Test Nothing Headphone A : autonomie monstrueuse, son réglable aux petits oignons, mais des micros

Mes 10 jours avec les Nothing Headphone A : enfin un casque Nothing qui a du sens

J’avais trouvé le Nothing Headphone 1 sympa sur le papier, mais trop cher, trop « concept » pour ce qu’il apportait vraiment. Quand j’ai vu débarquer les Nothing Headphone A avec un prix plus bas (199 $, environ 160 €), une autonomie annoncée jusqu’à 135 heures et toujours ce look à la Nothing, je me suis dit : « OK, là ça devient intéressant. »

Je l’ai utilisé une dizaine de jours non-stop : boulot à la maison, trajets, quelques sessions de jeu sur PC et Switch, appels longue durée, et une vague de chaleur bien violente qui est arrivée au pire moment. Le bilan est assez clair dans ma tête : c’est un casque très malin sur certains points (autonomie, contrôles, personnalisation sonore), mais avec des concessions assez nettes sur le confort et surtout sur les micros.

Design Nothing assumé, mais un côté « plastique » qui rappelle le prix

Premier contact : on reconnaît tout de suite la patte Nothing. Les Headphone A reprennent la même silhouette que le Headphone 1, avec ces oreillettes rectangulaires surmontées d’une sorte de petite « pastille » ovale. Sauf que cette fois, ce n’est plus cette bulle transparente futuriste sur le dessus : elle est opaque (blanc, jaune ou rose sur modèle blanc, ou tout noir si vous voulez rester discret), et c’est la coque de l’oreillette qui est semi-transparente.

Le petit détail que j’adore : le carré rouge sur l’oreillette droite et le carré blanc sur la gauche, façon câbles RCA d’époque. C’est tout bête, mais en pratique, pour mettre le casque à l’aveugle, c’est super pratique, et ça colle bien à l’esthétique rétro-futuriste de la marque.

En main, par contre, on sent immédiatement que Nothing a coupé dans les matériaux. Beaucoup de plastique, zéro aluminium cette fois. Les charnières qui permettent aux oreillettes de pivoter m’ont semblé plus solides que sur le Headphone 1, mais l’ensemble ne dégage pas le côté « premium » d’un Sony WH-1000XM6 ou d’un Bose Ultra Headphones. On est clairement dans du milieu de gamme bien fini, pas dans du luxe.

Autre signe d’économie : pas de coque rigide, seulement une pochette souple. Ça protège des rayures dans un sac, mais pas contre un gros écrasement. Pour un casque nomade qu’on trimballera partout, j’aurais vraiment préféré un étui un peu plus costaud.

Le casque est certifié IP52 : donc protégé contre la poussière et contre les gouttes de sueur ou une petite pluie. C’est assez rare dans cette gamme de prix (et même sur certains modèles plus chers qui n’ont aucune certification), donc bon point sur le papier… mais ça nous amène au gros point chaud : le confort thermique.

Confort : léger sur le papier, lourd à la longue (surtout quand il fait chaud)

Les Nothing Headphone A sont plus légers que les Headphone 1, et les coussinets en mousse à mémoire de forme font bonne impression au début. Posé sur la tête, la première demi-heure est agréable : bonne tenue, pas de sensation d’arceau qui écrase.

Au bout d’une heure, j’ai commencé à sentir deux choses :

  • Une pression un peu marquée à l’avant du pavillon (vers la mâchoire).
  • Un point de pression sur le haut du crâne, assez net lors des longues sessions.

Et surtout, pendant la mini canicule de février où je l’ai porté en terrasse à Los Angeles, j’ai commencé à transpirer autour des oreilles au bout de 15-20 minutes. Les coussinets ne respirent pas bien du tout. Pour du trajet métro ou des sessions de 30-45 minutes, ça passe. Pour bosser trois heures d’affilée ou jouer un long raid avec des potes, ça devient étouffant.

Je précise que je ne suis pas particulièrement sensible à ça : je supporte plutôt bien des casques fermés comme le Sony WH-1000XM5. Là, le Nothing A m’a franchement donné envie de faire des pauses régulières, ce qui casse un peu le flow quand on est plongé dans un album ou un jeu narratif.

Contrôles physiques : enfin un casque moderne qui n’a pas peur des boutons

Sur ce point, j’ai presque envie d’applaudir Nothing. Les Headphone A reprennent exactement le même système que les Headphone 1 : zéro surface tactile capricieuse, que du physique. Sur l’oreillette droite, on a :

  • Une petite molette/rouleau pour le volume, qui fait aussi bouton lecture/pause.
  • Un « balancier » (paddle) pour piste suivante/précédente, qu’on peut maintenir pour avancer ou reculer dans un morceau (selon les applis).
  • Un bouton rond configurable (assistant vocal par défaut).

La molette sert aussi à basculer entre ANC et transparence via un appui long, et le bouton peut être reconfiguré dans l’appli Nothing X pour plein de trucs : changement de mode de bruit, mute micro, déclenchement de la caméra du téléphone, sélection de preset d’EQ… C’est très flexible, et surtout, c’est fiable. Pas de gestes fantômes, pas de tapotement mal interprété.

Seul bémol : j’aurais aimé un tout petit peu plus de résistance sur la molette. En marchant, il m’est arrivé plusieurs fois de monter ou baisser le volume plus que prévu, parce que le rouleau tourne vraiment très librement. Rien de dramatique, mais quand on est maniaque du volume précis, on le sent.

Par rapport aux contrôles tactiles un peu aléatoires de certains casques Sony ou Bose, j’ai adoré ce côté « j’appuie sur un bouton, il se passe exactement ça ». Pour écouter de la musique en marchant ou pour piloter le casque à l’aveugle pendant une partie, c’est un vrai plus.

Un son de base trop démonstratif, mais une personnalisation monstrueuse

De base, le profil « Balanced » des Headphone A porte mal son nom. Sur mes premiers essais – Radiohead, The Flaming Lips, du gros rock 90s – j’ai trouvé la signature clairement en V : basses bien gonflées, aiguës qui sifflent, médiums un peu creusés.

Un exemple concret : sur « Spoonman » de Soundgarden, la frappe de toms est devenue carrément baveuse, avec un bas du spectre qui envahit tout. Sur certains morceaux de The Flaming Lips, les cymbales et les petits cris perchés passaient devant le reste du mix, comme si quelqu’un avait poussé le potard de 6–8 kHz à fond.

Si vous aimez les casques très fun, avec beaucoup de basses et des aigus brillants, vous pouvez déjà être content. Personnellement, j’aime bien un grave costaud, mais là on frôle parfois la caricature. Heureusement, c’est là que Nothing sort son joker : l’EQ dans l’appli Nothing X.

On a d’abord un égaliseur simple avec trois curseurs (basses, médiums, aigus) de -6 à +6. Déjà avec ça, en baissant un peu les basses et les aigus, j’ai récupéré quelque chose de plus équilibré et plus agréable sur à peu près tout : du rap, du metal, du jazz. Mais le vrai terrain de jeu, c’est l’EQ paramétrique à 8 bandes.

Huit points, chacun avec fréquence, gain et Q (largeur de bande) ajustables. Sur un casque à 200 $, c’est assez rare. J’ai pu calmer précisément le bas du spectre entre 100 et 250 Hz pour arrêter l’effet « boom », et baisser les zones au-dessus de 6 kHz pour enlever le côté sifflant. Au bout de quelques essais, je me suis retrouvé avec un rendu beaucoup plus proche de ce que j’attends d’un casque nomade : dynamique, mais pas fatigant.

Il y a un détail un peu déroutant : quand on monte une bande, on a l’impression que Nothing baisse plutôt les autres fréquences au lieu d’augmenter celle qu’on touche. L’objectif semble être de garder un volume global raisonnable et d’éviter de se défoncer les oreilles. L’idée est bonne, mais quand on a l’habitude de bosser avec des EQ classiques (en studio ou même dans d’autres applis), la sensation est bizarre au début. On s’y fait, mais il faut quelques minutes de prise en main.

Au final, une fois bien réglé, le casque m’a franchement plu sur la plupart des styles. Le LDAC sur Android apporte un petit plus de définition, les guitares et les voix gagnent en texture. Sur iPhone, on reste en AAC, mais ça sonne tout à fait correct. L’essentiel, c’est que Nothing te laisse vraiment façonner le son à ta sauce, ce que bien des casques à ce prix ne proposent pas.

ANC : très correct pour le prix, mais pas un tueur de flagships

Côté réduction de bruit active, mon attente était modérée. Les Headphone A coûtent autour de 200 €, donc je les ai comparés mentalement à des Sony ULT ou à des Soundcore Space One, pas aux ténors à plus de 300 €.

