Spirit of the North 2 : liberté en monde ouvert… à quel prix ?
Cinq ans après le premier volet, j’ai remis la patte sur Spirit of the North 2, séduit par sa promesse d’exploration tranquille et de puzzles poétiques. Verdict après une dizaine d’heures : un bijou visuel parfois freiné par sa propre ambition.
Ce qu’il faut retenir
- Un univers boréal à couper le souffle, mais souvent désert.
- Énigmes plus variées, parfois manquant de renouveau.
- Lore nordique passionnant, hélas trop fragmenté.
- Bugs de clipping et imprécisions surprenants en 2025.
- Customisation du renard sympa mais gadget.
- Idéal pour contempler, moins pour la tension et le challenge.
Premières minutes : entre émerveillement et questionnements
Sur PS5 Pro, la météo dynamique et les effets de lumière m’ont immédiatement transporté. J’ai passé une bonne dizaine de minutes à peaufiner le pelage de mon renard – un roux tigré digne d’un papier peint –, histoire de m’approprier le héros. La direction artistique tape dans le mille, mais dès les premières foulées, des doutes s’installent : où sont passés les temples cachés et les rencontres imprévues du premier opus ?
Monde ouvert : vraie liberté ou balade balisée ?
L’île s’offre à vous en grandes étendues vierges, néanmoins votre progression passe par des marqueurs rouges et des énigmes obligatoires. On se croit libre, en réalité on suit un chemin discret. L’effet « open world Ubisoft » guette : admirer la vue, ramasser quelques cristaux, traverser des zones parfois interminables… c’est joli, mais le frisson de l’inconnu s’estompe vite.
Game design : de belles trouvailles, des inégalités
Le corbeau guide, avec son vol plané, est une réussite : on survole ravins et falaises avec aisance. Chaque gardien libéré apporte un nouveau pouvoir, façon Metroidvania, mais l’exploitation demeure sommaire. Le système de runes sur le pelage du renard rythme la progression, même si l’achat d’améliorations chez un marchand énigmatique tranche parfois avec l’esthétique nordique.

Les puzzles environnementaux, jouant sur la lumière et la météo, sont les moments forts où le titre révèle tout son potentiel contemplatif. En revanche, les longues traversées vides entre deux énigmes finissent par lasser.
Technique et immersion : quelques ratés gênants
Clipping qui fait pousser l’herbe à trois mètres, caméra folle dans un recoin rocheux, sauts manqués frôlant le rage-quit… en 2025, ces problèmes piquent. L’audio oscille entre morceaux apaisants et silences trop pesants, et la DualSense, malgré quelques effets haptiques, ne sauve pas toujours l’immersion.

Lore et narration : trop de mystères, trop peu d’indices
Le monde regorge d’allusions aux divinités nordiques et aux clans animaux, mais ces secrets se découvrent à la petite cuillère : parchemins épars, sculptures subtilement cachées… j’ai souvent eu l’impression de passer à côté de l’essentiel.
Pour qui ?
Fans de Journey, ABZÛ ou Okami trouveront ici une balade polar enchanteresse, à savourer sans précipitation. Les amateurs de challenge, de récits foisonnants ou de combats haletants risquent de décrocher rapidement.

Mon verdict
Spirit of the North 2 est un poème visuel émaillé d’idées originales, mais freiné par une exécution inégale et quelques bugs qui semblent anachroniques. Ses grandes étendues boréales impressionnent, mais laissent parfois un goût de vide. Je lui attribue un 6/10, en espérant que les prochaines mises à jour resserrent un peu la laisse.
TL;DR
En bref : Magnifique à contempler, mais plus guidé qu’il n’y paraît. Spirit of the North 2 ravira les amoureux des balades et des énigmes douces, tout en frustrant les chasseurs de suspense et de défis corsés. Note : 6/10.

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