Mario 2D : notre classement complet, du moins marquant au plus culte
Voici le deal : on parle ici des vrais Mario 2D, ceux en vue de côté, à défilement horizontal, avec Mario présent à l’écran quasiment tout le temps. Donc oui, Super Mario World 2: Yoshi’s Island compte, mais non, Wario Land, Super Mario Maker ou les compilations type All-Stars ne sont pas dans la course. Et pour coller à la sortie de Super Mario Bros. Wonder sur Nintendo Switch 2 ce week-end, on le place dans cette grande chronologie du plombier en 2D.
Je joue à ces jeux depuis la cartouche jaune pisse de ma Game Boy jusqu’à la Switch 2 branchée sur un écran 4K. Ce classement est donc volontairement subjectif : il tient autant compte du level design, de l’inventivité, de la technique et de la rejouabilité… que de la manière dont chaque épisode s’est imprimé dans ma mémoire de joueur.
Important : on part du moins marquant (1) pour monter jusqu’au meilleur absolu (14). Si votre épisode préféré se retrouve dans le bas du tableau, gardez en tête qu’aucun jeu ici n’est vraiment mauvais : on parle de nuances à l’intérieur d’une série qui a quasiment défini le platformer 2D.
1. New Super Mario Bros. 2

New Super Mario Bros. 2 sur Nintendo 3DS, c’est celui que je lance le moins souvent quand je replonge dans la série. En 2012, Nintendo mise tout sur une idée simple : les pièces. Des pièces partout, des blocs qui crachent des pièces à l’infini, un Mario doré qui transforme littéralement le niveau en pluie d’or. Sur le papier, pourquoi pas. En pratique, ça donne un jeu qui tourne en rond autour de sa propre gimmick.
Je me souviens très bien de ma première session dans le train, 3DS dans les mains : les sensations de saut sont efficaces, le rythme est correct, mais tout ressemble à une version déjà vue de la formule New. Les décors recyclent massivement les idées des épisodes DS et Wii, la structure des mondes ne surprend jamais, et une fois le générique vu, la motivation pour traquer toutes les sorties secrètes est étonnamment faible pour un Mario.
Le jeu reste historiquement intéressant : c’est l’un des premiers Nintendo à proposer du DLC payant, avec des packs de niveaux centrés sur le scoring et le chrono, plutôt réussis d’ailleurs. Mais même là, on a l’impression de jouer à des défis bonus d’un volet plus ambitieux, pas à l’épisode central d’une console. On ne peut pas dire que New Super Mario Bros. 2 soit raté – sa maniabilité est solide, ses boss font le job – mais il manque clairement d’âme. Dans une série où chaque détail compte, être « juste sympa » suffit à le placer en bas de la liste.
2. Super Mario Run

Voir Miyamoto débarquer sur scène chez Apple en 2016 pour présenter Super Mario Run, ça avait un côté irréel. Le premier Mario officiel sur mobile, conçu pour être joué à un doigt, dans le métro ou dans une file d’attente. J’ai passé un paquet de trajets à taper frénétiquement sur l’écran pour récupérer les pièces violettes et noires de chaque niveau.
Le principe d’auto-runner fonctionne étonnamment bien avec Mario : il court tout seul, on gère juste le timing des sauts, les rebonds sur les murs et les ennemis. Là où le jeu devient intéressant, c’est dans la chasse aux pièces spéciales, qui transforme chaque petit niveau de 30 secondes en puzzle de précision. On retrouve par moments le raffinement du level design Nintendo, compressé dans un format mobile.
Mais en face des épisodes consoles, Super Mario Run reste un à-côté. La campagne principale se plie rapidement, le modèle économique (achat unique après quelques niveaux gratuits) avait fait grincer des dents à l’époque, et tout l’enrobage « construction de royaume » n’a jamais vraiment retenu mon attention. Nintendo a eu le mérite de tenter quelque chose de cohérent avec le support et de maintenir le jeu à jour, mais on n’est clairement pas au même niveau d’ambition qu’un vrai épisode de salon ou de portable dédiée. Un bon petit snack Mario, pas un plat principal.
3. Super Mario Land

Sur le papier, Super Mario Land est un miracle technique : lancer la Game Boy en 1989 avec un Mario original, jouable partout, c’était un coup de maître. Je revois encore l’écran verdâtre de ma « brique » éclairée à la lampe de chevet, avec ce Mario minuscule qui saute dans Sarasaland pour sauver la princesse Daisy.
Mais manette en main aujourd’hui, le jeu accuse sévèrement son âge. La physique est étrange pour qui vient de la NES : Mario est léger, ses sauts manquent d’inertie, certains ennemis se gèrent plus comme dans un shoot que dans un platformer classique. Les niveaux sont très courts, le jeu se termine en une poignée de dizaines de minutes, et à part quelques passages originaux (notamment les séquences en sous-marin et en avion, qui tournent carrément au shoot’em up), il laisse moins de souvenirs que ses grands frères de salon.
En revanche, il pose des jalons importants : première apparition de Daisy, univers plus exotique, musique d’oreilleworm gravée à vie pour celles et ceux qui y ont joué à l’époque. Si je le place si bas, ce n’est pas par manque d’affection, mais parce qu’il a mal vieilli sur le plan purement ludique. Sa suite va montrer à quel point la Game Boy pouvait faire beaucoup mieux avec Mario.
4. New Super Mario Bros. Wii

New Super Mario Bros. Wii, c’est l’épisode qui cristallise parfaitement les qualités et les limites de la vague « New ». Sur le moment, le concept de pouvoir jouer à quatre sur le même écran m’a fait rêver. Les premières soirées entre potes à se pousser dans le vide, à piquer les power-up et à se disputer la place sur le drapeau restent franchement mémorables.
Mais passé l’effet 4 joueurs, on se rend vite compte que le jeu joue la sécurité. Visuellement, il recycle énormément l’esthétique de la version DS, la bande-son reprend les mêmes tics sonores, et les mondes peinent à marquer. Surtout, l’obligation d’utiliser la Wiimote à l’horizontale, avec des mouvements gyros imposés (ce satané saut tournoyant déclenché sans le vouloir…) rend l’expérience parfois agaçante en solo. Sur un platformer où la précision est reine, devoir se battre avec son contrôleur laisse forcément des traces.
Reste que le jeu est loin d’être médiocre : certains niveaux sont très bien fichus, le propeller suit ou le costume pingouin sont agréables à utiliser, et en famille, c’était probablement l’épisode le plus accessible de son époque. Mais quand on compare à ce que la série proposera avant et après, New Super Mario Bros. Wii donne l’impression d’un épisode pensé avant tout pour cocher des cases marketing plutôt que pour pousser la formule plus loin. D’où cette place assez basse dans le classement.
5. Super Mario Bros. 2: The Lost Levels

Le vrai Super Mario Bros. 2 japonais, rebaptisé « The Lost Levels » chez nous, je l’ai découvert via Super Mario All-Stars sur Super Nintendo. À l’époque, je pensais naïvement que ce serait juste « plus de Super Mario Bros. ». En réalité, c’est surtout « plus dur que Super Mario Bros. », parfois jusqu’au sadisme.
Poison mushrooms, vents de côté, sauts millimétrés au-dessus de gouffres infinis, warp zones qui te renvoient carrément en arrière… on sent que Nintendo a voulu s’adresser aux joueurs qui connaissaient le premier épisode par cœur. Certains niveaux sont brillants dans la manière dont ils détournent les codes établis, d’autres ressemblent plus à des pièges de designers amusés par leur propre cruauté qu’à des parcours « honnêtes ».
Historiquement, The Lost Levels est fascinant : on y voit les graines de toute une culture du défi extrême, du Kaizo, des hacks punitifs qui circuleront des décennies plus tard. Mais comme suite officielle, ça restait une impasse. Difficile de recommander cet épisode comme porte d’entrée, et même pour un fan, l’envie d’y revenir est limitée une fois la curiosité assouvie. Un appendice intéressant, plus qu’un pilier.
6. Super Mario Bros. 2 (USA)

Super Mario Bros. 2 version occidentale a longtemps été le vilain petit canard de la trilogie NES. Forcément, en partant d’un prototype qui n’était pas conçu pour Mario (Doki Doki Panic) et en lui greffant le plombier et ses amis, on obtient un jeu très à part. Pourtant, impossible de nier son importance dans la mythologie de la série.
C’est là que Shy Guy, Birdo, Bob-omb, les Maskass et tout un tas d’ennemis et de musiques emblématiques apparaissent pour la première fois. C’est aussi le premier épisode où l’on choisit entre Mario, Luigi, Toad et la princesse, chacun ayant ses propres caractéristiques de saut et de vitesse. La mécanique d’arracher et de lancer légumes, blocs et ennemis change complètement le rythme par rapport aux sauts purs du premier épisode.
Je me rappelle très bien de la première fois où j’ai découvert que tout n’était qu’un rêve de Mario à la fin : ce twist et l’ambiance de Subcon expliquent aussi pourquoi le jeu semble déconnecté du reste. La physique un peu flottante, les niveaux moins « tranchants » dans leur design que ceux de Super Mario Bros. 3 ou World l’empêchent de monter plus haut dans ce classement. Mais en tant qu’ovni charmant bourré d’idées qui ont infusé la série, il mérite largement sa place médiane.
7. Super Mario Land 2: 6 Golden Coins

Entre le premier Super Mario Land et ce 6 Golden Coins, on a l’impression que Nintendo a changé de génération de console. Quand j’ai lancé la cartouche pour la première fois sur ma vieille Game Boy, j’ai eu l’impression d’avoir un mini Super Nintendo dans les mains : sprites énormes, map du monde à la SMW, thèmes ultra variés.
Le jeu se structure autour de six zones principales, accessibles dans l’ordre qu’on veut : une maison hantée, un monde géant, un niveau dans l’espace, une zone mécanique… Cette liberté relative, couplée à la possibilité de sauvegarder, change totalement le rapport à la portable. Le power-up de la carotte, qui donne des oreilles de lapin à Mario pour planer, fait partie de ces trouvailles simples mais efficaces. Et surtout, c’est là qu’apparaît Wario, d’abord en boss final nanti de son propre château, avant de partir vivre sa vie dans sa propre série.
Techniquement, le jeu tire un peu trop sur la corde : la taille des sprites et la complexité de certains environnements entraînent parfois du clignotement et des collisions un peu approximatives. Mais comparé à son prédécesseur, Super Mario Land 2 est un bond de géant, et un des meilleurs arguments pour ressortir aujourd’hui une Game Boy (ou son émulation). Difficile de le mettre plus haut face aux mastodontes de salon, mais il reste un sommet de la 2D portable de l’époque.
8. New Super Mario Bros.

Quand New Super Mario Bros. débarque sur Nintendo DS en 2006, on sort de dix ans sans véritable épisode 2D inédit. Je me souviens encore d’avoir lancé le jeu en me disant « ok, ils vont juste recycler le passé »… pour finalement boucler la cartouche en deux jours, un sourire collé au visage.
Ce reboot modernise la formule en douceur : Mario peut faire le wall-jump introduit en 3D, écraser le sol, et de nouveaux power-up viennent dynamiter la routine, notamment le Champignon géant qui transforme tout le niveau en défouloir destructeur, et le mini champignon qui inverse totalement le rapport aux ennemis et aux tuyaux. La carte du monde cache quelques sorties secrètes et mondes alternatifs, même si on est loin de la densité de la Super Nintendo.
Avec le recul, son principal défaut vient surtout de ce qu’il a engendré : l’esthétique un peu générique, les musiques avec les « wah-wah » des ennemis, ont été recyclées à l’excès dans les volets suivants, au point de lasser. Mais pris isolément, le volet DS reste un retour en grâce brillant du Mario 2D à une époque où le genre était quasi ringard aux yeux du grand public. C’est lui qui a ouvert la voie au reste des New… et, indirectement, préparé le terrain pour que Wonder ose enfin tout bouleverser.
9. New Super Mario Bros. U

Sur Wii U, New Super Mario Bros. U avait tout du « Mario de trop » au moment de sa sortie. Entre la version Wii encore fraîche dans les mémoires et New Super Mario Bros. 2 paru quelques mois plus tôt sur 3DS, difficile de créer l’événement. Et pourtant, manette en main, c’est clairement l’épisode le plus abouti de toute la branche New.
La haute définition lui fait un bien fou : les arrière-plans sont bien plus travaillés, l’animation est plus fluide, et certains niveaux jouent enfin avec une vraie patte artistique. Le plus célèbre reste ce stage inspiré de Van Gogh, avec ses coups de pinceau visibles et son ciel tourmenté, qui annonçaient déjà l’envie de Nintendo d’aller vers quelque chose de plus « illustré », qu’on retrouvera amplifié dans Wonder. La carte du monde est plus cohérente, avec un côté Super Mario World assumé, et le DLC New Super Luigi U propose des parcours plus courts et nettement plus exigeants.
J’ai redécouvert le jeu via l’édition Deluxe sur Switch, et c’est là qu’il a vraiment pris sa place dans ce classement : niveau après niveau, le game design est carré, varié, souvent plus inventif que ce que son look « déjà vu » laisse penser. S’il ne dépasse pas les monuments SNES, New Super Mario Bros. U est sans doute le meilleur représentant de la vague moderne avant que Wonder ne vienne rebattre les cartes.
10. Super Mario Bros.

On pourrait presque se contenter d’écrire « c’est le jeu qui a tout lancé » et passer au suivant, mais ce serait injuste pour Super Mario Bros.. Même aujourd’hui, relancer le monde 1-1 – que ce soit sur une NES d’origine, sur All-Stars ou via les services en ligne Switch – reste une petite leçon de game design.
En quelques écrans, le jeu explique sans un mot comment fonctionnent les blocs, les champignons, les ennemis, les tuyaux, les plateformes mobiles. La courbe de difficulté est incroyablement bien dosée pour un titre de 1985, avec des idées qui s’enchaînent à une vitesse folle : niveaux aquatiques, châteaux, plateformes à bascule, ascenseurs, etc. J’ai grandi avec sa version remasterisée sur Super Nintendo, et malgré les refontes graphiques, on sent toujours l’ossature parfaite du jeu d’origine.
Évidemment, il a vieilli : l’inertie de Mario peut sembler rugueuse, l’absence de sauvegarde native est punitive, et certains niveaux de fin de jeu abusent volontiers des labyrinthes essaye-et-meurs. Mais la pureté de sa proposition, la cohérence de ses idées et son impact sur tout ce qui a suivi lui valent cette place haute. Tous les autres jeux de cette liste lui doivent quelque chose, même quand ils s’en éloignent énormément.
11. Super Mario Bros. Wonder

Je ne m’attendais pas à ce que Super Mario Bros. Wonder me surprenne autant. Sortir un nouveau Mario 2D en fin de vie de la Switch, après des années de New un peu en pilotage automatique, ressemblait presque à un baroud d’honneur. Résultat : c’est un électrochoc. Dès le premier niveau, quand les tuyaux se mettent à se tordre et se dandiner sous l’effet de la première fleur prodige, on comprend que Nintendo a lâché la bride à ses designers.
Chaque niveau ou presque tourne autour d’une idée folle : Goombas géants qui dévalent comme des billes, Mario transformé en silhouette fil de fer, phases musicales synchronisées sur les sauts… Le système de badges, qui permet d’équiper une capacité (saut amélioré, chapiteau-araignée, récupération d’air automatique sous l’eau, etc.), encourage à rejouer les stages avec des approches très différentes. En local, le multi est enfin lisible et agréable, et le mode « fantômes » en ligne donne vraiment l’impression de traverser un parc d’attractions partagé.
La version Nintendo Switch 2 pousse le tout un cran plus loin : affichage ultra net en 4K sur télé, fluidité verrouillée à 60 fps, et surtout le DLC Rendez-vous au Parc Bellabel qui ajoute une poignée de niveaux centrés sur les Koopalings, un camp d’entraînement très relevé pour les joueurs avancés, un nouveau power-up de fleur et une tonne de mini-jeux multijoueur. Le reproche principal reste le même : pour les vétérans, la campagne de base se traverse un peu trop facilement, et la structure de la carte reste plus simple que sur SNES. Mais en termes d’inventivité pure, Wonder se hisse sans forcer dans le haut du panier.
12. Super Mario Bros. 3

