Sunderfolk, le RPG tour par tour coop qui change la donne

Ce n’est pas tous les jours qu’un RPG coopératif en tour par tour se détache de la sacrée lignée Baldur’s Gate ou Divinity : Original Sin. Avec Sunderfolk, le studio Dreamhaven – fondé par l’ex-CEO de Blizzard Mike Morhaime – propose une approche résolument tournée vers la convivialité et l’accessibilité. La démo gratuite sur Steam, qui offre les quatre premières missions avec transfert de progression vers la version complète, nous a donné une bonne occasion de jauger ses ambitions. Verdict après plusieurs sessions avec des amis, tablette sur les genoux et smartphone en renfort.

Sunderfolk en bref : ambitions et promesses

  • Accès mobile et navigateur : aucun téléchargement requis pour les joueurs secondaires.
  • Fate Cards : un système de cartes destin qui influe sur les attaques et relance l’intérêt tactique.
  • Quatre missions d’introduction incluses dans la démo, avec sauvegardes transférables.
  • Offre de lancement : 20 % de réduction jusqu’au 26 juin (prix public conseillé de 39,99 €).

Accessibilité et convivialité avant tout

Le véritable tour de force de Sunderfolk, c’est de simplifier drastiquement le lancement d’une partie à plusieurs. Fini les longues synchronisations de comptes Steam ou les installations chronophages : un hôte génère un QR code ou un lien web, et chaque participant rejoint depuis son mobile ou sa tablette. Ce principe emprunté aux jeux de plateau numériques séduit immédiatement. Les héros, incarnés par des animaux anthropomorphes (ours berserker, corbeau arcaniste, markhor ranger, etc.), renforcent l’ambiance « jeu de société » sans l’éparpillement de pions ou de dés réels.

Tactique et Fate Cards : une dose d’imprévu bienvenue

La mécanique des Fate Cards constitue le petit twist qui maintient l’attention. À chaque action, on tire une carte qui peut amplifier ou affaiblir l’attaque, voire déclencher un effet secondaire – ajoutant un soupçon de chaos maîtrisé. Si ce système évoque les jets de dés d’une vraie table, il peut aussi déstabiliser les puristes du « min-maxing » pur et dur, pour le meilleur et pour le pire. Sur le plan tactique, cela pousse à adapter ses stratégies à chaque tour, à jouer plus sur le collectif que sur l’optimisation solo.

Comparaison avec les poids lourds du genre

Pour qui a trimé dans Baldur’s Gate 3 ou exploré les maps de Divinity : Original Sin 2, Sunderfolk peut paraître minimaliste. Le scénario reste assez classique et le level design limité à quelques arènes semi-ouvertes. Là où Larian offre un sandbox plein de variables, Dreamhaven joue la carte d’une progression plus linéaire, axée sur l’expérience sociale. Les fans de récits profonds ou d’interactions complexes pourraient trouver l’histoire un peu plate, mais ceux qui cherchent une immersion rapide et décontractée y verront un atout.

Points forts et limites

  • Plus : accès universel via navigateur, démo complète, dose d’aléatoire bienvenue.
  • Moins : narration un peu légère, variété des environnements limitée, manque d’enjeux dramatiques profonds.
  • À surveiller : la rejouabilité à long terme et l’équilibrage des Fate Cards en endgame.

Un vent de fraîcheur pour le RPG coop ?

Sur le plan de l’impact, Sunderfolk rappelle que le genre n’a pas besoin d’être forcément synonyme de frustrations techniques ou d’accessibilité restreinte. Si le succès critique et commercial est au rendez-vous, on pourrait voir naître une nouvelle vague de RPG légers, priorisant la spontanéité et la dimension sociale. Dreamhaven marque aussi un point politique en abandonnant les schémas de monétisation agressive : pas de microtransactions dans la démo, pas de limitation de héros, un tarif clair et un lancement à prix réduit ciblant les groupes d’amis plutôt que les gros dépensiers.

Pour qui… et pour quoi faire ?

En conclusion, Sunderfolk se destine avant tout aux joueurs cherchant un moment de coopération sans prise de tête. Si vous attendez un RPG profond aux quêtes multiples et à l’univers étoffé, il faudra patienter (ou opter pour un autre titre). En revanche, pour une soirée entre potes, sans galère technique et avec un zeste de stratégie, la démo vaut indéniablement le détour. Restera à confirmer que le jeu complet apportera assez de contenus et de surprises pour tenir la longueur. Pour l’instant, Dreamhaven pose une belle pierre à l’édifice coop tactique, même si quelques fissures demandent encore à être colmatées.

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *