuit, entièrement scripté, renforce l’atmosphère et guide les moments forts du récit, sans prétendre rivaliser avec les open worlds dynamiques.
Le solo dev face aux réalités de l’indé
Dans un marché saturé, Amaury Hyde adopte une posture lucide : communiquer tôt, partager les prototypes et s’appuyer sur la communauté sont, selon lui, la clé du succès pour un projet solo. Cette transparence, loin d’être un gadget marketing, s’impose comme une stratégie de survie et d’engagement face aux attentes des joueurs.

Ce que ça change pour les joueurs
POEM EX MACHINA tranche avec la mode du “fast game” à base de quêtes et statistiques. Ici, on progresse grâce à la dextérité et à l’observation, pas par l’amélioration de jauges invisibles. Les joueurs en quête d’un vrai challenge, d’une montée en compétences palpable et d’une ambiance urbaine mystérieuse y trouveront un terrain de jeu stimulant.
Fiche technique
| Éditeur | Développeur | Sortie prévue | Plateforme |
|---|---|---|---|
| Indépendant | Amaury Hyde | Printemps 2026 | PC (Steam) |
| Genres | Action, parkour, enquête, urban fantasy | ||
Verdict rapide
POEM EX MACHINA ne se contente pas de revisiter le parkour en monde ouvert : il revendique une vision d’auteur, où la fidélité au gameplay pur prime sur la quantité d’activités. Amateur de flow exigeant et d’ambiances urbaines singulières, notez-le dans votre radar et testez la démo Steam dès que possible.

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