Super Mario Bros. 3, c’est souvent celui que les classements placent tout en haut, et je comprends parfaitement pourquoi. C’est un condensé d’idées en boîte cartouche. Entre les costumes (raton laveur, tanooki, grenouille, marteau), les cartes du monde avec leurs petites maisons, les bateaux volants, les niveaux géants, on a l’impression que chaque écran introduit une nouvelle façon de jouer.
Je l’ai surtout connu via Super Mario All-Stars, avec son habillage 16 bits, et même là, on sent à quel point il poussait la NES dans ses retranchements à l’époque. Les niveaux sont courts mais ultra concentrés, parfaits pour être enchaînés ou speedrunnés. Le vol avec la feuille, qui permet de planer quelques secondes au-dessus du vide, donne un sentiment de maîtrise incroyable quand on commence à en abuser pour casser les niveaux.
Pourquoi n’est-il « que » troisième dans ce classement ? Principalement parce que je trouve que Super Mario World et Yoshi’s Island ont encore affiné la formule, en ajoutant une vraie dimension d’exploration et une identité visuelle plus forte. SMB3 reste un géant, un jeu qui se tient encore sans une ride, mais il a un rythme très orienté challenge et progression linéaire. La magie opère toujours, mais elle sera légèrement dépassée par ce que la SNES va proposer ensuite.
13. Super Mario World

Pour moi comme pour beaucoup, Super Mario World a longtemps été « le » Mario ultime. C’est le jeu qui accompagnait ma Super Nintendo, celui dont je connaissais chaque raccourci de la Route des Étoiles, chaque sortie secrète de la Forêt Illusoire. Même aujourd’hui, relancer un run pour atteindre à nouveau les 96 sorties reste un plaisir quasi automatique.
Tout ou presque y est iconique : l’arrivée de Yoshi et de ses différentes variantes, le costume à cape qui permet de survoler littéralement des sections entières de niveau (au prix d’un vrai apprentissage de la physique), les maisons hantées au level design plus puzzle que pur platformer, la carte du monde organique qui se transforme à mesure qu’on découvre des routes alternatives. Le jeu réussit à être à la fois accessible et d’une profondeur hallucinante pour qui cherche à tout voir et tout débloquer.
Si je le place juste en dessous de Yoshi’s Island, c’est presque un choix esthétique. Super Mario World est peut-être le Mario le plus « parfait » dans sa structure classique, mais il reste dans un cadre relativement conservateur par rapport à ce que son pseudo-successeur va tenter. Il n’empêche : que ce soit sur la cartouche d’origine, via la mini-SNES ou sur Switch, c’est probablement l’épisode que je relance le plus souvent « juste pour un niveau », avant d’y passer finalement toute la soirée.
14. Super Mario World 2: Yoshi’s Island

On arrive au sommet, et oui, mon numéro 1 des Mario 2D n’est pas un jeu où l’on contrôle Mario directement. Pourtant, Super Mario World 2: Yoshi’s Island transpire tellement l’ADN de la série qu’il serait absurde de l’exclure : Mario bébé est littéralement sur le dos de Yoshi du début à la fin, et tout le game design tourne autour de le protéger.
La première claque, c’est l’esthétique. À l’époque, alors que tout le monde court après le réalisme et les sprites « propres » de la 16 bits, Yoshi’s Island mise sur un style crayonné, pastel, presque enfantin, soutenu par la puce Super FX 2 pour certains effets. Chaque niveau ressemble à une illustration vivante. La seconde claque, c’est la liberté de mouvement : le saut plané de Yoshi, le lancer d’œufs avec un curseur à trajectoire, les transformations temporaires (hélicoptère, taupe, voiture…) ouvrent des possibilités que la série n’avait jamais explorées.
Je me souviens encore de la première fois où j’ai affronté Raphael le Corbeau sur sa petite planète, ou du choc du dernier combat contre Bébé Bowser géant en pseudo-3D. Le jeu est relativement abordable pour une simple complétion, mais devient diabolique pour qui cherche le 100 % dans chaque niveau. Dans beaucoup de classements, il partage la première place avec Super Mario World ; pour moi, il passe devant parce qu’il ose tout remettre à plat – visuel, mécaniques, rythme – tout en restant profondément Mario. Et quand je vois aujourd’hui Super Mario Bros. Wonder et ses idées délirantes, je vois clairement l’héritage direct de ce pari fou sur Super Nintendo.

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