Bonne surprise : sur les bruits graves et continus (ventilation de PC, ronronnement de bus, bruit de moteur dans la rue), le casque s’en sort vraiment bien. Le grondement disparaît largement, et avec un petit fond musical, on oublie l’extérieur. Par rapport aux Sony ULT, j’ai trouvé l’ANC légèrement plus efficace sur ces basses fréquences, et globalement au niveau d’un Soundcore Space One Pro.

Il y a trois niveaux d’ANC plus un mode adaptatif. En montant le niveau, les graves sont encore mieux atténués, mais on commence à percevoir un peu plus les bruits aigus (voix, cliquetis, bruits de vaisselle). Rien de choquant, c’est le compromis classique : plus on creuse en bas, plus on a tendance à entendre ce qui est au-dessus.

Face à un Bose ou un Sony haut de gamme, ça ne joue pas dans la même cour. Les voix restent plus présentes, on entend encore les annonces de gare ou les collègues qui parlent à côté. Mais pour bosser dans un café, voyager en train ou se concentrer en open space, c’est largement suffisant, surtout pour ce tarif.

Autonomie et connectivité : la vraie raison d’acheter ce casque

L’autonomie, c’est LE truc qui m’a fait hausser les sourcils en lisant la fiche technique. Jusqu’à 135 heures annoncées en Bluetooth AAC avec ANC coupé. Même en LDAC, on parle encore de 90 heures sans ANC, et jusqu’à 62 heures avec réduction de bruit activée. Sur le terrain, en jonglant entre ANC et transparence et un mélange AAC/LDAC, j’ai passé la semaine sans jamais voir la batterie descendre en dessous de 50 %. C’est indécent.

Pour comparer, mon Audeze Maxwell 2 (déjà une bête en la matière) tourne autour de 80 heures. Là, Nothing va encore plus loin. Pour les gens comme moi qui oublient systématiquement de recharger leurs casques, c’est un luxe absolu. On finit par ne plus se soucier de l’autonomie, tellement ça dure.

Côté connectivité, on a tout ce qu’il faut : Bluetooth 5.4, USB‑C audio, et prise 3,5 mm (les deux câbles sont fournis). Il y a toutefois une limitation importante : le casque doit être allumé, même en filaire. Pas de mode purement passif. Et dès qu’on branche un câble (USB‑C ou jack), le Bluetooth et la connexion à l’appli se coupent. Du coup, impossible de changer l’EQ ou la force d’ANC pendant qu’on est en filaire : le casque garde simplement les derniers réglages actifs.

Ce n’est pas dramatique au quotidien, mais pour un usage gaming en filaire sur PC ou console, j’aurais aimé pouvoir ajuster quelques paramètres à la volée sans tout débrancher. Bon point en revanche : on peut utiliser le casque en Bluetooth tout en le chargeant en USB‑C via un chargeur, ce qui n’est pas toujours le cas chez la concurrence.

La gestion du multipoint est très propre. Dans l’appli Nothing X, on peut garder une liste de plusieurs appareils et choisir lesquels sont connectés en simultané (jusqu’à deux à la fois). Dans mon cas, iPhone 15 Pro + Xperia 1 V, le basculement s’est fait en deux secondes à chaque fois : on met pause sur l’un, on lance la lecture sur l’autre, et hop. Pas besoin de plonger dans les menus Bluetooth, ce qui est toujours appréciable.

Micros et appels : le gros point faible

Tout allait plutôt bien jusqu’au moment où j’ai commencé à téléphoner régulièrement avec. Les Nothing Headphone A n’ont que trois micros (un de moins que les Headphone 1) et ça se sent. Sur le papier, ils sont censés isoler ta voix et filtrer le bruit ambiant. En pratique, dès qu’il y a un peu de trafic ou de vent, ça part vite en bouillie.

J’ai fait plusieurs appels en marchant le long d’un boulevard assez bruyant. À l’oreille, le bruit de fond était bien contenu, transformé en un souffle assez discret. Mais ma voix, elle, se faisait parfois compresser à mort. Des mots qui disparaissent, des phrases qu’il faut deviner… Ma moitié m’a demandé plusieurs fois de répéter, et en réécoutant un enregistrement, il y a carrément des passages que moi-même j’ai eu du mal à comprendre.

C’est d’autant plus frustrant que des casques plus anciens et moins chers, comme un Soundcore Space One non-Pro, font mieux sur ce point. Pour du télétravail régulier, des réunions sur Teams/Zoom ou du chat vocal intensif en jeu, je ne recommanderais pas ce Nothing A. Ça dépanne, mais ce n’est clairement pas son point fort.

Fonctions annexes : des coupes par rapport au Headphone 1, mais pas les plus graves

Pour proposer ce prix plus doux, Nothing a aussi retiré quelques bricoles par rapport au Headphone 1 : plus de détection de port (la musique ne se met plus en pause quand on enlève le casque), plus de head‑tracking pour l’audio spatial. Personnellement, ça ne m’a pas manqué. La détection de port est pratique, mais quand elle bugue – et c’est souvent le cas sur plein de modèles – ça devient plus agaçant qu’autre chose.

Les vraies pertes, pour moi, ce sont : l’absence de coque rigide, la sensation globale de plastique, et ces micros très moyens. Sur tout le reste, le casque ressemble plus à une version rationalisée du Headphone 1 qu’à un downgrade brutal.

Pour qui sont faits les Nothing Headphone A ?

Après une grosse dizaine d’heures de musique et pas mal d’appels et de trajets, j’en suis arrivé à cette conclusion : les Nothing Headphone A sont géniaux pour certains profils, et totalement à éviter pour d’autres.

  • Parfaits si : vous voulez un casque au look assumé, avec une autonomie délirante, des contrôles physiques hyper pratiques, un son personnalisable en profondeur, et un ANC « assez bon » pour le bureau ou les transports.
  • Beaucoup moins adaptés si : vous passez vos journées en visio, vous vivez dans un climat chaud, ou vous cherchez un confort absolu pour des sessions de 4–5 heures non-stop.

En tant que joueur, je le vois plutôt comme un super casque de musique / usage général qui peut dépanner pour du jeu solo (via filaire ou Bluetooth avec un peu de tolérance sur la latence), mais pas comme un vrai casque gaming. Le manque de micro convaincant et l’absence de mode filaire passif limitent un peu ses ambitions côté salon/PC.

Verdict : un successeur plus logique au Headphone 1, mais pas sans compromis

Ce que j’aime avec les Nothing Headphone A, c’est qu’ils ont enfin une logique claire. Là où le Headphone 1 donnait l’impression d’un produit vitrine un peu trop cher pour ce qu’il proposait, les A ciblent plus juste : prix plus bas, autonomie monstrueuse, même système de contrôles physiques hyper réussi, appli sérieuse avec un EQ paramétrique digne de ce nom.

Les sacrifices sont visibles : construction plus plastique, pas de coque, pas de détection de port ni de head‑tracking, et surtout micro en retrait. Pour certains, ces concessions seront rédhibitoires. Pour d’autres – ceux qui écoutent surtout de la musique, regardent des vidéos, jouent en solo et passent peu d’appels avec leur casque – ça sera un deal plus que correct.

À 199 $ / ~160 €, je le trouve plus intéressant qu’un Sony ULT si vous êtes prêt à mettre les mains dans l’EQ pour calmer la signature agressive d’origine. En revanche, si votre priorité n° 1, c’est le confort longue durée ou la qualité des appels, il vaut mieux regarder ailleurs.

Note finale : 7/10

Un très bon casque « d’utilisateur avancé » qui sait exactement ce qu’il veut faire (son personnalisable + autonomie de mutant), mais qui laisse volontairement de côté le côté premium et la partie micro. Si vous acceptez ces limites, vous aurez un compagnon solide pour de longues heures de son.

TL;DR

  • On a aimé : autonomie hallucinante (jusqu’à 135 h), contrôles physiques ultra confortables, EQ paramétrique 8 bandes rare à ce prix, ANC très correct pour 200 $, multipoint bien fichu, look Nothing toujours aussi fun.
  • On a moins aimé : confort qui chauffe vite les oreilles, construction très plastique et pas de coque rigide, pas de mode filaire passif, EQ au comportement un peu déroutant au début, micros franchement moyens dès qu’il y a du bruit autour.
  • Pour vous si : vous priorisez la batterie, la personnalisation sonore et les contrôles physiques, et que vous n’êtes pas obsédé par la qualité d’appel.
  • À éviter si : vous cherchez un casque pour le télétravail intensif, les longues sessions de jeu en vocal ou si vous vivez dans un climat très chaud.

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